Anthony Iafrate, Coiffeur

Comment devient-on coiffeur indépendant ?

Beaucoup de démarches sont à faire, dont d’abord obtenir son diplôme de coiffeur. J’ai débuté sous contrat d’apprentissage, une journée semaine à l’école et quatre jours dans un salon de coiffure, pendant 3 ans. Afin de pouvoir ouvrir mon propre salon, j’ai suivi une formation de chef d’entreprise à l’IFAPME. Elle consiste à 8 heures de cours par semaine et porte sur les connaissances de gestion: la création d’entreprise, les aspects comptables, financiers et fiscaux et, les législation et gestion commerciales. Cette formation est d’une durée de deux ans. Ensuite on doit trouver un local et s’inscrire aux lois sociales afin d’être en règle en tant qu’indépendant. 

Quelles sont les principales qualités d’un bon coiffeur ?

Sa vision des choses, son savoir faire, son toucher et surtout avoir un bon feeling avec sa clientèle, ce qui signifie comprendre ce que la personne désire. Etre respectueux des gens et avoir un sens artistique développé. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui rêve de devenir coiffeur ?

Aussi drôle que cela puisse paraître, ce serait d’arrêter l’école à 16 ans, après avoir réussi sa quatrième secondaire, pour ensuite aller en apprentissage. Apprendre le métier en entreprise permet d’être plus rapidement confronté à la réalité de terrain et de bien apprendre, tout en étant encadré et épaulé. 

Que veut dire « coiffeur visagiste » et existe t-il une formation ?

La formation de « visagiste » existe en cours du soir. Un « visagiste » étudie la morphologie. Cela consiste à bien reconnaître les particularités du visage d’une personne et savoir que mettre en valeur. Ceci permet de proposer une coupe de cheveux qui lui correspond davantage. 

Que dites vous à une cliente qui demande une coupe qui ne lui conviendra pas ?

Tout dépend de la personne que l’on a devant soi! Si elle est bornée, nous acquiesçons à sa demande sinon nous risquons de ne plus jamais la revoir. Par contre, si elle nous semble plus ouverte, avec des mots « doux », on arrivera à lui faire comprendre qu’une autre coupe lui ira davantage. Tout est une question de tact. 

Quelles sont les différences entre un coiffeur pour homme et un coiffeur pour dame ?

La grande différence se situe au niveau pratique: pour un homme, la coupe doit être beaucoup plus nette (favori, coupe plus droite, etc.). Pour une femme, c’est beaucoup plus artistique, plus volage. On peut proposer davantage de choses et laisser aller notre imagination, tout en respectant les demandes de la cliente. Et puis, il faut bien l’admettre, coiffer une dame apporte toujours plus de dialogue et d’échanges qu’avec un homme. 

Selon vous, le métier de coiffeur est-il un métier en « bonne santé » ?

Le métier de coiffeur est un métier qui se porte bien car il y a tellement de choses à explorer. C’est un métier en constante évolution, les produits changent régulièrement et la mode influence les coupes et les styles. Et puis des cheveux, il y en aura toujours ! Si on est un bon coiffeur et qu’on a la volonté de se perfectionner, il est possible de pratiquer ce métier très longtemps. 

Continuez-vous à vous former ?

Je vais régulièrement à des formations et je participe à des séminaires et des concours de coiffures en Belgique et à l’étranger. Tout passe par la pratique ! Internet me permet aussi de bien suivre l’évolution de mon métier à travers le monde. 

Que faites-vous pour fidéliser votre clientèle ?

Par la qualité de mon travail bien sûr, mais aussi par mes tarifs attractifs. Mes prix sont plus bas que ceux de mes concurrents. En vitrine, j’affiche clairement mes tarifs, il n’y a donc pas de surprise.

Le bouche à oreille fonctionne aussi très bien. Par exemple, l’autre jour une jeune demoiselle m’a demandé de simplement lui couper une mèche. Un concurrent lui aurait peut-être réclamé 5 euros. Et bien moi, je n'ai rien demandé pour ce travail et elle est revenue pour se faire coiffer. 

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Avant tout, j’aime la variété. On ne nous demande jamais la même coupe, nous voyons beaucoup de gens différents ce qui nous apporte rapidement de l’expérience. En parlant avec la clientèle, j’apprends à mieux la connaître mais je découvre également des choses sur moi-même. Pour rien au monde je ne changerais de métier.

Par contre, les horaires sont assez lourds. Nous travaillons souvent le soir et le samedi car c’est une journée de grande affluence. Nous devons être disponibles quand les autres ne travaillent pas. Comme indépendant, nous ne pouvons pas compter tout le temps que nous investissons dans notre entreprise. Nous travaillons toujours debout et les temps de midi sont décalés. Par exemple, aujourd’hui j’ai mangé à trois heures.

 


 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.