Le travailleur pauvre est d’abord une travailleuse

Posté le 14/10/2016  —  Actualité précédente / suivante

Selon une enquête Solidaris, pour quatre travailleurs sur dix, les revenus professionnels ne suffisent pas ou suffisent à peine à boucler le budget (29 % des travailleurs arrivent tout juste au bout du mois avec leur salaire, 8 % vivent avec un compte à découvert et 3 % assurent qu’ils ne s’en sortent plus, qu’ils craignent de basculer dans la pauvreté). Ces trois catégories représentent 40 % de la population active. Parmi ces 40 % de travailleurs « (très) pauvres ou flirtant avec la pauvreté », 35 % déclarent vivre sous le seuil objectivé de pauvreté (moins de 1.250 euros par mois), soit un travailleur sur sept.

Parmi les 40 % de travailleurs, on compte deux tiers (66 %) de femmes et un tiers d’hommes. Au sein même de la catégorie « femmes », quatre sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté tandis que parmi les hommes, cette part se réduit à trois sur dix. Près de la moitié des travailleurs de l’échantillon ayant un revenu en-dessous du seuil de pauvreté ont en fait un temps partiel. Et le temps partiel est un régime de travail spécifiquement féminin : si 46 % des salariés sont des travailleuses à temps partiel, plus de 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

Environ 40 % des travailleurs ayant un revenu sous le seuil de pauvreté échappent à la précarité en vivant au sein de ménages dont les revenus cumulés permettent de repasser au-dessus du seuil de pauvreté. Clairement, il s’agit avant tout de femmes, de personnes ayant un faible niveau d’étude, de travailleurs occupant des emplois précaires ou exerçant des professions d’ouvriers non qualifiés, d’employés non administratifs et de petits commerçants… Ou quand on concentre sous un même toit de nombreux prédicteurs de pauvreté.

Le Soir, 14 octobre 2016


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