Benoit Remy,
Gérant d'une PME d'installation solaire thermique

Interview réalisée en janvier 2008

Depuis combien de temps exercez-vous la profession de gérant d’une PME d’installation solaire thermique ?

Je travaille dans le solaire depuis 1999 et je suis gérant de Novastar depuis ce moment-là. Sinon, j’ai également été gérant dans un autre contexte,dès 1989.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Cela varie fortement selon les projets. Ici, depuis 2 ans, j’étais plongé dans une activité commerciale : la gestion et le management commercial de l’équipe des délégués commerciaux de nos fournisseurs. Je partage mon temps de travail entre la prospection (recherche de clientèle) et l’administratif (comptabilité, gestion de dossiers…) et ce, dans trois domaines : le solaire thermique, la conception de lotissements écologiques et les chaufferies bois. Mon rôle est donc de trouver des clients, de les convaincre, de transférer les demandes à l’ingénieur qui lui, va s’occuper de tout le pôle technique de l’installation. Lorsque le chantier est fini, j’évalue le rapport qui a été fait pour essayer d’améliorer notre offre. J’ai également en charge la gestion de l’équipe en général et mon collègue celle de l’équipe technique. Je ne vais jamais sur le chantier, je gère davantage l’aspect commercial du chantier(vente du produit, contacts clientèle, problème de facturation...).

Quelles sont les qualités personnelles attendues dans ce domaine professionnel ?

Un bon contact est important. En effet, il faut que le courant passe bien avec les clients. Il faut également avoir une bonne capacité de gestion de l’équipe. Il faut avoir une vision globale de ce que représente un chantier et ses différentes étapes. Il faut une certaine formation scientifique qui permet de comprendre facilement, dans les grandes lignes, le fonctionnement de tout ce qu’on propose : chaufferie, solaire...

Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de ce type d’activité ?

L’avantage c’est que je travaille dans un secteur positif, où on répond à une problématique de plus en plus criante. Comme je suis gérant, j’ai l’avantage de pouvoir gérer mon temps mais il faut quand même avoir une certaine discipline. Le contact client est également positif. Le cadre dans lequel je travaille est très agréable, je ne suis pas dans le stress de la ville et je n’en suis pas trop éloigné non plus. Etre gérant est aussi stressant car on investit toujours ses fonds, et donc, c’est toujours risqué.

Quel est l’horaire de travail ?

Je ne suis pas tenu à des horaires « de fou » même si, parfois, il faut travailler beaucoup. Je ne suis pas non plus dans une optique de comptabilisation des heures. Je commence ma journée entre 8h30 et 9h, je prends une pause d’une heure à midi et j’ai fini vers 17h, voir 18h ou parfois même plus tard. Cela dépend toujours des projets et des délais. Il y a souvent des réunions le soir : il est rare qu’il y ait une semaine où je ne sois pas parti le soir.

Comment décririez-vous le milieu de travail ?

Je gère une équipe de quelques personnes où chacun a des tâches bien définies : un ingénieur industriel, un ingénieur civil et deux ouvriers qui travaillent à l’installation. J’ai également une aide externe : un indépendant qui travaille lui aussi aux installations solaires thermiques. Je travaille la plupart du temps au bureau ou bien, je me déplace chez des clients mais je ne suis que très rarement sur unchantier.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai fini mes secondaires en scientifique. J’ai ensuite suivi la formation d’ingénieur commercial à Bruxelles. Puis, je me suis formé deux ans dans la délégation médicale où j’ai suivi pas mal de séminaires et de formations sur les
techniques de vente. Après, j’ai appris avec l’expérience et les rencontres. La formation sur le terrain est une très bonne formation.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Elles sont énormes. Même si cela commence à bouger, on n’est encore nulle part. Je prends toujours comme référence le marché autrichien qui se situe autour de 250m² de panneaux solaires installés pour 1000 habitants, nous sommes aujourd’hui en-dessous de 10 ! Voilà le potentiel à développer… De plus, tout est lié : il faudra toujours des techniciens, des vendeurs, des ouvriers, des ingénieurs… La difficulté c’est de trouver des gens qualifiés et consciencieuxdans ce domaine pour réaliser un travail de qualité.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

S’il est sérieux dans la filière et s’il est volontaire, il ne doit pas se tracasser pour trouver du boulot, il en trouvera ! Le marché est là, et comme la problématique environnementale ne fera que s’accentuer, ce sera sans doute de plus en plus d’actualité et on recherchera de plus de plus de monde dans le domaine. Les chauffagistes qui nous riaient au nez il y a quelques années se sont mis aujourd’hui au solaire thermique ! Je pense que cela peut être très rentable également !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.