Christophe Dauchot,
Agent de police au sein de la police locale de La Louvière

Interview réalisée en mai 2018

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’entrer à la police ?

Devenir policier est tout simplement un rêve de petit garçon et j’ai tout fait pour le réaliser.

L’agent de police possède « une compétence policière limitée » (pas de compétence judiciaire), pouvez-vous dire en quoi consiste exactement ses principales missions sur le terrain ? 

Pour comprendre cela, il faut retourner un peu en arrière. Au départ, dans les années ‘80, ce grade portait la dénomination d’« Agent Auxiliaire de police ». Nous avions un uniforme de couleur différent (bleu foncé) et nos compétences étaient plus que limitées, à savoir :

  • Faire la circulation dans les carrefours et aux abords des écoles
  • Vérifier des stationnements payants (horodateur) et à durée limitée (Zone bleue) 
  • Dans certaines zones, enseigner la sécurité routière dans les écoles primaires

Nous faisions partie de la police locale et ce grade n’existait pas à la gendarmerie. Nous étions équipés d’un « Pepper Spray » et d’une radio.

Par la suite, lors de la réforme, nous sommes devenus des « Agents de police ». Notre uniforme est devenu le même que celui des autres policiers et notre équipement a été complété par une paire de menottes. Le grade d'agent de police existe à la police fédérale, mais leur nombre est minime. Il est à remarquer qu’il est en voie d’extinction.

Nos compétences ont été élargies et sont reprises dans un arrêté ministériel que l’on appelle « GPI52 ». En gros, nous sommes compétents pour tout ce qui touche à la circulation routière (accident, contrôle alcool, contrôle stupéfiant au volant, circulation, etc.).

Depuis plusieurs années, je me suis battu, avec l’aide de mon syndicat (je suis délégué) et de mes collègues, afin que nous soyons armés. En effet, une étude de la police fédérale de 2004 démontrait que les policiers les plus souvent confrontés à la violence verbale et physique du citoyen sont les agents de police.

Malheureusement, il a fallu attendre les attentats de Paris pour faire accélérer les choses et le 4 octobre 2016, plusieurs Arrêté Royaux et lois nous ont permis d’être dotés d’une arme de poing (Glock) et d’un bâton télescopique.

Toutefois, notre statut, lui, n’a pas été modifié. Nous ne sommes toujours pas reconnus comme « Fonctionnaire de police », raison pour laquelle nous ne pouvons pas intervenir sur des missions judiciaires, telles que des vols, des agressions, des bagarres, etc. Et ce, même si, dans certaines zones de police, on demande à des agents de renforcer les inspecteurs de police.

Pouvez-vous dresser une journée « type » de travail ?

Une journée type n’existe pas à la police, cela change chaque jour, chaque minute.

En général, en début de journée, l’agent de police participe à un petit briefing au sein de son service, ce qui lui permet de savoir si un évènement spécial s’est déroulé durant la nuit ou est prévu durant la journée.

Ensuite, il prend la route. S’il ne se passe rien, il fera la circulation aux abords des écoles et dans les carrefours pour qu’elle reste le plus fluide possible. Il reste constamment à l’écoute de son dispatching qui lui communiquera les différentes missions à effectuer. Durant sa pause, il pourra également effectuer des contrôles routiers. Certains agents sont aussi chargés d’accueillir les citoyens dans un commissariat : ils dirigeront la personne vers un collègue ou pourront aussi rédiger des documents administratifs, comme, par exemple, une déclaration de perte d’un permis de conduire.

Etes-vous entré à la police directement après vos études ?

Je ne suis pas rentré directement à la police, car, à l’époque, il fallait attendre que des places s’ouvrent. Aussi, j’ai voulu continuer mes études afin de pouvoir me retourner si je n’arrivais pas à intégrer la police. Pendant cette attente, j’ai beaucoup travaillé pour des sociétés d’intérim, ce qui m’a apporté une certaine expérience professionnelle

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail ?

La diversité du travail, le fait qu’une journée est toujours différente d’une autre. Le sentiment du travail accompli lorsque l’on a pu aider une personne à régler son problème ou en faisant en sorte de pouvoir le surmonter.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.