Benoît Liban,
Technicien de maintenance

Interview réalisée en décembre 2013

Quel a été votre parcours professionnel ? 

J'ai effectué des études secondaires en électromécanique et, après mon service militaire, je suis rentré dans le monde du travail. En 1989, j'ai intégré "Sabena Technics", spécialisé dans la maintenance aéronautique. Je travaillais principalement comme mécanicien d'entretien sur les appareils de la Sabena, des Airbus A310, dans un hangar. Je faisais des petites tâches comme des plus grosses. En fait, je faisais un travail très polyvalent : je m'occupais des moteurs, du train d'atterrissage, des câblages, de l'inspection des pièces… L'entretien d'un avion pouvait ne durer que quelques semaines mais aussi plusieurs mois lorsqu'il fallait procéder à un entretien général. Après cinq ans, je suis passé au service dépannage sur la piste où là j'ai pu officier sur des avions différents et procéder à diverses réparations techniques. A l'époque, les services dépannages et entretiens étaient scindés mais après la faillite de la Sabena, ils ont été regroupés. Je suis alors devenu chef d'équipe de ce service général jusqu'en 2008, année où j'ai rejoint "Tech for Jet", la société de maintenance de Jetair. Je procède principalement à des dépannages sur la piste de l'aéroport de Liège. Outre mon métier de technicien, je donne des cours pratiques aux futurs techniciens de maintenant au sein du centre de compétence WAN à Gosselies, avec l'accord de mon employeur évidemment. 

A qui s'adresse la formation de technicien de maintenance au WAN ? 

Nous avons deux types de public. Il y a les demandeurs d'emploi, qui suivent une formation de base, et les étudiants diplômés de l'enseignement supérieur, en aérotechnique mais pas uniquement, qui suivent des cours d'un niveau plus poussé. La formation dure généralement quatre mois et on y entre après une entrevue de motivation et la réussite d'un examen d'admission portant sur les mathématiques, la physique et l'anglais. La formation du WAN correspond aux normes européennes en vigueur et le diplôme est reconnu dans le milieu de l'aéronautique.

Quels types de cours suivent les demandeurs d'emploi et quel est leur profil? 

Les demandeurs d'emploi suivent une formation de niveau A qui leur permettra d'officier comme technicien de maintenance de base. Ils pourront procéder à de petits entretiens. Ainsi, par exemples, dans la formation, on leur apprend à mettre l'avion sur des vérins de levage, à opérer sur les trains d'atterrissage, à effectuer des changements de roue, à changer les freins, à remplacer les lampes extérieures, à remplacer le démarreur d'un moteur, soulever le plancher de l'avion, s'occuper des bouteilles d'oxygène à bord de l'appareil, graisser les trains d'atterrissage et les commandes de vol… Toutes ces tâches se font sous la supervision de trois instructeurs et le plus souvent nos stagiaires travaillent par groupe de deux. Nous, les instructeurs, nous nous trouvons près d'eux pour les guider et leur expliquer le pourquoi du comment de chaque démarche. Nous veillons aussi à leur inculquer les règles élémentaires de sécurité et le respect des différentes procédures. Il est important de signaler qu'avant de passer à tous ces exercices pratiques sur notre avion simulateur, ils auront eu la théorie en classe. Les cours pratiques se donnent dehors, pour coller le plus possible à la réalité du métier, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige ! Une fois que l'on a réussi sa formation de niveau A, on peut ensuite suivre une formation de niveau B, donc d'un niveau plus élevé. 

Quant au profil des stagiaires, il peut être fort différent d'une personne à l'autre. Ils peuvent  provenir d'un autre secteur professionnel (j'ai déjà eu comme stagiaires des anciens informaticiens et comptables) ou des demandeurs d'emploi de longue durée qui cherchent à acquérir une première qualification. Nous avons aussi régulièrement des personnes d'origine étrangère qui suivent la formation chez nous puis qui repartent exercer le métier dans leur pays.  

Et que doivent pouvoir faire les détenteurs d'un titre de l'enseignement supérieur qui viennent chez vous suivre la formation ? 

Ils doivent être capables de faire la même chose que les A donc les cours sont sensiblement les mêmes mais on leur apprend aussi à faire des choses plus complexes : démonter des accessoires de moteurs, travailler sur les systèmes hydrauliques, sur les commandes de vol… Ce sont des tâches plus pointues et plus variées. 

Est-ce une formation porteuse d'emploi ? 

Tous les stagiaires motivés trouveront de l'embauche, j'en suis convaincu. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.