Christophe Brohet,
Audiologue au sein du Chupmb - Ambroise Paré de Mons

Interview réalisée en juillet 2016

Quelle est votre formation ?

Enseignement général suivi d'un graduat en audiologie à l'Institut Libre Marie Haps (1994) (actuellement Haute Ecole Léonard de Vinci).

Pourriez-vous retracer brièvement votre parcours professionnel ?

J'ai commencé ma carrière à l’hôpital Erasme à Bruxelles en août 1994 en tant qu'audiologue-audicien jusqu'en septembre 2009, date à laquelle j'ai rejoint le CHUPMB en tant qu'audiologue.

Vous vous définissez comme étant à la fois audiologue et audicien. Pouvez-vous expliquer en quelques mots ce qui distingue ces professions ?

En effet la formation de l'Institut Libre Marie Haps nous permet de pratiquer les deux branches de la profession. Celle d'audiologue qui consiste au versant diagnostique de l'audition et de l'équilibre (audiométrie, tests vestibulaires, mesures électrophysiologiques...) et celle d'audicien qui consiste à la correction (appareillage auditif, implant, moyens d'aide à la communication) et la rééducation de la déficience auditive ainsi que la prévention pour la protection contre le bruit.

Concrètement, en quoi consiste votre travail au quotidien ? Comment s’organise-t-il ?

En milieu hospitalier, ma journée commence par le dépistage auditif des nouveau-nés. Le test est réalisé directement en chambre à la maternité.

Le reste de la journée est occupé par la réalisation des différents tests d'audition ainsi que d'équilibre. Ces tests sont soit réalisés directement pendant la consultation du médecin ORL (audiométrie, impédancemétrie, tests d'allergie, etc.) soit sur rendez-vous pour les actes techniques plus longs (testing d'équilibre, mesures électrophysiologiques, testing pédiatrique, etc.)

D’après vous, quelles sont les qualités requises pour exercer les métiers d’audiologue et d’audicien ?

Pour le métier d'audiologue, les médecins avec qui nous travaillons nous font confiance afin d'établir leur diagnostic. Il faut donc être précis et très attentif aux détails. La communication est extrêmement importante entre le corps médical et nous.

Concernant le métier d'audicien, le contact avec le patient et l'empathie sont primordiaux. Il est important de bien cerner les besoins et attentes du patient (et de l'entourage parfois). Le port d'un appareillage auditif n'est pas une étape facile pour le patient et celui-ci a besoin d'être accompagné tant sur le plan technique (utilisation, nettoyage, etc.) que sur le plan psychologique du vivre avec un appareillage.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans votre métier ?

En tant qu'audiologue, la principale difficulté est de proposer des délais suffisamment courts pour la réalisation des tests complémentaires (vertige, pédiatrie, etc.). En effet, étant seul audiologue dans le service orl du CHUPMB, les délais peuvent parfois être assez longs.

Vous travaillez au sein d’une équipe pluridisciplinaire.  Quelles sont les missions des autres professionnels avec lesquels vous collaborez ?

Chaque discipline, à son niveau, participe à l'établissement du diagnostic (kinésithérapeutes, infirmiers, logopèdes, médecins ORL, neurologues, pédiatres, gériatres, etc.). C'est vraiment un travail inter-équipe au quotidien.

Quelles sont vos conditions de travail ?

Je travaille dans de bonnes conditions grâce à du très bon matériel, ce qui est indispensable pour la réalisation de notre métier. Les journées sont bien remplies et assez longues (urgences) mais toujours diversifiées et enrichissantes.

Selon vous, est-ce important de continuer à se former ?

C'est impératif tant pour ce qui est de l'aspect clinique que celui prothétique ! La physiologie et les pathologies sont de mieux en mieux comprises donc les tests ainsi que le matériel évoluent très rapidement. La mise à jour des connaissances est donc obligatoire.

Pour ce qui est de l'adaptation prothétique, les progrès de l'électronique sont exponentiels ce qui entraine une très rapide évolution des prothèses qui collent de plus en plus au fonctionnement naturel de l'oreille parfaite.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui a envie de se lancer dans le métier d’audiologue ?

C'est un métier qui mélange parfaitement le côté technique et le côté médical, tout en gardant un contact humain important avec le patient. L'Institut Libre Marie Haps propose une excellente formation, très complète à tous niveaux. Beaucoup de professeurs sont d'ailleurs des professionnels encore en fonction (audiologues et audiciens).

Il y a une grosse demande dans le milieu hospitalier ainsi que dans les firmes d'appareillage auditif.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.