Alain Dommisse, Supply chain manager

Interview réalisée en février 2019

Comment êtes-vous devenu Supply chain manager ? 

Ingénieur civil de formation, je me suis spécialement formé en Supply chain via un organisme spécialisé. 

Pouvez-vous nous parler de votre rôle de Supply chain manager auprès de Solvay ? 

Au cœur de mon job, il y a l’activité de planning, dénommée S&OP (Sales and Operations planning). Ici, on analyse en détail les prévisions de vente sur une période d’environ un an, on les compare avec nos possibilités de production. Ceci débouche sur un plan de production et de distribution détaillé et optimisé par article pour toutes nos usines dans le monde. 

Ensuite, je gère notre service clientèle (« Customer care centers »). Nous avons un contact journalier avec nos clients. Nous enregistrons les commandes, nous donnons des informations sur le moment de livraison, etc. 

En tant que Supply chain manager, je dois également gérer les moyens logistiques au sein et en dehors de nos usines. Afin de bien livrer nos usines et nos clients, il est essentiel de disposer de tout un dispositif logistique compétitif et agile. Vu que l’on transporte plus de 7 millions de tonnes par an, cela implique des contrats avec des armateurs, des transporteurs, des magasins de stockage, etc. 

D’où vous vient cet intérêt pour le secteur de la logistique ? 

La logistique est le lien entre la production et le client. C’est donc un domaine où on touche aussi bien à ce qui se passe dans notre entreprise que chez les clients. Le domaine est très vaste et les contacts internes et externes multiples. Cela rend le job passionnant.

Quelles connaissances fondamentales en logistique faut-il posséder pour exercer ce métier ? 

Il faut avoir une tête bien faite et savoir organiser des choses. Le contact humain, interne et externe à l’entreprise, et le contact avec le client sont également très importants. Une connaissance large de langues est un atout particulièrement bien utile pour ce métier.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le secteur de la logistique ?

La diversité et les contacts multiples avec des gens de différentes cultures.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’exercice de votre profession ? 

La fonction demande de prendre ou d’influencer des décisions dans différents départements dans des sujets que l’on ne maitrise pas toujours pleinement soi-même. Ce n’est pas toujours simple de faire comprendre à quelqu’un que l’optimal de la chaîne complète est différente de la somme des optimales de chaque maillon. En d’autres mots, il faut parfois dépenser plus dans certaines parties de la chaine afin d’obtenir un meilleur résultat global pour le business.

Si vous deviez citer trois qualités essentielles à tout Supply chain manager quelles seraient-elles ? 

Sens de l’organisation, communication et force de conviction, compréhension de ce qui est important pour le client. 

Voyez-vous un aspect du métier auquel on ne penserait pas au premier abord mais qui vous paraît important d’aborder ? 

L’agilité intellectuelle ! En effet, en Supply chain, on est souvent confronté à des évènements inattendus. Il faut donc être flexible et agile pour trouver des solutions. Il faut aussi avoir conçu sa chaine de telle façon qu’elle permette cette flexibilité. 

Cette fonction est l’une des plus importantes dans la logistique. Que conseilleriez-vous à un jeune qui rêverait de l’exercer ? 

Rien ne remplace l’expérience du terrain. C’est le meilleur moyen d’apprendre et d’être confronté à un tas de situations intéressantes.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.