Christopher Griffin, Traducteur juré

Interview réalisée en juin 2013

Christopher Griffin exerce la fonction de traducteur juré à temps plein et fait régulièrement des traductions de diplômes, d’héritages, de procurations, de déclarations sous serments, de jugements, de statuts de sociétés pour des tribunaux ou des notaires.

Quelles études avez-vous faites ?

J’ai obtenu une licence à l’Université de Cardiff (espagnol et français). J’ai travaillé quinze ans comme traducteur d’entreprise et je suis devenu traducteur indépendant il y a quinze ans avant de constituer une SPRL.

Comment êtes vous devenu traducteur juré ? Avez-vous passé un examen pour le devenir ?

Avant c’était simple, peut-être trop simple. Je me suis adressé au tribunal de première instance de Verviers, j’ai envoyé des copies de mes diplômes et une lettre de recommandation de la part de mon chef et ai ensuite été  convoqué pour prêter serment. Aujourd'hui, il est possible de suivre une formation facultative comme celle organisée par la Chambre Belge des Traducteurs, Interprètes et Philologues sous le nom de projet "Linguajuris".

Pouvez-vous nous décrire votre travail de traducteur juré ?

C’est essentiellement un travail de traduction avec l’obligation de certifier que la traduction est conforme à l’original. Parfois ma signature doit être légalisée par un juge du tribunal où j’ai prêté serment (et où j’ai déposé ma signature).

Quels actes avez-vous traduit récemment ?

J’ai récemment traduit des actes de décès, des déclarations de successions, des diplômes pour des étudiants souhaitant étudier dans un pays anglophone, des statuts ou des bilans de sociétés ayant une succursale, des actionnaires ou une maison mère à l’étranger, des casiers judiciaires… Les commanditaires sont des étudiants, des sociétés, des ASBL, souvent des notaires ou des avocats.

Quelles sont vos langues de travail ?

Je travaille à partir de l’espagnol, le français et l’italien vers ma langue maternelle, l’anglais. En tant que traducteur juré, ma combinaison de langues est français/anglais. La combinaison de langues pour une traduction jurée inclut nécessairement une des langues nationales de la Belgique.

Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers cette profession spécifique ?

Le fait d’être assermenté apporte des clients supplémentaires. En plus, le droit et les textes juridiques sont parmi mes domaines de spécialité reconnus.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'exercice de votre fonction de traducteur juré?

En tant que traducteur assermenté, il est normal d’accepter les travaux proposés par les tribunaux. Les tarifs pour certaines combinaisons de langues sont très bas. Le traducteur est "réquisitionné" par le tribunal. Les traductions jurées pour les clients privés sont facturées à un tarif supérieur aux traductions libres. Cela compense un peu.

Qu'est ce qui vous plaît dans l'exercice de votre métier de traducteur juré ?

J’aime le métier de traducteur et le métier de traducteur juré fait que je travaille souvent dans mon domaine de spécialité. La traduction d’un texte, surtout un texte juridique, est un défi et apporte autant de satisfaction que n’importe quel métier.

A votre avis, cette fonction a-t-elle de l'avenir ?

Apparemment il y aura une pénurie de traducteurs parce que les jeunes s’intéressent moins aux métiers des langues et les traducteurs de la génération du baby boom arrivent à l’âge de la retraite. Vu le nombre de demandes que je reçois, il me semble que beaucoup de traducteurs sont réticents à prêter serment et devenir traducteur juré.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.