Axel Raemaekers,
Administrateur de système informatique

Interview réalisée en mai 2009

Axel Raemaekers, 30 ans, est consultant indépendant depuis 2002 auprès de PME. "Mon intérêt pour l’informatique est né sur les salons informatiques où le hasard m’a conduit au plus jeune âge", indique-t-il.

Comment se déroule concrètement l’administration d'un système informatique ? 

Il s’agit de surveiller la disponibilité du système, par exemple si les requêtes des utilisateurs envers les serveurs sont suivies d’une réponse dans des délais normaux. Pour maintenir une qualité de service,  une rapidité du traitement des demandes des utilisateurs, il faut maintenir le système optimal en effectuant des opérations de maintenance, des redémarrages, des mises à jour. Cela implique souvent de travailler lorsque les autres ne travaillent pas.
Il y a aussi une bonne part de tâches plus routinières de contrôle des rapports de sécurité, de sauvegardes, ou des opérations effectuées sur et par le système.
Le plus agréable est de suggérer les prochaines évolutions car il s’agit souvent de modifier un élément par un matériel ou un logiciel plus récent offrant plus de possibilités.

A quels problèmes techniques êtes-vous le plus souvent confronté dans l’exercice de votre métier ?

Les latences ou ralentissement du réseau, l’augmentation des délais de réponse des l’ordinateur dans les applications. Il s’agit d’un symptôme courant car il peut être provoqué par une attaque depuis Internet, par un virus installé sur un ordinateur, une défaillance dans un programme qui provoque son emballement, un élément du réseau défectueux qui parasite les signaux…

Quels sont les dangers qu’un système informatique peut rencontrer ?

Des agressions depuis Internet, des comportements de la part d’utilisateurs crédules ou malveillants. Plus rarement, des problèmes de type électriques peuvent intervenir ou des excès de chaleur provoquant des pannes. Des solutions existent pour ces différentes problématiques, il s’agit à nouveau d’anticipation.
Si je devais citer un exemple précis, ce serait celui d’une attaque "par déni de service". Imaginez que par simple malchance, votre société est prise pour cible depuis Internet par des dizaines d’ordinateurs dit "zombies", qui ont été contaminés par un virus commun. Votre serveur est saturé de demandes et ne peut plus répondre à vos propres requêtes.

Testez-vous parfois les failles d’un système informatique ? Si oui comment vous y prenez-vous ?

Des programmes existent pour scanner et tester un système, de manière à déterminer les failles éventuelles.

Etablissez-vous une politique de sécurité ?

La politique de sécurité est indispensable. Ne pas en avoir est une faille de sécurité en soi.
Une telle politique consiste à prendre toutes les précautions de base comme l’installation d’un firewall matériel, d’un logiciel antivirus sérieux, des mots de passes dits "forts" sur toutes les ressources, et de maintenir à jour tous ces éléments ainsi que les systèmes d’exploitation. Après, entreront en ligne de compte des interdictions ou restrictions empêchant aux utilisateurs d’installer des logiciels ou d’accéder à certaines choses.

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un système informatique fonctionne bien ?

Le règne de l’harmonie entre le matériel et les logiciels. Une anticipation continue des menaces et des comportements des utilisateurs.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune intéressé par votre métier ?

De se forger une personnalité autour de plusieurs valeurs clefs : ne rien laisser au hasard, toujours anticiper, rester droit pour ne jamais ébranler la confiance que l’on a envers vous.

Y a-t-il une forte demande sur le marché en administrateurs de système informatique ?

Etonnamment, les prochaines grandes révolutions ne vont probablement pas beaucoup développer la demande. Par contre, ce métier va évoluer, sans doute vers le domaine du conseil et de l’accompagnement, se rapprocher du métier de la formation.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.