Chiquinquira Garcia, Graphiste

Interview réalisée en juin 2009

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je gère aussi bien l’aspect créatif qu’administratif de mon activité. Dans un premier temps, j’assiste aux réunions où le client m’explique le projet qu’il voudrait développer. Je commence par faire une étude du projet et je prépare une offre de prix avec un planning (le plus détaillé possible). Une fois accepté, je me lance dans la recherche graphique pour répondre au mieux aux besoins et à la personnalité du client. Dans un second temps, vient le processus de création et de production. J’envoie alors au fur et à mesure ce que je fais au client, soit par mail ou encore mieux lors d’une réunion. Lorsqu’on s’est mis d’accord sur tout le projet, je finalise et j’envoie à l’impression. J’essaye dans la plupart des cas, de trouver un imprimeur qui colle aussi au projet. Je le choisis en fonction de son prix et du suivi de son travail. Pour finir, jem’occupe de la facturation du travail.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Avant tout, il faut avoir un esprit créatif et une certaine éducation visuelle. Il faut être ouvert à tout ce qui vient de l’extérieur. En effet, on vit dans un monde extrêmement visuel dans lequel on nous bombarde d’images. Il faut apprendre à recevoir tout ça tout en restant sélectif et cohérent dans sa démarche graphique personnelle. Tout peut être une source d’inspiration…Je dis toujours qu’il faut fonctionner comme des radars !

Parallèlement, il faut être très très rigoureux et bien organisé, autrement dit savoir aussi bien gérer le travail que ses différents plannings. Il faut apprendre à établir ses priorités et toujours respecter les délais. Il ne faut pas oublier que nous faisons partie d’une chaîne, dans laquelle l’imprimeur est la dernière étape. Et donc un retard de notre part peut avoir toute une série de conséquences sur la fabrication duproduit final.

Pour compléter, je dirai qu’il faut être un peu psychologue : savoir écouter le client, observer même la manière dont il a décoré son bureau…ça peut parfois donner des pistes sur ce qu’il attend de vous. 

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Je trouve que c’est un très beau métier ! Il me permet de développer ma créativité, d’avoir une culture de l’image avec laquelle je peux « lire» le monde qui m’entoure. La communication est aussi un aspect primordial. Que ce soit dans un rapport annuel ou une annonce dans un journal, le message doit être clair pour tout le monde. Et je dirais même… beau et harmonieux. L’inconvénient de ce métier c’est le stress. Les délais sont de plus en plus courts. Le graphisme est devenu un objet de consommation rapide. On nous bombarde de flyers, affiches, annonces, images, etc. Du coup, on ne crée plus des impressions qui durent. Elles sont consommées dans le pur style de l’art pop. Cela freine la recherche graphique et empêche de créer des images réellement intéressantes. Parfois çaen devient très frustrant.

Quel est l’horaire de travail ?

En tant qu’indépendante, je n’ai pas d’horaire ! Par exemple, quand je dois créer un logo, j’y pense, matin, midi, soir et même la nuit. Que ce soit sous la douche ou dans le lit, mon esprit travaille sans cesse. Pourmoi, être graphiste est presque un style de vie.

Quelles études avez-vous suivies pour accéder à votre profession ?

J’ai fait mes études en Espagne : une formation artistique à l’Académie des Beaux Arts de Bilbao pendant 5 ans avec spécialisation en graphisme. A côté de cela, je faisais de la peinture et du dessin au centrede reproduction d’oeuvres d’art.

Ensuite, j’ai atterri à Bruxelles et, pendant 2 ans, je me suis inscrite comme élève libre dans l’atelier de Communication Graphique de LaCambre.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Pendant mes études à La Cambre, j’ai fait un stage dans un studio de graphisme. Après, ils m’ont proposé de travailler pour eux, mais en prenant le statut d’indépendante. Depuis presque 3 ans, j’ai mon proprestudio de graphisme.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai toujours aimé ce métier. Depuis toute petite déjà, je demandais comme cadeau des pages de Transfert Letraset. C’était une technique qui permettait de composer des textes avec des typographies différentes. J’ai eu très vite conscience que la vie était faite d’images et de textes. Ça commençait dès le matin avec la bouteille de lait, le paquet de thé, le journal...
Comme je l’ai déjà dit, mon souci était de rendre ce qui m’entourait le plus beau possible. Au-delà du message, l’esthétique est quelque chose d’essentiel pour moi.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

C’est mon métier et je l’adore mais il faut travailler très dur ! Il arrive parfois qu’on puisse avoir une saturation. En effet, ce n’est pas toujours évident d’être obligé de créer de nouvelles choses. La panne de la feuille blanche... ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Mais il ne faut surtout pas se décourager et au contraire, il faut redoublerd’efforts.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Je me rappelle d’un exemple de projet graphique que je considère comme d’utilité publique. J’ai notamment mis en page le cahier pour les analyses cliniques (utilisé par une grande partie des médecins à Bruxelles). Un jour, alors que j’étais moi même chez le médecin, il me prescrit des analyses de sang. A ma grande surprise, il était en train de remplir le formulaire que j’avais créé ! C’est peut-être idiot, mais cejour là j’ai vraiment eu le sentiment que mon métier avait du sens.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.