Azzedine Chatir,
Bagagiste - Agent de piste

Sur quels aéroports avez-vous travaillé ? 

Je me suis retrouvé sur les pistes de Londres, Bruxelles et même Dallas ! Aujourd'hui, j'exerce mon activité professionnelle sur les pistes de l'aéroport de Charleroi-Sud. 

Pouvez-vous nous citer les différents métiers que l'on retrouve sur une piste d'aéroport et la procédure pour y aboutir ?   

Pour travailler sur la piste d'un aéroport, il faut avoir suivi au préalable une formation de bagagiste. Cette formation théorique et pratique permet non seulement d'apprendre le métier mais aussi les règles de sécurité en vigueur. 
Toute personne, après avoir suivi la formation, commence par passer son permis piste et par le triage des bagages : cela consiste à mettre, par destination, les bagages des passagers dans les chariots et dans les soutes des avions. Le bagagiste, après avoir acquis un peu d'expérience, peut ensuite évoluer vers d'autres fonctions et notamment vers celles de conducteurs d'engins, agent headset, dégivreur ou encore marshaller. 

Quels types d'engins retrouve-t-on sur la piste ? 

Les chariots comprenant les bagages, les bandes transporteuses de bagages (le tapis roulant qui permet aux bagages d'être amenés à la soute), les escaliers (qui permettent aux passagers de monter ou de descendre de l'avion) ou encore le repousseur d'avion (push-back). 

En quoi consiste cette action de push-back ?

Le repousseur réalise les opérations de sortie des avions de leur poste de stationnement au moyen d'un tracteur et une barre de repoussage. Le push désigne le véhicule servant à faire cette manœuvre. Il existe 2 catégories de push-back : avec et sans barre de tractage.

Et que fait l'agent headset ? 

Casque sur les oreilles, il est en communication avec le commandant de bord avant le décollage. C'est lui qui procède aux ultimes vérifications avant que l'avion ne prenne son envol. Il vérifie que les portes et soutes sont bien fermées, s'il n'y a pas de fuite de carburant ou d’huile. L’opération headset se fait en même temps que le push-back. L'agent reste présent lors du démarrage des moteurs. Quelqu'un d'expérimenté peut faire cette opération en trois minutes. 
 

Et le marshaller ?

C'est lui qui guide les avions sur la piste. Ses signes indiquent au pilote les opérations pour pouvoir rentrer à sa position et arrêter l’avion à l'endroit souhaité.

Et donc pour accéder à ces fonctions, il faut passer obligatoirement par le métier de bagagiste ? 

Oui. Mais ce passage d'une fonction à une autre peut se faire plus ou moins rapidement en fonction des places disponibles et de la grandeur de l'aéroport. Par exemple, dans des aéroports régionaux comme ceux de Charleroi ou Liège, on peut passer de bagagiste à marshaller en un an si l'on a démontré ses aptitudes et fait preuve de motivation. Evidemment, il existe des formations à suivre. Comme vous le voyez, au départ de bagagiste, on peut accéder à plein d'autres métiers. C'est un des attraits du travail sur la piste. Mais il y a aussi des côtés moins positifs, comme les horaires, le travail de week-end et jours fériés. On travaille aussi dehors. Quand il fait beau cela peut être agréable mais quand il pleut ou pendant la période d’hiver, ça l'est beaucoup moins ! 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par l'un de ces métiers ? 

S'inscrire dans une formation de bagagiste et avoir l'envie d'apprendre, être constamment motivé. Il y a très régulièrement des formations organisées par le WAN pour accéder à la profession de bagagiste d'abord, aux autres fonctions ensuite.   

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.