Agent de la protection civile

Interview réalisée en juin 2006

Entretien avec une agent à temps réduit, attachée comme assistante administrative auprès de la direction de la Sécurité civile.

Quelles circonstances vous ont amenée à devenir agent de protection civile volontaire ?

Des exercices de sécurité ont eu lieu près de mon domicile en province de Liège. Etaient présents les pompiers, la Croix-Rouge, la police, l'armée mais aussi la protection civile. En fait je ne savais pas trop en quoi cette dernière consistait. On me l'a expliqué. J'ai appris ce même jour qu'il était possible d'y travailler à temps réduit, donc en renfort des agents permanents. Depuis toujours j'étais intéressée par les métiers de la sécurité. Je n'ai donc pas hésiter à m'inscrire.

Quel est votre métier ? Quelles études avez-vous suivies ?

Je suis graduée en droit. Après mes études, j'ai passé et réussi un examen au SELOR destiné à recruter du personnel administratif pour les différents ministères fédéraux. J'ai alors envoyé ma candidature à chacun de ces ministères et j'ai reçu un coup de téléphone du Service Public Fédéral Intérieur pour m'annoncer qu'une place était vacante à Namur. J'ai d'abord travaillé au service du contentieux fiscal. Puis, la personne responsable du service de la Sécurité civile, connaissant mon intérêt pour la protection civile, m'a demandé si je ne voulais pas travailler dans son service. J'ai accepté et occupe toujours actuellement cette fonction au sein du gouvernement provincial de Namur. C'est ma fonction actuelle.

Depuis quand êtes-vous agent volontaire à la Protection civile ?

Depuis le 1er avril 1999. J'ai d'abord commencé au poste avancé de Remouchamps, qui dépend de l'Unité permanente de Crisnée. Depuis fin 2001, je suis passée chef d'équipe et j'ai été mutée à Crisnée même en août 2002. J'ai été promue au grade de chef de section le 10 avril 2006.

C'est quoi être « chef d'équipe » à la protection civile ?

C'est être responsable d'une poignée d'agents. Je me charge de les convoquer pour les cours, je dois veiller à ce qu'ils aient toujours l'équipement adéquat lors des interventions, je peux être amenée à les rappeler en cas de crise, je règle leurs problèmes d'ordre administratif,...

Donc les agents volontaires doivent suivre des cours en permanence ?

Outre la formation d'un an à raison d'un samedi par mois en moyenne, qu'ils doivent suivre avant de pouvoir exercer, ils doivent également suivre des cours dans le cadre de la formation continue environ un samedi par mois également.
Bien sûr il n'est pas toujours facile pour eux de se libérer de leurs obligations professionnelles ou familiales. Ils sont néanmoins tenus de suivre au minimum 75% de cours par an. S'ils sont dans l'impossibilité de les suivre, on les incite alors à abandonner leur statut à la protection civile. J'ai eu le cas récemment : un de mes agents qui travaillait quasiment tous les samedis, n'assistait plus aux cours ! On a dû lui dire, en concertation avec les autres gradés et le responsable de Crisnée, qu'il valait peut-être mieux qu'il arrête de travailler pour nous et qu'il veille à conserver son emploi. Ce n'est pas son statut d'agent volontaire à la protection civile qui va lui permettre de nourrir sa famille donc c'est fort logiquement qu'il a donné la préséance à son boulot.

Combien gagne un agent volontaire ?

Il est payé 2,50 euros par heure de cours qu'il suit et 10 euros de l'heure par mission qu'il effectue.

Quels sont les types de cours qu'il doit suivre ?

Il y a une formation de base où l'on voit un peu de tout mais chaque agent doit avoir une spécialité : incendie, télécommunication, décontamination, inondation, électricité, étançonnage, premiers soins.

Sur quels types d'interventions les agents volontaires peuvent-ils intervenir ?

Sur toutes les interventions effectuées par la protection civile. Les agents volontaires viennent en renfort des agents permanents en cas de besoin. On les retrouve en cas d'incendies, grève des prisons, recherche des personnes, aide à la population (ravitaillement en eau par exemple), catastrophe industrielle,...

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets et personnels ?

J'ai notamment dû assurer l'intendance dans une prison en raison de la grève des gardiens. On a dû s'occuper de préparer les repas, les distribuer, distribuer les cafés, eau chaude et d'autres tâches de ce genre. La sécurité des détenus était assurée par la police.

Etant afférée à l'unité permanente de Crisnée, je suis amenée chaque année à travailler lors du Grand Prix de Formule 1 à Francorchamps. On y envoie une équipe incendie et une autre qui va s'occuper des télécommunications. J'ai aussi fait partie d'une équipe qui est allée assister nos confrères d'une unité permanente néerlandophone lors d'une pollution en mer du nord. Il fallait ramasser les boulettes de pétrole sur la plage.

Je me souviens aussi avoir effectué une battue pour retrouver une jeune fille qui avait disparue. Elle n'avait plus donné de nouvelles d'elle depuis plusieurs heures et la protection civile a rappelé les volontaires, dont moi, pour aider à la retrouver. On a dû effectuer des battues dans le froid alors qu'on a appris par la suite qu'elle était chez son petit ami bien au chaud !

J'ai par contre un souvenir bien moins amusant : la découverte d'un cadavre d'une personne signalée disparue.

Quelle qualité principale doit avoir, selon vous, un agent de protection civile ?

La disponibilité ! En effet, il est rappelable 24h/24 et 7 jours sur 7. Parfois vous n'êtes pas appelé pendant plusieurs mois et puis tout d'un coup on peut sonner en plein milieu de la nuit pour vous demander de venir le plus rapidement possible à la caserne. Il faut également beaucoup de discipline.

De quel équipement disposez-vous ?

Un casque, des gants, des souliers de sécurité et bottes, un pantalon, un parka, une veste, un pull en laine, un t-shirt et une salopette. Les équipements plus spécifiques (incendie, décontamination) sont consignés à l'unité permanente.

Quels sont les avantages et inconvénients de cette activité d'agent volontaire ?

Parmi les avantages je citerais le fait de se rendre utile à la société, d'apporter une aide concrète sur le terrain et de travailler en équipe. Parmi les inconvénients, il y a le fait que l'on doit être tout le temps disponible.

Qu'est-ce qu'un centre de crise ?

Lors d'une catastrophe de phase 3, c'est-à-dire d'ordre provincial (les phases 1 et 2 concernent le communal et la phase 4 le national), comme par exemple un incendie dans les Fagnes ou encore un problème à la centrale nucléaire de Tihange, les différents intervenants appelés à résoudre la crise se retrouvent dans un endroit spécialement prévu à cet effet, évoquent les problèmes et leurs solutions et dirigent et coordonnent les opérations sur le terrain. Dans la plupart des cas sont convoqués l'armée, la protection civile, la police, les pompiers, la Croix-Rouge, la Santé publique,... le tout sous la direction du gouverneur provincial.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.