Ary Van Elsen, Responsable QHSSE

Interview réalisée en février 2017

Pouvez-vous nous décrire brièvement votre lieu de travail ?

Novasep est une entreprise multinationale établie principalement en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Chine et en Belgique. Elle apporte ses compétences pour développer, produire et purifier des molécules aussi bien dans le domaine de la chimie que de la biochimie. Le site belge, Novasep-Henogen, est orienté « biotechnologie ». Il s’est spécialisé dans le développement pour des tiers de futurs vaccins ou médicaments. Les équipes en place prennent le projet en main, améliorent celui-ci et peuvent produire une petite quantité du principe actif demandé (généralement des protéines) qui pourra servir pour mener à bien des essais cliniques. Nos clients sont des entreprises du secteur pharmaceutique.

Comment est né votre attrait pour la chimie ?

Depuis toujours, j’ai eu un attrait pour les sciences et pour la nature d’une manière générale. Il se fait que mon papa exerçait un travail de contrôle des chaudières industrielles et était amené à réaliser des tests chimiques simples, comme déterminer le potentiel hydrogène, la dureté, la conductivité de certaines solutions, les gaz dissous, etc. Il employait des indicateurs colorés, du petit matériel de labo et quelques appareils plus complexes. Tout cela m’attirait et j’ai trouvé, lors de mes études en Ingénieur industriel en chimie, le cursus qui me plaisait. J’avais aussi été à des  séances d’information pour les études d’ingénieur civil, mais je me sentais dépassé au niveau mathématique…

Le secteur de la chimie est extrêmement varié, il touche à des domaines différents comme la pétrochimie, l’industrie textile, les encres d’imprimerie, l’alimentation et les médicaments bien entendu. L’ingénieur industriel sera plus une personne de terrain, il peut aussi s’orienter dans la recherche appliquée au sein d’un centre universitaire ou dans l’industrie voire dans l’enseignement. C’est cette polyvalence qui m’a attiré à entreprendre ces études. En complément, j’ai suivi une formation de conseiller en prévention, ce qui m’a permis d’occuper ma fonction actuelle.

En quoi consiste exactement votre métier de Responsable Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement ?

Novasep, comme de plus en plus d’entreprises, s’intéresse de près à son emprunte carbone. Il m’a donc été demandé de participer avec mes homologues des autres sites à des réunions en vue de diminuer nos nuisances.

Ce métier est proche de celui de « conseiller en prévention » : analyser les postes de travail dans l’entreprise, détecter les situations à risques et, en concertation avec les acteurs sur le terrain, dégager des solutions pour améliorer ces postes et ne conserver en final qu’un risque résiduel faible acceptable. J’anime les réunions mensuelles du CPPT (Comité de Prévention et de Protection au Travail) où se retrouvent les représentant des travailleurs et la direction. Ces réunions ont pour but d’analyser les événements qui se sont produits dans l’entreprise (accident de travail, presque accident, incident) de voir l’origine de ceux-ci et de prendre les bonnes décisions pour qu’ils ne se reproduisent plus.

Je suis amené à acheter des équipements de protection individuelle pour l’ensemble du personnel, s’il n’existe pas d’autres solutions plus globales pour améliorer une situation à risques.

Je participe aux visites obligatoires avec la médecine du travail, à l’élaboration d’un Plan quinquennal et d’un plan annuel qui décrivent notre politique de prévention et les objectifs que nous nous fixons pour les prochaines années.

Je participe aussi à l’élaboration d’un plan d’urgence qui reprend toutes les situations qui pourraient se présenter dans l’entreprise (feu, accident grave, inondation, dégagements toxiques, etc.).

Nous allons même plus loin avec un « plan catastrophe » qui reprend des situations exceptionnelles qui auraient de graves répercussions sur l’entreprise, un accident dans le voisinage, par exemple.

La sécurité et la prévention dans l’entreprise passent aussi par des campagnes de sensibilisation de l’ensemble du personnel, par des formations données à chaque nouvelle personne débutant chez nous. D’autres formations sont destinées à l’ensemble du personnel, par exemple pour tirer les leçons d’accidents qui se sont produits dans l’entreprise.

Selon vous, en quoi votre fonction est importante ?

Pour la direction de l’entreprise, y compris le Top Management à Lyon, la sécurité des travailleurs est la priorité n° 1. Dans les objectifs à atteindre chaque année, il y a la volonté de conserver les indicateurs sécurité au plus bas et si possible à zéro.

Je suis le seul conseiller en prévention pour Novasep-Belgique, mais dans chaque siège de l’entreprise, il y a une structure de prévention avec un ou plusieurs responsables QHSSE en fonction de la taille du site, des activités qui peuvent être parfois classées Seveso.

Pour les deux sites belges, nous avons dans chaque équipe un coordinateur sécurité qui joue le rôle d’intermédiaire entre son équipe et le conseiller en prévention, il peut remonter certains problèmes, vérifier si les solutions apportées sont efficaces.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Très varié, beaucoup de situations inattendues à résoudre, œuvrer pour améliorer le bien-être de chacun. J’ai d’autres fonctions dans l’entreprise : je fais partie de l’équipe Maintenance et Validation où je prends en charge les aspects élimination des déchets, réalisation des permis d’environnement, d’urbanisme, avec les contacts nécessaire au sein des différentes institutions et administrations.

Que diriez-vous à un jeune pour le convaincre de se lancer dans des études en chimie ?

Le secteur chimique souffre d’une image de pollueur, ce qui a été vrai, surtout dans le passé. Mais de par l’application des politiques nationales et internationales, de par les effets visibles du réchauffement climatique et des taux de contaminations des mers, des terres et des airs (y compris l’espace, etc.) de plus en plus d’entreprises ont un plan de responsabilité sociétale et s’impliquent, avec des mesures concrètes, à limiter leur impact sur la nature. Pour trouver ces voies d’amélioration, nous avons besoin de jeunes chimistes environnementalistes qui proposeront des solutions adaptées et qui satisfassent tous les partenaires.

Vous avez certainement vu sur les réseaux sociaux la solution proposée par ce jeune homme pour récupérer les innombrables déchets de plastiques qui dérivent dans les mers. Ces déchets seront recyclés. Il y a déjà des firmes qui proposent des habits faits uniquement en matières récupérées et recyclées. Cela peut être aussi des revêtements de route, des matériaux pour la construction, pour réaliser des courts de tennis… A chacun de nous d’avoir de bonnes idées.

C’est vrai que l’Homme est le seul être vivant qui produise tant de déchets qui ne se recyclent pas d’eux même dans un délai court. Nous devons en tenir compte et améliorer ce point crucial !

La chimie reste un secteur d’avenir, secteur très vaste, multi facettes, présent dans tous les aspects de notre vie. Ce secteur a besoin de jeunes talents !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.