Bernadette Andrianne,
Conseillère en relooking, en image

Interview réalisée en novembre 2010

Parlez-nous de votre parcours professionnel ?

Au départ, je suis infirmière. Il y a quelques années, en 2003, j’ai décidé d’entreprendre une formation de conseillère en Image, en 2 semaines intensives. J’ai suivi cette formation de manière individuelle à Bruxelles, chez une particulière. Cette dame exerce depuis plus de 25 ans. A vrai dire, ce métier est encore plus ancien ! En effet, il est apparu avec l’émergence du cinéma en couleur, afin de permettre aux acteurs de paraître sous un meilleur jour. Ce sont donc principalement les pays anglo-saxons qui ont révélé cette nouvelle fonction. D’ailleurs, la formatrice que j’ai rencontrée en 2003 a été formée aux Etats-Unis et en Angleterre. Quant à moi, je suis à présent installée comme indépendante depuis 2004. 

Existe-t-il d’autres formations en Belgique ?

Oui, il en existe, notamment une année de formation continue à l’IFAPME d’une durée de 165 heures. Par ailleurs, certains cours privés sont d’un excellent niveau. Mais je pense qu’il faut faire preuve de vigilance ! Certaines de ces formations exigent de gros montants d’inscription (2500 à 3000€) sans pour autant dispenser un contenu de qualité. 

Notre métier n’est pas protégé, ce qui signifie que si demain, vous vous lancez comme Conseiller en Image, vous le pouvez ! Il est pourtant fondamental à mes yeux, d’être correctement formé car il s’agit d’un métier qui aborde l’image et surtout l’estime de soi. 

Quelles sont les principales qualités d’une bonne conseillère en image ?

Très bonne question ! J’insiste sur le fait qu’il est important de pouvoir reconnaître une personne qui a été formée ou non. Et ce, tant pour le client que pour la personne désireuse de se former ! Il existe des signes pour repérer quelqu’un de réellement professionnel. En effet, la personne qui a suivi une formation est certifiée, et de ce fait affiche ses certificats ainsi que le code de déontologie relatif aux conseillers en image. De plus, il est possible de vérifier si cette personne est affiliée ou non à l’une des 2 associations de conseiller en image de Belgique, à savoir l’A.F.I.P.P., Association Française pour l’Image Personnelle et Professionnelle, ou l’A.I.C.I., l’Association of Image Consultants International.

Quant aux qualités propres à un conseiller en image, il en existe plusieurs. Respecter le code de déontologie, c'est-à-dire respecter la personne dans ses choix et ses valeurs. Il ne s’agit pas d’imposer ses propres idées. On change les personnes mais selon leurs désirs et leurs objectifs. Une bonne conseillère respecte et écoute les gens. De plus, le secret professionnel demeure une valeur importante à mes yeux. Il faut avoir également une bonne analyse des couleurs pour le maquillage, bien maîtriser la morphologie des gens afin de conseiller les vêtements les plus appropriés. Une bonne conseillère en image travaille avec un minimum de 7 outils: la colorimétrie des 4 saisons, l’analyse morphologique du visage et du corps, l’étude du style, la gestion de la garde-robe, les méthodes d’achats, les conseils sur l’attitude et le maintien. Elle travaille avec méthode dans le but de produire des résultats. 

En quelques mots, comment se passe une journée de travail ?

Lors d’une consultation privée, la première partie de la journée est consacrée à l’analyse des couleurs et aux conseils relatifs au maquillage suivi d’un maquillage. La seconde partie consiste en une analyse morphologique ainsi que des conseils d’habillement selon le style que l’on veut acquérir. 

Si je comprends bien, votre métier est étroitement lié à la mode. Devez-vous pour autant suivre les tendances à la lettre?

Il faut toujours observer. Attention, mon métier n’est pas à confondre avec celui de styliste. Il s’agit cependant de se tenir au courant des modes. Je tiens à préciser qu’être dans la tendance ne signifie pas pour moi être « fashion victim » Il est très important de rester au goût du jour tout comme il est fondamental de ne pas imposer mais suggérer. Si par exemple, le jaune est à la mode mais que cette couleur ne correspond pas à mon client, je ne la lui proposerai sans doute pas. A chaque saison, j’étudie attentivement les nouvelles collections via les magazines. Mon but est de conseiller le client au mieux. 

Quelle est votre principale clientèle et en quelles circonstances fait-on appel à vos services ?

C’est d’abord et avant tout des particuliers ou devrais-je dire des particulières ! Elles font appel à moi lors d’un changement dans leur vie, d’une remise en question, d’un divorce, à la suite d’un régime ou d’un changement de carrière professionnelle.

De manière plus ponctuelle, certaines ASBL font appel à mes services comme les hôpitaux, les CPAS. Je reçois également des personnes en recherche d’emploi. Il arrive souvent que ces personnes éprouvent des difficultés d’estime d’elles-mêmes. J’anime des ateliers afin qu’elles se réapproprient un début d’estime. Je donne toute une série de conseils relatifs au maquillage, à l’habillement, au maintien,… Le but est qu’elles puissent envisager leur entretien d’embauche de manière plus confiante et sereine.

Je travaille aussi auprès de personnes souffrant de cancer. Elles ont subi un changement radical et je les conseille sur les diverses façons de se mettre en valeur. 

Les gens ressortent très satisfaits, ils ont souvent les larmes aux yeux de voir que l’on peut faire beaucoup avec peu. C’est extrêmement gratifiant ! 

Cela fait quelques années maintenant que vous pratiquez le métier de conseillère en image. Peut-on en vivre ?

C’est avant tout un métier complémentaire. En ce qui me concerne, je dirais que ça couvre la moitié d’un mois de salaire correct. Les gens qui viennent nous rencontrer viennent essentiellement à 2 reprises. Il faut continuellement renouveler sa clientèle. Nous ne sommes pas comme les coiffeurs qui reçoivent leurs clients toutes les 6 semaines. C’est pourquoi je conserve mon métier d’infirmière. Il faut compter plusieurs années avant d’avoir la chance de vivre uniquement de ce métier. 

Quels sont les avantages et les inconvénients à pratiquer ce métier ?

Selon moi, le principal avantage réside dans l’aspect communication. En effet, nous rencontrons beaucoup de gens d’horizons différents, avec des attentes bien distinctes.

A titre personnel, j’ai appris énormément en pratiquant ce métier, comme par exemple prendre la parole en public ou encore donner des formations.

L’inconvénient majeur est sans doute qu’il faille continuellement aller à la recherche de nouveaux clients. Cela peut être très difficile surtout lorsque l’on débute. Ensuite, le bouche à oreille nous aide beaucoup. 

Ce métier en passionnerait plus d’un, quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux de tenter l’aventure?

Il faut beaucoup de persévérance ! Pour être vraiment honnête, c’est une profession que je ne conseillerais pas à un jeune de 18-20 ans. Cela demande une certaine maturité ainsi qu’une forme de psychologie. Il faut savoir cerner les gens. D’ailleurs, mon métier d’infirmière m’a grandement aidé. Il s’agit également de développer une certaine faculté d’adaptation en fonction des différences culturelles et sociales des clients. On ne conseille pas de la même manière un professionnel de l’éducation, de la finance ou encore du bâtiment. La maturité permet justement de percevoir ces nuances.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.