Antoine B.,
Pompier-ambulancier volontaire

Interview réalisée en octobre 2016

Quel est votre parcours scolaire et professionnel ?

J’ai fait mes études aux Arts et Métiers à Nivelles en Professionnel et j’ai obtenu mon diplôme. Je n’ai pas fait la 7ème en Assistant aux Métiers de la Sécurité car cela n’existait pas en ce moment-là. J’ai enchainé les formations de sécurité : la Loi Tobback (NDLR : attestation de compétence générale agent-e de gardiennage), « contrôle de personnes », « surveillance caméras » et « gestion de conflits ». Par la suite, j’ai suivi la formation sapeur-pompier et celle d’aide médicale urgente.

D’où vient cette envie de devenir pompier volontaire ?

J’ai deux-trois membres de ma famille qui font partie des pompiers et un autre dans la sécurité. Ce sont eux qui m’ont transmis l’envie.

Est-ce difficile de concilier le métier principal et pompier volontaire ?

Ah oui, bien sûr ! Il faut savoir que dans le gardiennage et la sécurité, ce sont des prestations de 12 heures. Chez les pompiers, ce sont 12 heures de prestation également. Il y a un minimum de prestations à faire chez les pompiers, malgré que ce soit du volontariat.

Quels sont les avantages liés à la fonction de pompier ?

Ce n’est pas l’argent, c’est se sentir utile.

Quels sont les inconvénients de pompier ?

Nous n’avons pas assez de temps avec notre famille. Lors des gardes, il faut savoir qu’on doit prester un minimum de prestations à la caserne. On doit faire 4 pauses de 12 heures à la caserne sur le mois. On peut aussi être amené à faire une intervention qui prendra du temps donc on dépassera les 12 heures initiales. Il y a également les sections de garde : c’est-à-dire que tous les quatre jours, on est rappelable à la maison de 6h à 18h le week-end et de 18h à 6h la semaine. Quand je travaille en tant qu’agent de gardiennage, je sonne à la caserne et je me mets en indisponibilité de telle heure à telle heure. Ils savent alors qu’ils ne doivent pas m’appeler car je suis sur mon lieu de travail. Cela reste du volontariat mais ça doit rester dans la limite du raisonnable, je ne peux pas faire cela tout le temps.

Qu’est-ce qui est le plus dur dans la formation de pompier en tant que telle ?

L’accumulation de renseignements, des procédures à savoir, ce qu’il faut faire et ne pas faire était pour moi la partie la plus difficile à gérer. Au niveau physique, je n’ai pas eu de problèmes car j’étais suffisamment bien préparé à cela.

Quelles sont les compétences à avoir pour être pompier ?

La débrouillardise et ne pas foncer tête baissée, c’est-à-dire être réfléchi. Ce sont les deux compétences primordiales à acquérir au cours de sa formation. Il y a également des procédures d’interventions à respecter qui fonctionnent par numérotation. Par exemple, si on part en intervention incendie, on part à cinq hommes dans une pompe (NDLR : fourgon d’incendie, c’est-à-dire camion de pompier) et l’officier dans sa voiture de commandement. Chaque sapeur et le responsable d’intervention ont un numéro et chaque numéro sait ce qu’il doit faire. On est donc rôdés pour les manipulations des outils. On attend que le chef d’interventions donne ses ordres avant de se déployer. On a des procédures d’intervention très claires à respecter. L’officier évalue la situation en fonction des informations que le centre d’appel lui a transmises.

Comment se passe le début des missions ?

Le centre 100 nous envoie un message sur notre radio. Nous voyons ainsi rapidement le type d’intervention que nous allons traiter afin de se préparer psychologiquement à la mission pour laquelle on est appelé. Il faut être stressé et se remettre tout le temps en question pour survivre.

Les interventions incendie représentent-elles un grand nombre des missions effectuées ?

Par rapport aux différentes missions effectuées, l’incendie représente seulement 20% des interventions. Les interventions les plus courantes sont : le balisage[1], la désincarcération[2], le désencombrement des personnes ensevelies et l’aide médicale urgente. Ce sont celles qui prennent beaucoup de temps et qui sont également les plus courantes.

Qu’en-est-il à propos de l’aide médicale urgente (AMU) ?

Il s’agit d’une formation à suivre en plus de la formation de base de sapeur-pompier. Nous devons également suivre des recyclages. Avant de partir en intervention, nous devons vérifier en caserne les véhicules et le matériel afin que ceux-ci soient conformes, vérifier que rien ne manque comme produits de secours et de soin.

Quels conseils donnerez-vous à un jeune qui souhaite devenir pompier ?

Ne pas avoir de femme ni d’enfants sauf si celle-ci est très conciliante car être pompier, professionnel ou volontaire, prend énormément de temps dans une vie de couple et une vie de famille.

Envie de devenir pompier professionnel ?

Non, j’aime avoir deux emplois différents : j’aime avoir la sécurité de l’emploi et mon bénévolat en tant que pompier-ambulancier volontaire.

Une anecdote à raconter ?

Être appelé à 6h du matin en plein hiver parce qu’un poney s’est échappé en pleine campagne et qu’il faut le rattraper.

 

[1] Signalisation, à l’aide de balises, des dangers à éviter et de la route à suivre (Dictionnaire Larousse)

[2] Action de dégager une personne prisonnière d’un véhicule accidenté. (Wikipédia)

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.