Charlotte Jacquet,
Directrice de communication

Interview réalisée en juillet 2008

Charlotte Jacquet est directrice de communication au manège.mons.

Quelle est votre formation scolaire ?

J’ai suivi des humanités latines, Latin - Math et puis Latin- Langues, au Collège Notre Dame de Bon Secours à Binche. Ensuite, je suis allée à l’UCL où j’ai fait les romanes, orientation littérature, pendant 4 ans. Et puis j’ai commencé un DEC en littérature italienne mais je ne l’ai pas terminé car j’ai trouvé du boulot entre temps. Je n’ai donc pas de formation en communication au départ.

Racontez nous votre parcours professionnel…

Ah, c’est une belle histoire ! Je terminais mon DEC et je cherchais un job d'étudiant pour partir en Thaïlande avec une copine. Je suis allée me renseigner au manège. mons qui organisait déjà le « Festival au Carré » pour voir s’ils ne cherchaient pas une étudiante pendant le festival. Je suis arrivée avec mon CV mais malheureusement ils ne cherchaient que des bénévoles. Par contre, au sein du festival, il y avait un restaurant. Je leur ai demandé s’ils n’engageaient pas de serveuse et il se trouve qu’ils étaient débordés, donc ils m’ont engagée ! Je faisais la plonge, le service,etc. De fil en aiguille, après 15 jours, j’ai fait connaissance avec les membres de l’équipe du manège et à la fin du festival, le directeur du manège.mons m’a proposé un poste de communication et je me suis lancée même si, au départ, je voulais devenir prof de français !

Vous n’avez donc pas vraiment choisi cette voie ?

Disons qu’en tant que romaniste, je suis attirée par la littérature, par la culture, les arts vivants, etc. mais c’est vrai que cette rencontre a été le fruit du hasard puisque j’étais destinée à devenir prof de français.

Quelles sont les activités proposées par le manège.mons ?

Le manège est un centre culturel plutôt atypique. Il est associé dans le cadre d'un partenariat très étroit avec le Manège, scène nationale de Maubeuge, et constitue avec lui une plate-forme originale de création et de diffusion transfrontalières unique en Europe. Nous avons une programmation commune, un système de bus qui relient les deux villes, une politique tarifaire commune, un système de réservation qui permet de réserver à Mons ou à Maubeuge. C’est vraiment un échange entre les deux villes. C'est ainsi que le manège.mons regroupe un centre de création théâtrale, un centre de production de musique contemporaine, un centre d'écritures et de formation numérique, une masion folie et un centre de diffusion des pratiques multiples des arts de la scène. Ces sont ces quatre « familles » qui font le manège.mons. Les spectacles produits par ces secteurs sont diffusés dans trois espaces distincts : le Théâtre Royal, le Théâtre Le Manège et La Maison Folie. Il y a aussi le Carré des arts qui n’est pas un lieu artistique mais qui reçoit le « Festival au Carré » en été. Le tout dessine un parcours culturel au sein de la ville de Mons.

Qu’est ce qui vous plait dans le secteur culturel ?

C’est un secteur excessivement vivant, on côtoie un milieu très vivace, très diversifié. J’aime le contact avec les artistes et le milieu artistique évidemment, mais j’aime aussi le fait que la culture soit un centre nerveux qui réunit aussi les écoles, les entreprises, la presse, le milieu politique… La culture a un caractère rassembleur par rapport aux gens, elle fait partie de la vie de tout un chacun même si tout le monde n’y adhère pas de la même façon. Donc, travailler dans le domaine de la culture me permet de toucher à beaucoup de choses, de milieux, de gens, ça a un côté passionnant. Par rapport à mon travail au sein de la communication, il y a un côté innovant, dynamique et un sens du défi qui me plait beaucoup.

En quoi consiste votre travail ?

Au départ, j’ai été engagée en tant qu’attachée de presse. Je devais établir le lien entre ce qui se passe au Centre culturel et les médias, annoncer sur le plan local, national, à la presse télé, radio, etc. Bref, je devais faire en sorte qu’on ait une visibilité dans les médias. Je rédige donc des communiqués et des dossiers de presse, j’organise des conférences de presse, je propose des sujets aux journalistes, etc. Depuis quelques mois, on m’a proposé de reprendre l’équipe de communication en plus de mon travail avec la presse. Mon rôle est de centraliser les différents secteurs et faire en sorte qu’il y ait une communication unifiée, notamment via une politique graphique commune. Je dois donc gérer tout ce qui est communication visuelle (affiches, tracts, brochures, etc) et l’équipe. En ce qui concerne la partie « relations publiques », « relations au public », l’équipe est divisée selon le public : enseignement secondaire et supérieur, entreprises, associations, seniors. On essaie de favoriser ces publics, de les fidéliser et donc, de favoriser l’accès à la culture à un plus grand nombre.

Comment annoncez-vous un événement ? Quelles sont les différentes étapes ? Par quels canaux passez-vous ?

Il faut avant tout établir un plan de communication, c'est-à-dire déterminer toutes les actions qui vont être lancées afin d'informer le public de tel ou tel spectacle. Déterminer le nombre de pavés publicitaires achetés, le nombre de spots télé, les affiches, les tracts, les visites dans les écoles, les entreprises, etc. de manière à ce que l’événement soit relayé en permanence jusqu’au jour J. Il s’agit d’un travail par étapes, avec la mise en place d’un échéancier.

Qu’est ce que vous aimez le plus dans votre travail ? Le moins ?

Ce que j’aime le plus dans mon travail c’est la diversité dans ce que je fais au quotidien. Mon travail est différent tous les jours et je touche à tout, c’est ça qui est passionnant. Par contre, tout ce côté positif demande énormément d’énergie et de disponibilité. Ce n’est pas toujours évident d’avoir une vie de famille, une vie privée à côté. Mais c’est le prix à payer quand on fait ce qu’on aime !

Quelles difficultés rencontrez-vous ? Quelles seraient les solutions pour y remédier ?

Je dirais que ce n’est pas toujours évident de convaincre les gens. Parfois, on se trouve face à des personnes qui ont certaines idées négatives et préconçues. Mais là est l'essence même de notre travail: convaincre, pousser le public à la découverte, expliquer, donner envie... et petit à petit ça porte ses fruits!

Il s’agit donc véritablement d’un travail d’équipe…

Oui tout à fait. D’un côté, chacun a un rôle bien précis au sein de l’équipe et de l’autre, il y a un côté fédérateur où tout le monde se réunit autour d’un projet.

Quelles sont d’après vous les qualités nécessaires pour exercer cette profession ?

La disponibilité, ça c’est essentiel. Il faut aussi du dynamisme, un sens des relations, du contact, puisque c’est un métier où l’on va vers les gens. Il ne faut pas avoir peur de se mouiller ! Il faut être organisé, pouvoir faire un échéancier, planifier son travail. Avoir un sens du travail en équipe et maîtriser certains outils de mise en page sont des atouts.

Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui voudrait devenir chargé de communication dans une institution culturelle ?

Je crois que travailler dans la culture, tout comme pour beaucoup d’autres métiers, c’est le fruit de rencontres, du hasard qui font qu’on est au bon endroit au bon moment. Quelqu’un qui est motivé, qui vient voir les spectacles, qui s’intéresse à nos activités, qui veut venir travailler en tant que bénévole, aura bien plus de chances de se faire engager. Le meilleur conseil c’est vraiment de s’intéresser, de venir voir les spectacles ou les activités proposées afin de savoir de quoi on parle. Après, je pense aussi que beaucoup de choses s’apprennent sur le terrain. Il faut en vouloir et oser se mouiller.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.