Cécile de Forton,
Journaliste mode et beauté pour le magazine Flair

Interview réalisée en juillet 2014

Quel est votre parcours scolaire, professionnel ?

J’ai étudié le journalisme à l’ULB et ai effectué une année de spécialisation en communication stratégique, commerciale et internationale à l’IHECS. Pendant mes études à l’ULB, j’ai eu l’opportunité de réaliser deux stages : un au Courrier de l’Escaut pour lequel j’écrivais des articles et un autre pour la radio BFM où je faisais des reportages radio. À l'époque, je ne savais pas si j’avais envie de faire du journalisme, mon métier. J’étais hésitante. Dans le cadre de mon année supplémentaire, j’ai fait un stage chez EF Education qui organise des séjours linguistiques à l’étranger. J’y ai travaillé pendant 3 ans.

J’ai ensuite voulu me rapprocher de l’écriture et j’ai trouvé un job en tant qu’assistante de communication dans un cabinet de lobby européen. J’y suis restée 6 mois. Par après, j’ai réfléchi à ce que j’avais vraiment envie de faire. J’ai petit à petit recommencé à écrire, notamment des piges, pour différents journaux et magazines. Ça me plaisait beaucoup et ça m’a permis de constituer un portefeuille de clients.

Mon mémoire avait pour sujet les magazines féminins et donc, j’ai commencé à envoyer mon CV à différents magazines, et j’ai notamment contacté Flair. J’y ai d’abord été engagée pour travailler au niveau de la rédaction finale (relecture des articles, modification des titres, pour que tout soit parfait à l'impression). Depuis juin 2013, je suis en charge des rubriques mode et beauté.

En quoi consiste concrètement le métier de journaliste de mode ?

Nous dépendons beaucoup de l’édition flamande donc, je fais beaucoup d’adaptations d’articles au marché francophone. Chaque semaine, j’ai plusieurs pages/rubriques destinées à la mode et à la beauté. Je reçois des communiqués de presse avec les nouveautés mais je suis aussi très à l’affût des tendances que je vois dans les défilés, dans d’autres magazines, dans la rue, etc. Il faut rechercher des infos en accord avec la ligne directrice du magazine. Notre objectif est de donner une info pratique, accessible aux lectrices. Elles doivent pouvoir s’approprier facilement les produits mis en avant.

À côté de la recherche d’informations, beaucoup de marques sont représentées par des agences de presse qui envoient régulièrement des communiqués de presse, qui viennent jusqu’à la rédaction pour nous les présenter ou qui organisent des journées presse destinées à faire découvrir les nouvelles collections. Ces journées sont organisées deux fois par an (pour la collection automne/hiver et celle de printemps/été). Après la recherche, vient la rédaction pour laquelle il faut respecter certains cadres (certaines rubriques reviennent chaque semaine). Il faut aussi illustrer ses propos et pour cela, nous avons des contacts avec des agences de presse ou les marques pour obtenir les visuels.

Je coordonne aussi les shootings Avant/Après qui consistent à relooker une lectrice. Je réserve alors la maquilleuse, la styliste, le photographe, je choisis les lectrices à relooker et le lieu du shooting. C’est un véritable travail d’équipe mais il est très important de coordonner l’ensemble pour que cela garde du sens par rapport au style du magazine.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Parmi les avantages, je dirais qu’il s’agit d’un métier créatif, dans lequel on se renouvelle sans cesse et qui nécessite d’être curieux, ouvert sur le monde. Il n’y a pas de routine, on doit relever de nouveaux challenges et c’est ce qui me plait. Je peux aussi bénéficier d’une certaine flexibilité d’un point de vue horaire car en tant que freelance, je possède un ordinateur de la société, ce qui me permet de travailler deux jours par semaine de chez moi et de me rendre le reste du temps à la rédaction. Et puis, bien sûr, nous recevons des avantages comme des produits à tester en avant-première, des invitations pour des événements, etc. Mais il faut rester prudent avec ces avantages car nous devons respecter la déontologie propre à notre métier de journaliste. Il s’agit de se fixer des limites et de toujours garder à l’esprit que cela doit servir le magazine avant tout ! Notre but? Informer et pas promouvoir !

Dans les inconvénients, je citerais le manque de sécurité de l’emploi. Les journalistes n’ont généralement pas de contrats fixes dans le métier et les contrats à durée indéterminée sont rares. Le salaire n’est pas très élevé non plus.

Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables à posséder pour être journaliste mode ?

Il faut un intérêt pour la mode, un sens inné pour combiner des vêtements, repérer les tendances, etc. Il faut aussi des qualités rédactionnelles et un sens critique.  

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait exercer ce métier ?

Le métier de journaliste n’est pas un métier facile. Le secteur doit faire face à une mutation importante, notamment avec le Web. Il faut pouvoir s’adapter. Etre persévérant, ne pas baisser les bras et toujours rester en alerte.

Le manque de sécurité de l’emploi ne doit pas être un frein à cette vocation. L’important est surtout de s’épanouir dans ce que l’on fait. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.