La réalité du métier de modérateur

Posté le 28/12/2019  —  Actualité précédente / suivante

Aussi appelés éboueurs du web, les modérateurs sont ces personnes qui suppriment les contenus indésirables postés sur le web.

Ces modérateurs travaillent généralement pour des sous-traitants de Facebook, Youtube, Twitter et Google. Selon les estimations, ils seraient environ 10 000 déployés aux quatre coins du monde, dont certaines entreprises en Europe.

Leur travail? Visionner les images et vidéos violentes qui circulent sur Internet pour décider si celles-ci peuvent rester visibles ou non.

Pour un salaire d'environ 26 5000 euros brut par an, chaque salarié est tenu de visionner durant 15 à 30 secondes entre 500 et 600 vidéos violentes (pédopornographie, suicides, décapitations, meurtres, tortures, etc.) et ce, durant 5 heures par jour. Le taux de réussite imposé est fixé à 98%, soit quatre erreurs autorisées par mois, sous peine de licenciement.

Autant dire que la pression que subissent les modérateurs est importante, ce qui les pousse aujourd'hui à rompre l'accord de confidentialité qui les lie à leur employeur et à dénoncer ces conditions de travail. Traumatisés et épuisés, un grand nombre d'entre eux est aujourd'hui victime de troubles de stress post-traumatique.

Si la sélection des images et vidéos est réalisée conjointement par des êtres humains et par des "robots" dotés d'intelligence artificielle, ces derniers ne pourront totalement remplacer l'humain, dont le jugement sera toujours nécessaire.

Le Soir, 28 et 29 décembre 2019

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.