Arlette,
Conseillère conjugale et familiale

Interview réalisée en janvier 2008

Le graduat de promotion sociale en « Conseiller conjugal et familial » n’a été créé qu’en 2001. Après avoir travaillé dans différents secteurs professionnels, Arlette s’y est inscrite, à l’IPFS de Namur, il y a deux ans. Elle nous détaille les cours. 

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans des études de conseiller conjugal et familial ? 

Les circonstances de la vie. J’ai travaillé durant de longues années dans une clinique pédiatrique puis je me suis tournée vers le tourisme. Ensuite, je suis devenue accueillante d’enfants à domicile. A mon grand étonnement, les parents se confiaient facilement à moi. Cela m’a donné des idées. Lors d’une visite dans un salon du SIEP, j’ai appris qu’il existait une formation en promotion sociale en « Conseiller conjugal et familial ». 

Quelles démarches avez-vous effectuées pour incorporer ce graduat ?

Tout d’abord, pour participer à la formation, il est important de signaler qu’il faut être âgé de 21 ans accomplis le jour de la rentrée et être titulaire du CESS (certificat d’enseignement secondaire supérieur). Ceux qui ne possèdent pas ce diplôme peuvent toutefois passer un examen d’admission. Ensuite il faut rentrer un dossier comprenant une photo d’identité, une photocopie recto/verso de la carte d’identité, éventuellement le numéro de demandeur d’emploi et s’acquitter du droit d’inscription (plus ou moins 70 euros). Enfin, il faut rédiger un document dactylographié à remettre plusieurs mois à l’avance.

Que doit-on retrouver dans ce document ? 

Il comprend trois parties. La première est une sorte de curriculum vitae du candidat. Outre ses coordonnées complètes, il faut mentionner les études suivies antérieurement, les expériences de travail, les engagements dans le monde associatif, les loisirs, … La deuxième partie est ciblée sur la profession de conseiller conjugal et familial et répond à des questions précises : En quoi consiste-t-elle ? Quel rôle le conseiller exerce-t-il ? Quels tâches réalise-t-il ? Où travaille-t-il ? Sur quoi fondons-nous nos idées ? En quoi des expériences, des formations, des lectures ont-elles nourri ces idées ? On doit également expliquer dans cette partie les raisons qui nous ont amené à choisir cette profession en mentionnant nos atouts et limites. La troisième partie concerne le projet de formation : quelles sont nos motivations ? Quelle est notre disponibilité ? Comment allons-nous gérer notre temps ? Quels sont nos moyens financiers ? 

Ce graduat vous plaît-il ? 

Oui énormément. Tous les cours sont intéressants. Je pense qu’ils me donneront une base suffisante pour débuter dans le métier. Cette formation est néanmoins plutôt lourde et demande un grand investissement personnel. Elle comprend 15 modules étalés sur trois années scolaires et demi, soit tous les jeudi de 8h45 à 17h30. Des jours supplémentaires peuvent être fixés. 

Pouvez-nous nous décrire brièvement les modules de cours ? 

La première UF (unité de formation) met au point le projet personnel de formation et met en lumière les motivations, les atouts et les limites par rapport au travail du conseiller conjugal et familial. L’UF 2 permet d’acquérir dans le domaine de l’anatomie et de la psychologie, les bases théoriques nécessaires à l’exercice du métier. L’UF 3 s’attarde aux domaines sociologique, philosophique et juridique et sur la profession de conseiller conjugal et familial dans le contexte de notre société. L’UF 4 vise à expérimenter les techniques d’intervention et plus particulièrement l’accueil et l’écoute. L’UF 5 incite à observer le fonctionnement et les activités d’un centre de planning familial, de guidance, d’aide aux victimes ou d’une maison maternelle, et plus particulièrement l’accueil et les activités de prévention. L’UF 6 veille à acquérir, dans les domaines de la psychopathologie et de l’ethnopsychiatrie les concepts théoriques nécessaires à l’exercice du métier. L’UF 7 s’attarde sur les notions fondamentales de la sexologie et permet d’appréhender les phénomènes de structuration du couple et leur évolution. L’UF 8 sert à approfondir dans les domaines sociologiques, philosophique et juridique les éléments de bases étudiés en UF 3. Au cours de l’UF 9, on expérimente les techniques d’intervention et plus particulièrement l’analyse de la demande et l’accompagnement de la personne dans la compréhension de ses difficultés. Dans l’UF 10, on réalise dans le cadre des activités d’un centre de planning familial, un accueil de qualité et on mène des entretiens d’aide individuels. En UF 11, on acquiert des notions approfondies en matière de sexologie, on appréhende des questions de pathologie sexuelle et on analyse les phénomènes conflictuels de couple et leurs résolutions. L’UF 12 sert à analyser le contexte institutionnel et organisationnel d’une institution, développer une réflexion critique sur les comportements sociaux illustrant les phénomènes d’identification et d’appartenance sociale, mettre en œuvre des techniques d’animation dans le cadre d’un projet de prévention. L’UF 13 approfondit les techniques d’intervention dans l’accueil et l’entretien d’aide individuel. Dans le cadre des activités d’un centre de planning familial, l’UF 14 permet de mener des entretiens de couple. Quant à l’UF 15, il s’agit de l’épreuve intégrée, soit le travail de fin d’études qui permet de vérifier si l’étudiant, en toute autonomie, possède les compétences générales et spécifiques du conseiller conjugal et familial.

Quel est le public qui fréquente ces cours ?

La plupart ont comme moi une quarantaine d’années. Il y a quelques jeunes mais force est de constater que la plupart d’entre eux abandonnent vite. La raison principale est que pour suivre ce type de formation, une certaine expérience de vie est nécessaire. Il n’est pas toujours facile pour une jeune fille de 20 ans de se retrouver face à un couple en crise. Ce couple sera aussi peut-être mal à l’aise d’exposer ainsi ses problèmes personnels à quelqu’un de beaucoup plus jeune qu’eux.

Comment se déroulent les stages ?

En 1ère année, il y a un stage d’observation. C’est en 2e que les étudiants peuvent recevoir des personnes en individuel et/ou en couple. Ces stages sont bien évidemment supervisés de manière individuelle ou collective. 

Quels conseils donneriez-vous à une personne désireuse de faire ce graduat ? 

Il faut surtout qu’elle soit bien dans sa tête, qu’elle n’aie pas de problèmes psychologiques. Comment en effet essayer d’aider les personnes à résoudre leurs problèmes alors que l’on a pas résolu les siens ? Il faut aussi qu’elle se renseigne bien sur la nature du métier. Si c’est la psychologie pour enfants qui l’intéresse, mieux vaut qu’elle entame une autre formation ! Il faut vraiment être intéressé par les problèmes de couple. Enfin, je lui dirais que c’est avant tout une vocation. On ne fait pas ce métier pour bien gagner sa vie. 

Comment vous voyez-vous dans un an, quand vous serez diplômée ?

J’espère que j’aurai la possibilité de travailler dans un centre. J’aimerais peut-être aussi ouvrir moi-même un centre de consultation dans un hôpital. Par contre, s’installer seule comme indépendante ne me tente pas vraiment. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.