Benoît Garin, Eco-cantonnier

Interview réalisée en mai 2010

Benoît Garin, éco-cantonnier à Bruxelles Environnement depuis 9 ans.


En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Nous sommes une équipe de sept cantonniers chargés des 19 communes de Bruxelles. Nous parcourons donc la Région bruxelloise. Nous travaillons toujours en équipe, de deux à sept. C’est une question de sécurité. Nous sommes chargés de l’entretien des cours d’eau et des chemins en forêt et dans les réserves naturelles. 

Les cours d’eau à Bruxelles sont la Woluwe à Auderghem et Boitsfort, le Molenbeek, à Jette, la Pede et le Broekbeek à Anderlecht. Nous entretenons aussi d’autres plus petits cours d’eau. Il existe des postes bien précis, appelés moines, par où l’eau s’évacue. Nous surveillons plusieurs fois par semaine ces grilles pour éviter que des branches, des feuilles ou des papiers charriés par le cours d’eau ne les obstruent. En cas de chute d’arbre, nous dégageons le tronc ou la branche pour laisser l’eau passer. Nous ne nous chargeons pas du travail en hauteur, de l’élagage, mais uniquement de ce qui se trouve à terre. Rarement, nous devons fermer l’arrivée de l’eau d’une manière ou d’une autre pour dévier le parcours d’un cours d’eau, par exemple pour nettoyer un étang. Nous limitons la végétation dans les étangs. Certaines plantes sont envahissantes, comme les roseaux, et il faut éviter qu’elles ne prolifèrent trop. 

Nous fauchons deux à trois fois par an les plantes qui poussent sur les berges. Nous observons aussi la nature. En cas de problème, d’aspect suspect de l’eau, de déchargement illégal, nous signalons les faits au service adéquat. 

A Bruxelles, les cantonniers s’occupent aussi des chemins pour éviter qu’ils soient inondés et impraticables. Il faut ramasser les feuilles, faucher les côtés et écarter les branches d’arbre. Nous devons aussi  ramasser les animaux morts et les porter à l’Institut Pasteur où ils sont analysés pour avoir un suivi des maladies.

Nous sommes en contact avec le public. Nous renseignons les promeneurs. D’autres viennent nous faire part de ce qu’ils ont observé, ce qui nous aide parfois dans notre travail. Il n’est pas toujours évident de tout voir sur tout Bruxelles.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut de la volonté et une base en horticulture ou en sylviculture. Quand on nous demande de nous rendre à un endroit pour tailler ou abattre un arbre, ou faucher une zone, mieux vaut reconnaître les plantes en question !

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Je suis toujours dehors, c’est le principal avantage ! Je vois des renards, des fouines, des chevreuils, des belettes… Quand on n’est pas trop bruyant, tôt le matin ou à midi, on voit des choses étonnantes. Et puis, ce métier n’est pas répétitif, comme dans les parcs où il faut toute l’année planter, bêcher et biner... Ce travail est varié. De plus, mon horaire est très facile. J’ai un bon salaire et beaucoup de congés.

Le désavantage, c’est de supporter les mauvaises odeurs des animaux écrasés, des papiers sales...

Quel est l’horaire de travail ?

Je travaille de 7h30 à 15h30, cinq jours par semaine.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai étudié l’horticulture à l’Institut horticole de Gembloux. J’ai ensuite fait un an de spécialisation en élagage. L’IBGE propose aussi des formations. J’y ai appris les périodes et la façon de faucher les réserves naturelles et les berges. J’ai aussi appris à reconnaître  les espèces sauvages et les plantes dangereuses. Mieux vaut éviter de couper n’importe comment certaines espèces. On risque d’être brûlé. 

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai travaillé comme jardinier pendant un an pour une entreprise privée. J’ai ensuite été engagé comme élagueur à l’IBGE avant d’atterrir chez les écocantonniers. 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

C’est un concours de circonstances. Il n’y a pas vraiment de formation pour être cantonnier, mais, dans notre équipe, nous aimons tous la nature et le changement. J’avais choisi le métier d’élagueur. Suite à un accident hors du cadre professionnel, pour des raisons de sécurité, il était préférable que je change de poste. J’ai découvert le métier d’éco-cantonnier. C’est assez rare, peu de gens y pensent.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Pour faire ce métier, il faut aimer être dehors, par tous les temps. Si on aime la nature, les plantes ou les animaux, ce métier est très agréable. Il y a énormément d’espaces verts à Bruxelles. 

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Nous nous sommes déjà retrouvés à courir après un coq autour de la Basilique de Koekelberg, équipés de grands filets. Une autre fois, nous avons suivi une biche dans tout Boitsfort avant de l’attraper.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.