Cécile Desquesnes,
Institutrice dans un hôpital

Interview d'un membre enseignant de l'école dans l'hôpital Ambroise Paré de Mons

Pourquoi une école dans un hôpital ?

Nous accueillons des enfants à partir de deux ans et demi jusque 15 ans. Le but de cette initiative est d'éviter tout retard scolaire et de rendre au jeune son statut d'élève. Certains élèves arrivent avec leur cours et nous les travaillons. Pour des séjours plus courts, nous développons le contenu en fonction de notre expérience. En permettant à l'élève de poursuivre le programme des activités scolaires et d'éviter l'échec scolaire.
Le but est également de minimiser au mieux le traumatisme lié à l'entrée en hôpital et de veiller au confort de la vie quotidienne en parallèle avec les moments de soins et de scolarité (les soins restant prioritaires). En effet, une modification du cadre de vie s'accompagne toujours de troubles émotifs, surtout chez les enfants. C'est pourquoi l'action éducative poursuivie par "l'école à hôpital" offre au jeune un endroit où il peut expérimenter des domaines d'apprentissage tout en le détournant de ses soucis de santé

Comment est organisée votre école ?

Nous avons des classes avec des enfants de maternelle et de primaire. Le matin nous nous concentrons sur le travail scolaire. L'après midi est consacré à des activités plus ludiques tels des jeux de société, de la décoration, du bricolages, etc.
Mais nous travaillons bien souvent individuellement étant donné que les enfants sont dans des classes différentes présentant un âge différent . Nous allons aussi dans les chambres quand ils ne savent pas se déplacer où qu'ils sont en salle d'isolement. Bien entendu, aucun travail n'est entrepris sans avoir reçu l'accord du médecin qui le soigne.
Tous les matins, nous allons voir les enfants et leur parents qui sont arrivé, nous leur expliquons notre rôle et notre manière de faire.
L'école est ouverte cinq jours par semaine et suit les congés annuels comme ceux rencontrés pour une école traditionnelle.
Il y a une réunion chaque semaine pour chaque enfant, nous pouvons apporter des éléments que d'autres médecins n'ont pas recueillis. C'est un grand travail d'équipe

Quelles formations avez-vous suivies ?

J'ai obtenu mon diplôme d'institutrice primaire

N'est-il pas trop difficile de s'adapter à des enfants malades ?

Non, c'est aussi ce qui fait la richesse de notre métier.

Quelles sont les matières enseignées ?

Souvent nous avons un contact par les parents. Nous téléphonons aux écoles auprès desquelles la scolarité était suivie par les enfants. Cci nous permet d'identifier les problèmes scolaires de l'enfant s'il en a, ce qu'il faut aborder ou renforcer comme sujet. Une fois l'enfant sorti de l'hôpital, nous reprenons contact avec l'école pour savoir s'il est bien rentré et si nous avons pu aider à réduire le retard.

Quels sont les savoir-faire indispensables à cette profession ?

On dépend du certificat d'enseignement spécial de " type 5 " (enfant malade)
Nous dépendons également du "Clair logis" qui envoie ces enseignants dans la région.
Nous devons posséder quelques connaissances sur les maladies, les techniques thérapeutiques.
Nous devons faire preuve de beaucoup de patience et d'écoute. En effet, les enfants dont nous nous occupons sont gravement malades.
Enfin, il faut savoir s'adapter aux potentielles et aux capacités fluctuantes des élèves.

Quels sont les aspects les plus attrayants ?

Chaque enfant, même s'il ne reste pas longtemps est un enrichissement. Nous ne savons jamais à l'avance le nombre d'élèves que nous allons avoir, chaque jour on découvre une nouvelle classe.
Le témoignage des parents qui nous remercie, les enfants qui viennent nous revoir sont aussi des moments très touchants.

Quels sont les aspects les moins attrayants ?

Il faut s'adapter aux situations, à l'horaire des examens médicaux que les enfants doivent passer il s'agit là d'une priorité. Mais ce n'est pas toujours évident

Le départ des enfants est-il difficile à gérer ?

Bien sur, des fois, quand des enfants restent plus longtemps, nous avons une petite larme, mais nous savons que s'ils partent, c'est qu'ils sont guéris et cela nous réjouit

A quoi devez-vous être attentif ?

Il faut savoir qu'il est indispensable d'être disponible et avoir le contact facile face à autrui.
Il faut aussi avoir beaucoup d'imagination et savoir s'adapter à chaque enfant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.