Bernadette Schiepers, Herboriste

Interview réalisée en novembre 2010

Comment êtes-vous devenue herboriste ?

Il y a 25 ans, lorsque j’ai ouvert mon magasin, il n’y avait pas formation spécifique en herboristerie. J’étais passionnée, j’ai donc appris seule, par les livres. Je suis autodidacte.

Aujourd’hui, il existe une formation de 2 ans à l’IFAPME qui se donne en cours du soir, à raison de 2 soirs par semaine. 

Parlez-nous de votre activité ?

Nous sommes tout d’abord des conseillers, nous ne pouvons nous substituer aux médecins. Notre principal objectif est de valoriser la prévention par les plantes. Je recommande souvent certaines plantes, comme l’artichaut, réputé pour son action dépurative. Ou encore la reine des prés, une des plus anciennes plantes médicinales européennes, utilisée comme antidouleur car elle a des propriétés d’élimination. Le romarin est également doté de vertus incroyables contre la toux, les maux de gorge, les bronchites, refroidissement. Je pourrais aussi longuement parler de la sauge et de ses effets antiseptiques, antibactériens et anti-inflammatoires…

Il y a autant de plantes que de propriétés, il est donc laborieux de toutes les connaître ! 

Quant à ma clientèle, ce sont essentiellement des personnes qui s’intéressent aux plantes, des personnes désireuses de se soigner autrement. C’est plutôt varié ! Je remarque que de plus en plus de jeunes s’intéressent de près à la médecine alternative. C’est plutôt bon signe pour l’avenir de notre métier ! 

Est-ce facile de s’approvisionner en matière première ?

Tout ce fait par l’intermédiaire des grossistes, nous ne pouvons rien fabriquer par nous-mêmes. Depuis 13 ans, la loi est très stricte en Belgique. La vente des plantes est règlementée par l’Arrêté Royal du 29 août 1997 relatif à la fabrication et au commerce des denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou des préparations de plantes. Tout doit être fabriqué en laboratoire, soumis aux exigences du Ministère de la Santé puis approuvé. Il faut savoir que même si une plante est dotée d’une vertu principale, elle peut cependant avoir bien d’autres effets. Nous avons déjà pu observer des cas d’hospitalisation suite à l’absorption de plantes chinoises. Ce qui a naturellement entraîné une réglementation plus rigoureuse de la part de l’Etat. Il s’agit d’utiliser les plantes avec précaution. 

Comment envisagez-vous l’évolution du secteur?

Je suis régulièrement des formations, données par les fabricants. Je suis également informée des nouveaux produits mais aussi des découvertes de nouveaux effets de telle ou telle plante que l’on connaissait moins bien. Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à travailler avec les plantes locales car on connait mieux leurs effets secondaires. 

Quelles sont les qualités d’un bon herboriste?

Être à l’écoute des gens et savoir poser les bonnes questions afin d’avoir une idée précise de la souffrance qui les accable. Et bien connaître les plantes et leurs propriétés, car certaines ne sont pas sans danger ! 

Que conseilleriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans la profession ? 

Qu’il faut être motivé car même s’il existe une formation, il faut quand même apprendre beaucoup par soi-même. Aller faire des stages dans des magasins spécialisés. Ne pas hésiter à se diversifier, s’ouvrir à d’autres produits naturels. A titre personnel, je ne pourrais pas vivre uniquement du secteur de l’herboristerie. 

Quels sont les avantages et les inconvénients à pratiquer ce métier ?

L’inconvénient majeur est sans doute que n’importe qui peut ouvrir un magasin d’herboristerie sans avoir nécessairement suivi de formation. Ce qui peut nous occasionner certains préjudices. Et puis, comme tout commerce, nous devons être disponibles 6 jours sur 7 et accepter des horaires particulièrement chargés. L’avantage est de pratiquer un métier passionnant, on prend soin de la santé et du bien-être des gens et ils nous en sont reconnaissants !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.