Bocage,
Gérant société panneaux photovoltaïques

Interview réalisée en avril 2008

M. BOCAGE  est gérant d’une société d’installation de panneaux photovoltaïques : Albedo Solar

Depuis combien de temps exercez-vous votre profession ?

Je suis responsable de cette société d’installation de panneaux photovoltaïques depuis maintenant quelques mois, mais je travaille dans le domaine des énergies renouvelables de manière générale (thermique, géothermique...) depuis plus de quatre ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

L’activité principale de la société, c’est l’installation de panneaux photovoltaïques auprès des particuliers, des entreprises et des collectivités. Mes responsabilités au sein de l’entreprise sont multiples. Je supervise la totalité des activités, du premier contact - qui peut être une simple demande d’information - jusqu’à l’installation, tout autant que les études et la préparation des dossiers de demande de primes. La seule activité que je délègue à nos équipes de placement, est l’installation proprement dite des panneaux et des composants du système. Donc, je gère l’aspect commercial pour les contacts clients, les devis, les réponses aux questions et les conseils… Je gère également l’aspect logistique pour toute l’organisation des chantiers, la planification des étapes et des équipes de travail, les commandes du matériel… Mais je réalise également les études de faisabilité, de rentabilité et de dimensionnement avant chaque projet. Lorsqu’un client potentiel introduit une demande, je me rends toujours sur site pour disposer des renseignements les plus fiables et, de ce fait, pouvoir le conseiller au mieux en fonction de ses besoins et contraintes. Sur place, je vérifie différents éléments : les zones d’ombrage, l’influence du vent, la structure portante… Une fois cette investigation réalisée, je rends au client une offre qui inclut les fiches techniques des composants, un descriptif de la technique de pose, les remarques importantes dont il doit tenir compte et un calcul de rentabilité. Lorsqu’un chantier débute, je m’y rends pour la mise en route et pour la réception. S’il dure plusieurs jours, je passe régulièrement. Cela renforce la confiance du client et permet de palier toute surprise éventuelle.

Quelles sont, à votre avis, les qualités personnelles et les compétences attendues dans ce domaine professionnel ?

Une bonne organisation est essentielle car il faut planifier et organiser les différentes étapes jusqu’à l’aboutissement des différents chantiers. Il faut avoir une bonne connaissance du marché, des technologies et des règlementations qui existent. Il faut également avoir des compétences techniques dans le bâtiment car il faut réaliser des études de faisabilité : savoir si la toiture supportera les panneaux (surcharge et prise aux vents), respecter les règlementations en électricité… Il faut avoir également une bonne capacité d’analyse de la situation : être capable d’évaluer toutes les composantes qui pourraient influencer le placementdu système, comme les accès, les obstacles, etc.

Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de ce type d’activité ?

Il y a des avantages personnels et professionnels : dans les deux cas, j’aime travailler dans un domaine très valorisant et en plein développement. On ne connaît pas de crise, il faut davantage gérer l’abondance que le contraire ! Cela dit, il y a un inconvénient, lié aux avantages fiscaux du secteur et qui rend notre activité très saisonnière. Les clients qui désirent bénéficier d’une rentabilité maximum peuvent, sous certaines conditions, obtenir un double remboursement fiscal. C’est donc en fin d’année ou en début d’année que notre planningd’installation est le plus chargé.

Quel est l’horaire de travail ?

C’est un horaire variable et certains jours je ne me limite certainement pas à 8 heures de travail ! Mais ça, c’est valable pour toute activité motivante et passionnante. On doit s’adapter aux demandes des clients qui ne sont parfois libres qu’en soirée. Il est certain qu’on travaille parfois jusqu’à 19h/20h et surtout tout au long des beaux jours où il fait clair plus longtemps (au moins huit mois par an). J’ai peu de travail le week-end sauf lorsqu’il y a des activités de promotion : les salons, les portes ouvertes, les visites de fabricants...

Comment décririez-vous le milieu de travail ?

Sur 5 jours de travail, il y a au moins 3 jours et demi où je suis sur le terrain. Le reste du temps, je le passe au bureau pour la rédaction des rapports d’étude de faisabilité et des offres, la gestion des demandes, l’organisation des rendez-vous, la réponse aux demandes d’informations par mail ou par téléphone…Heureusement, nous ne devons pas encore développer un travail de prospectionde clients car c’est le client qui vient à nous.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai fait des études techniques. Dans mon cas, on peut dire que j’ai débuté par la première marche pour gravir l’escalier pas à pas. En fait, j’ai commencé à travailler à 15 ans en contrat d’apprentissage en électricité du bâtiment, pendant 3 ans. Ensuite, tout en travaillant le jour, j’ai suivi une formation de deux années en cours du soir pour obtenir l’accès à la profession. Tout au long de ma carrière, j’ai suivi pas mal de formations internes (pompe à chaleur, électricité, brevet CEDICOL en réglage de brûleur, régulation…) et j’ai énormément appris par l’expérience, les rencontres, les opportunités, par le travail de terrainet grâce à ma curiosité naturelle.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après mon contrat d’apprentissage, j’ai travaillé dans un hôpital comme ouvrier d’entretien technique du bâtiment. Ensuite, pendant quelques années, j’étais associé dans une entreprise de rénovation des bâtiments dans la région bruxelloise. Ensuite, j’ai travaillé comme technico-commercial pendant une dizaine d’années pour une entreprise active dans le domaine de la cuisine équipée jusqu’au moment où j’ai créé ma propre entreprise. Après quelques années, suite à mon divorce, j’ai repris mon activité d’électricien que j’ai exercée jusqu’en 2002. J’ai été contraint de m’arrêter pendant deux ans suite à des problèmes de santé. Il y a quatre ans, j’ai repris mes activités professionnelles comme représentant technico-commercial dans une entreprise présente dans le domaine des énergies renouvelables depuis 1987, et petit à petit, j’ai gravi tous les échelons pour devenir responsable de la structure wallonne. Malheureusement, la filiale wallonne de cette société a été dissoute au début de l’année. J’ai trouvé deux investisseurs et, en avril 2008, nous avons créé une nouvelle structure d’installations de panneaux photovoltaïques : Albedo Solar dont je suis le directeur.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Dans notre domaine d’activité, ce qui manque le plus c’est le personnel qualifié pour réaliser les installations. Il existe quelques centres de formations complémentaires et notamment le CEFORTEC et le FOREM, mais pas de véritable filière formant à tous les aspects du métier. Même si les formations dispensées par ces centres sont de qualité, elles ne font que survoler le métier. Je pense que pour un jeune dynamique, qui n’a pas peur de travailler et qui veut se former soit comme couvreur, soit comme électricien, il y a de la place et de l’avenir pour lui dans le domaine photovoltaïque ! Je dirais même que toute personne disposant déjà de quelques compétences comme couvreur et qui possède quelques bases en électricité peut prétendre dès à présent à une place dans le domaine. On manque d’installateurs compétents.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ? 

Il doit obligatoirement se documenter et s’informer sur les différents aspects de notre domaine d’activité : techniques, réglementations, contraintes, technologies, acteurs, etc. Ensuite, tout dépend de son niveau de formation. Je conseillerais de toute évidence de suivre une formation complémentaire. 

S’il veut se lancer comme indépendant, je lui conseillerais de prendre contact avec les entreprises qui commercialisent ce genre de produits. 

S’il veut exercer le métier d’installateur, il faut qu’il envoie son CV à toutes les entreprises d’installations. Les qualités requises sont au minimum : la rigueur, la ponctualité, la flexibilité, le sens des responsabilités, la créativité. Il faut aussi une bonne santé physique : un module pèse entre 18 et 25 kg et se place parfois à plus de 15 mètres de hauteur. Un jeune qui a la volonté d’apprendre le métier d’installateur de systèmes photovoltaïques, qui dispose de toutes ces qualités et qui actuellement n’a pas d’autre compétence, aura la possibilité d’apprendre et de se former sur le terrain. Il commencera toujours par des tâches simples et, petit à petit, en fonction de sa capacité de progression, il aura de plus en plus de responsabilités, et avec le temps, de plus en plus d’expérience.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.