Christian Carlier, Contremaître

Interview réalisée en juin 2009

Fondée en 1898, la société Floridienne Chimie avait pour vocation première l’exploitation de gisements de phosphate dans la région de Liège et en… Floride ! Située à Ath, elle s’est forgée une réputation internationale dans la production de sels de métaux non ferreux et de stabilisants pour le PVC. Contremaître depuis plus de 30 ans, Christian Carlier évoque pour nous cette profession.

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

J’ai un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur en électronique, obtenu  en 1972 à l’Institut Technique Libre d’Ath. J’ai 55 ans et, depuis 1976, j’exerce la fonction de contremaître chez Floridienne Chimie.

Justement, comment pourrait-on décrire cette fonction ?

Je gère la fabrication des produits stabilisants pour PVC (matières premières, produits finis), à l’instar d’un indépendant qui gère son commerce. Dans cette entreprise, je m’occupe de la transformation du plomb métal en oxyde de plomb pour ensuite fabriquer des stabilisants de base que l’on transforme en produits complexes tels que pastilles, granulés, florstab V, poudre. J’induis vers les autres services les demandes de matières premières, les demandes d’analyses, les demandes d’emballages, les aménagements de délais, les pannes, les améliorations des procédés de fabrication… La gestion des ouvriers (30 à 40) est un des aspects de la fonction : attribution des postes de travail, congés, fonctions, cartes de pointage (AMANO)… Le contrôle des filtres, des rejets atmosphériques est un autre aspect de la fonction. Je participe également à la mise en route par la méthode BAPP (GOLIAT) de réduction drastique des accidents de travail. 

Quelles qualités faut-il réunir pour exercer la profession de contremaître ?

Il est essentiel d’avoir une bonne condition physique, un moral à toute épreuve pour faire face aux difficultés et défis. La sociabilité, l’attention, l’intuition sont des qualités importantes. De plus et correct envers son interlocuteur. C’est une question de crédibilité pour insuffler la confiance. La disponibilité et la proximité sont enfin des atouts non négligeables. 

Quels sont ses avantages et inconvénients ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les avantages sont liés aux contacts humains et au fait d’avoir un but à atteindre et de surmonter les difficultés.
Côté inconvénients, c’est un travail à plein temps, on est constamment rappelables. A tout moment, il peut survenir un problème dans une section, pas forcément celle que je dirige. L’usine ne s’arrête jamais de tourner même si on connaît une période plus calme depuis novembre 2008, suite à la crise mondiale.

Cette profession a-t-elle évolué ces dernières années ? De quelle manière ?

Les produits évoluent en permanence. Progressivement, la production de stabilisants PB diminuera pour passer aux stabilisants CA/ZN et Greenstab.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait exercer le métier de contremaître ?

Le conseil principal que je pourrais donner est que, si vous ne vous sentez pas capable de diriger une équipe d’ouvriers, de collaborateurs, il vaut mieux s’abstenir car il faut une certaine force de caractère pour faire face aux problèmes. Il faut avoir une ligne de conduite et être juste envers les uns et les autres.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.