Alain Graux, Etalagiste

Interview réalisée en janvier 2007

Alain GRAUX est étalagiste indépendant depuis 35 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je réalise principalement la décoration d’étalage, l’habillement des mannequins et la création de vitrines. Au moment des soldes, je m’occupe également du lettrage (écritures sur les vitrines). Lorsque le client m’appelle, je vais sur place pour évaluer le coût selon le travail à effectuer et la superficie (exigences et demandes particulières), ensuite, j’établis un prix. L’objectif final étant de donner forme à l’étalage, de mettre en valeur ce qu’il y a dans la vitrine. C’est de la création à partir de rien !

Je bouge beaucoup, de client en client, dans toute la Belgique. J’ai un véhicule utilitaire pour transporter le nécessaire pour chaque vitrine. Chez moi, j’ai un énorme hangar où je stocke tous les décors et j’y pioche selon les besoins. Les décors tournent, on peut les réutiliser, mais il faut également en créer ! Cela fonctionne par saison. La création de décors, je la fais moi-même car cela coûte très cher de le faire réaliser par quelqu’un d’autre. J’ai les bases d’un étalage chez moi mais pour les détails, je me fournis chez un grossiste. Quand la journée avec les clients est finie, je rentre chez moi où je dois encore plancher sur la création de décors. Et puis, il y a tout le côté gestion de la société. J’ai de la chance car c’est ma femme qui s’occupe de tout ça : factures, recettes, dépenses, comptabilité, …

Quelles sont les qualités attendues dans votre  profession ?

Il faut être créatif et aimer la mode. Il faut être bricoleur : la création de décors passe par le dessin, la peinture, le travail du bois, … Il est indispensable d’avoir des qualités humaines et surtout relationnelles. C’est un métier avec énormément de contacts : la timidité peut être un frein car il faut parler avec le client, instaurer une relation de confiance. On travaille et on discute en même temps. Si on est freelance, des qualités de gestion sont nécessaires : la comptabilité, la fidélisation de sa clientèle, la recherche de nouveaux clients… Le bilinguisme n’est pas nécessaire, moi je suis français… et ça se passe très bien. Maintenant, il est certain que parler néerlandais permet d’étendre sa clientèle !

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Le principal inconvénient serait les horaires (départ tôt et retour tard, sandwich à midi dans la voiture,…). Les nombreux trajets ne sont pas toujours agréables, mais bon, les embouteillages, ça permet quand même de sortir de son boulot et de penser à autre chose. Ce qui est bien, c’est la création et, surtout, le contact avec le client. J’ajoute aussi le fait que le quotidien varie beaucoup : les vitrines tiennent deux ou trois semaines et, puis, il faut les renouveler pour attirer à nouveau la clientèle. Les vêtements changent, les coloris changent, les décors changent, …

Quel est l’horaire de travail ?

Par journée, minimum 12 heures, heureusement, les week-end sont pour moi. En effet, pour mes clients, le samedi est un jour de vente. Les vitrines doivent être attractives, si une personne y travaille, cela condamne la vitrine. 

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

Je n’ai pas de formation précise dans le domaine, j’ai eu mon bac français en analyste chimie. Cependant, j’ai toujours eu cette passion de créer, de dessiner et de travailler avec mes mains. J’aimais la mode. Venant d’une famille nombreuse, je n’avais pas beaucoup d’argent de poche, je me suis donc débrouillé pour faire des petits boulots dans le domaine : dessins publicitaires, des affiches pour des soirées, des ceinturons,… Je me suis lancé dans le domaine grâce à une opportunité.

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Après mes petits boulots de création de dessins publicitaires, j’ai été repéré par un patron d’une société de création d’étalage. J’y ai travaillé pendant 2 ans. Au bout de deux mois de travail, j’étais déjà tout seul sur la route avec une camionnette et une liste de clients. Je me suis très vite bien débrouillé. Puis, mon patron est décédé et un des employés a repris l’affaire. J’ai continué encore 2 ans dans cette société. C’est grâce à ces quatre années d’expériences, où j’ai appris les ficelles du métier, la rapidité, la dextérité, que j’ai pu me mettre à mon compte… et je le suis toujours !

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Avoir la passion ! C’est le leitmotiv… Et puis, j’ajouterai que c’est important d’aimer la mode et les vêtements, d’être créatif et imaginatif et d’aimer travailler de ses mains. Pour se lancer dans ce métier, c’est peut-être préférable d’avoir au préalable une expérience avec un patron ou de rentrer dans des équipes d’étalagistes de grosses sociétés (où il y a moins de créativité) et puis, lorsqu’on a bien le métier en main, de se mettre à son propre compte et fidéliser sa clientèle. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.