André Loutte,
Installateur solaire thermique

Interview réalisée en janvier 2008

Depuis combien de temps exercez-vous la profession de monteur en installation solaire thermique ?

D'une manière continue, depuis 2000 et toujours de manière indépendante.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Parfois, je passe la journée au bureau pour rédiger des devis, téléphoner aux clients, préparer les projets. Cela me prend au moins la moitié de mon temps. Quand je ne suis pas au bureau, je suis sur chantier ou en vadrouille dans les magasins pour acheter le matériel pour l'installation. Je peux également me faire livrer et là, je dois commander, réceptionner, contrôler, ... Sur place, je réalise des installations thermiques. Je travaille avec un couvreur qui monte sur le toit pour installer les panneaux solaires et ensuite, je raccorde les panneaux à la chaudière ou au ballon solaire: les tuyaux, les sondes électriques, ... Si c'est une installation individuelle, je fais les raccords tout seul tandis que je fais appel à un aidant pour une installation plus importante. Les raccords sont faits au niveau de l'électricité, au niveau du circuit sanitaire et, bien sûr, au niveau des raccords entre les panneaux solaires et la chaudière. J'installe également des chaudières à bois ou à pellets. A côté de ça, j'ai des petits projets de manière ponctuelle, plus orientés vers la création, mais toujours dans le domaine des énergies renouvelables.

Je fais partie également de l'asbl « Vents d'Houyet » qui s'occupe de la promotion de l'éolien et cela me demande parfois du temps de travail supplémentaire pour organiser, préparer, créer selon les objectifs du projet de l'asbl.

Quelles sont les difficultés directement liées à  cette fourniture locale?

Comme je l'ai déjà évoqué, il y a la stabilité à préserver pour la farine.

Il y a l'adaptation nécessaire aux caractéristiques des produits accessibles dans la région. La certification "bio" impose que l'origine des tous les produits utilisés doit être connue et contrôlée par deux organismes. Nous sommes soumis à des contrôles sans que nous soyons prévenus, ceux-ci prélèvent des échantillons pour analyse. Or, tous les produits régionaux ne sont pas nécessairement certifiés. Une marge de 5% en produits secs est acceptée comme introduction de produits non-bio. La levure n'est pas bio en Belgique, mais nous exigeons qu'elle ne contienne pas d'OGM. Une des raisons qui justifie le coût du bio est la multiplicité des intermédiaires. Nous utilisons de la maïzena d'Autriche par exemple, ce qui implique qu'il y ait un importateur. Nous ne trouvons pas de maïzena bio en Belgique étant donné le peu de clients intéressés chez nous.

Quelles sont, à votre avis, les qualités personnelles attendues dans ce domaine professionnel ?

C'est un métier complet. Il faut avoir un bon contact avec les clients et avec les fournisseurs. Il faut savoir expliquer ce qu'on fait aux clients et cela, dans un langage accessible. Il faut avoir de la patience car tout ne coule pas de source. Il est nécessaire d'avoir des aptitudes techniques car c'est un métier qui recouvre plusieurs aspects : l'électricité, l'électronique, la plomberie, le chauffage et le sanitaire (l'eau, l'eau potable, la décharge...). Il faut du courage et de la motivation. Il faut également connaître les nouvelles technologies, s'y adapter et les utiliser. En tant que chauffagiste solaire, on est amené à monter sur le toit, il ne faut donc pas avoir le vertige. Et, quand il y a un problème, il fautle régler rapidement.

Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de ce type d'activité ?

Pour le métier tel que je le pratique, en tant qu'indépendant, l'avantage principal est la liberté d'activité. J'organise moi-même mon travail. Le contact avec les clients est riche et intéressant. Le travail est fort varié, je touche à beaucoup de domaines et cela me plaît. Le principal désavantage, c'est aussi le côté indépendant.Je ne peux compter que sur moi-même. Il faut assumer lorsqu'on a fait une bêtise, mais il faut également pouvoir se féliciter.

Quel est l'horaire de travail ?

Cela varie, j'ai parfois de très longues journées. Majoritairement, je suis devant mon ordinateur dès 8h et, le soir, je m'arrête quand le boulot est terminé. Et puis, quand les clients ne sont pas là la semaine, je dois également travailler le samedi. Mon horaire est élastique, il y a du positif comme du négatif.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J'ai fini mon secondaire et ensuite, ma principale formation fut les contacts avec les professionnels et le travail sur le terrain. J'ai passé des examens aux Classes Moyennes pour la plomberie et la zinguerie pour avoir les bases dans le domaine. Pour que les clients puissent bénéficier des primes, il a fallu que je passe l'examen Soltherm pour être agréé. J'ai également suivi des formations chez le constructeur, plus orientées vers l'aspect technique.

Quelles sont les perspectives d'avenir ?

Je pense qu'on est au début du solaire thermique. Il faut encore y réfléchir et développer de nouvelles technologies. Il y a encore plein de choses à développer et ce, dans tous les domaines et pour toutes les compétences : intellectuelles, commerciales, techniques, manuelles... Mais il faut avoir une formation debase pour attaquer le domaine.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Il faut être patient et apprendre à aimer ce qu'on fait. Une fois qu'on fait bien ce qu'on fait, on peut progresser et voir plus loin. Il ne faut pas vouloir aller trop vite.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.