Bernard Van Damme,
Veilleur en Ligne - Directeur Général

Créée en 1995, la société Cyberfood - bientôt NBS comme Network Business Solutions - est spécialisée dans les services Internet (création, maintenance et hébergement de sites) et propose des conseils informatiques et des formations à destination des entreprises clientes. En plus de ces activités Web classiques, NBS propose un service de veille technologique et commerciale. Rencontre avec Bernard Van Damme, gérant et administrateur principal.

Pourriez-vous présenter brièvement votre société ? (pôles d'activités, organigramme)

Nous mettons à disposition de nos clients une équipe d'experts spécialisés dans la recherche sur Internet, dans l'exploitation rationnelle et systématique des outils de recherche, des derniers agents intelligents (logiciels performants pour des opérations exigeantes et pointues) et dans l'utilisation des différents moyens de communication présents sur l'Internet (Newsgroups, e-mail, ICQ, ...). Nous mettons en place une stratégie proactive pour maximaliser les sources d'informations et l'acquisition de données pertinentes et efficaces pour l'entreprise. Nous renseignons ainsi nos clients sur un marché national, une entreprise concurrente, des fournisseurs, une technologie, un brevet, des données juridiques ou des informations économiques.

En quoi consiste la veille technologique et quelle place occupe-t-elle sur le marché de l'emploi belge ?

Tous les grands dirigeants d'entreprises s'accordent pour dire qu'Internet représente une richesse d'informations sans équivalent dans l'histoire de l'humanité. Le réseau constitue un véritable accélérateur pour l'intelligence stratégique. Cependant, quiconque s'aventure sur Internet constate que la recherche d'informations n'est guère aisée. Les données souhaitées sont disséminées au hasard. Internet est un système ouvert au développement anarchique. Pour s'y retrouver, il faut donc du temps et une connaissance approfondie de la manière dont le réseau est constitué. De plus, l'information n'est pas toujours fiable. Internet est un canal d'information mais aussi de contre-information.

La veille technologique et commerciale sur Internet est une activité professionnelle neuve en Belgique. Peu d'entreprises belges recourent à ce type de services. On peut même parler d'un sérieux retard de notre pays dans ce domaine, par rapport à nos voisins, notamment français. Il y a donc encore un énorme travail à réaliser en terme de reconnaissance voire de visibilité. Et pourtant, même les PME ont intérêt à faire appel à nosservices, notamment pour gagner des parts de marché.

Quels sont vos parcours scolaire et professionnel ?

J'ai fait des études en sciences économiques. Ensuite, j'ai travaillé pendant une dizaine d'années dans la production audiovisuelle. J'ai découvert le monde informatique en tant que simple utilisateur de PC et je me suis pris de passion pour cet outil. D'autre part, j'ai découvert la similitude entre mon ancienne profession de producteur de films et le métier de producteur de sites Web. Ma formation universitaire m'a permis de développer une vision généraliste des choses (économie, matières juridiques, sciences, géographie, histoire, ...) et m'aide beaucoup dans ce nouveau travail de fournitures de renseignements par Internet.

Quel est le profil idéal du veilleur en ligne ?

Avant tout, un veilleur en ligne doit avoir une grande culture générale, une faculté d'ouverture et de la curiosité d'esprit. Les meilleurs veilleurs devraient, à mon avis, se recruter parmi les diplômés en journalisme, histoire ou sciences économiques. Au travers de leur cursus, ces personnes se sont familiarisées avec les techniques de recherche et d'investigation. Une expérience en entreprise est sans conteste un plus pour bien appréhender la réalité du métier. Pour obtenir des résultats, un veilleur doit s'intéresser activement à l'actualité économique, sociale, culturelle ou politique, avoir un esprit rationnel développé et bien structuré. Il faut aussi être volontaire et persévérant.

Pourriez-vous nous donner une échelle de rémunération quant à cette fonction ?

Etant donné qu'il s'agit d'une nouvelle activité, il est difficile de définir une grille salariale. Pour le moment, il faut concevoir cette activité comme complémentaire à une offre de services Internet globale. Par analogie à des activités de journalisme, on pourrait se référer à des rémunérations équivalentes à cette profession.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait se lancer dans la veille en ligne ?

Actuellement, il est difficile de se lancer seul dans ce métier. Un jeune qui voudrait en faire une profession devrait tout d'abord contacter des sociétés qui fournissent des services informatiques en ligne et proposer à ces dernières de mettre en place un service complémentaire de veille à destination de leurs clients. Une autre possibilité consiste à se faire engager par les grandes sociétés qui possèdent un service de veille interne, mais elles sont rares.

Quelles sont les perspectives d'avenir du secteur de la veille technologique ?

Pour l'instant, sa place est quasi inexistante, mais le potentiel est énorme. Avec l'ouverture des marchés, la concurrence accrue, l'arrivée de nouveaux compétiteurs internationaux, les entreprises vont comprendre l'intérêt qu'elles ont à recourir aux services de veille. Les PME ne pouvant souvent pas se permettre financièrement de payer des collaborateurs directs auront recours à de l'outsourcing. Aujourd'hui, les entreprises ne peuvent plus se permettre d'avancer à tâtons.

La guerre froide avait fait la popularité des services pourtant discrets de renseignements militaires (James Bond 007 en est le meilleur exemple). Aujourd'hui, le monde du renseignement s'est déplacé vers la sphère privée des entreprises. Même si on met de côté l'information "noire", secrète et interdite d'accès, la fourniture d'information grise et blanche (totalement accessible et visible pour cette dernière) suffit déjà pour qu'une entreprise qui "sait", se distingue économiquement d'une société qui ne "sait pas" ou pas encore.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.