Trop d'emplois restent vacants

Posté le 31/05/2018  —  Actualité précédente / suivante

Au quatrième trimestre 2017, le SPF Emploi a recensé 134 570 emplois vacants, chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis 2014, où l'on comptabilisait 70 256 emplois vacants.

En Belgique, le taux de vacance s'élève à 3,37% c'est-à-dire au-dessus de la moyenne européenne qui est de 2%. La répartition entre les différentes régions est la suivante : Bruxelles 3,18%, Flandre 3,67% et Wallonie 2,78%.

Les causes sont multiples :

  • le manque de formation des demandeurs d'emploi, un grand nombre de jeunes sortent de l'école sans aucune qualification
  • l'inadéquation géographique entre le lieu de travail et le domicile des demandeurs d'emploi
  • les pièges à l'emploi : les salaires proposés sont peu attractifs au vu des conditions de travail et le salaire du travailleur est parfois inférieur aux allocations de chômages perçues par le demandeur d'emploi
  • le travail en soirée ou de nuit incompatible avec les situations de famille monoparentale
  • la discrimination à l'embauche
  • le nombre de personnes dans la catégorie des 60 - 64 ans explose alors que celle des 20 - 24 ans est en diminution
  • le manque de candidats présentant le profil recherché.

Une étude de la FGTB pointe également les exigences trop élevées des employeurs. L'analyse des offres d'emploi concernant dix métiers en pénurie révèle que les employeurs demandent systématiquement une expérience de trois ou quatre ans, qu'il s'agit généralement de contrats précaires (CDD ou intérim) et que la qualification exigée est supérieure à ce qui est nécessaire pour la pratique du métier.

Plusieurs pistes sont envisagées pour contrer ces problèmes:

  • améliorer la qualité des formations dispensées
  • faciliter les stages en entreprise pour les filières techniques et professionelles
  • identifier les compétences requises pour pouvoir répondre aux offres non satisfaites
  • cibler les demandeurs d'emploi dont le profil s'en rapproche le plus
  • organiser les formations adéquates
  • octroyer un incitant financier aux chômeurs qui suivent et réussissent une formation dans un métier en pénurie
  • pousser les jeunes vers l'apprentissage des langues germaniques
  • inciter la jeune génération à se diriger vers les filières STAM (sciences, technologie, ingénierie, mathématique)
  • enseigner les connaissances de base en programmation.

La FEB va plus loin et envisage différentes mesures plus radicales:

  • une scission des allocations de chômage, avec une partie fixe dégressive et une autre octroyée en fonction d'une éventuelle réorientation dans un métier en pénurie
  • une politique effective de contrôle et de sanctions
  • la réelle activation des chômeurs, des malades de longue durée, des bénéficiaires du RIS et autres inactifs
  • une adaptation du salaire aux compétences et à la productivité du travailleur plutôt qu'à son ancienneté.

Le Soir, 31 mai 2018


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