Claire-Marie Vandermensbrugghe,
Conservatrice du patrimoine

Interview réalisée en octobre 2011

Madame Vandermensbrugghe est directrice-conservatrice à la Maison du patrimoine médiéval mosan (MPMM). Elle nous parle également du métier d'animateur du patrimoine.

 

Parlez-nous de la Maison du patrimoine médiéval mosan. Quelles sont les activités proposées, ses objectifs?

Il s’agit d’un musée, d’un centre d’interprétation, dont la Meuse est le fil conducteur. Au départ de cette vallée, nous proposons aux visiteurs de découvrir les villes, les fortifications, les châteaux, la vie des hommes, en bord de Meuse, au Moyen Age. Et cela, à l’aide d’objets issus de fouilles archéologiques, de maquettes, de projections...

 

Quelle est votre fonction au sein de cette institution?

Je suis directrice-conservatrice. Je m’occupe de la gestion de la MPMM. Cela concerne la gestion administrative, la gestion du personnel et la gestion financière. Je suis également responsable des collections, de la communication et de l’organisation d’événements. Je suis accompagnée par un Conseil d’administration, un Comité scientifique et une équipe dynamique de huit personnes.

 

Quels sont les différents profils que l'on retrouve dans cette équipe?

Deux personnes travaillent en tant qu’animateurs du patrimoine. Elles créent et animent toutes les visites guidées et s’occupent des évènements que nous organisons à la MPMM. Elles sont historiennes de l’art, archéologues, et ont donc un profil à la fois scientifique et pédagogique.

Une collaboratrice scientifique, historienne et archéologue, travaille essentiellement sur les contenus scientifiques des expositions temporaires et sur les publications.

Deux personnes sont aussi chargées d’accueillir le visiteur en français, mais aussi en langues étrangères (anglais, néerlandais, allemand). Elles donnent une première explication de ce qu’il y a à voir dans le musée, expliquent le fonctionnement des audio guides, gèrent la boutique, la vente des publications.

L’équipe est complétée par une personne au profil technique, chargée de l’entretien, puisque nous avons aussi pour mission la mise en réseau des châteaux mosans, propriétés de la Wallonie. Cette personne s’occupe de l’entretien des espaces verts sur ces sites.

Concrètement, en quoi consiste le métier d'animateur du patrimoine?

Il doit créer, concevoir des animations, des visites commentées pour valoriser le patrimoine. L’animateur doit suivre le contenu scientifique et sa mise à jour, mais également le présenter au public. Il faut pouvoir adapter et varier ce contenu en fonction des différents publics, parfois dans plusieurs langues, et pouvoir répondre à toutes les questions. Il faut veiller à ce que la visite reste un plaisir et ne pas assommer le visiteur d’explications compliquées et rébarbatives. Les visites ne sont donc jamais identiques.

Il est donc important de pouvoir parler plusieurs langues?

Oui, c’est primordial. J’ai d’ailleurs beaucoup de difficultés à trouver du personnel multilingue.

Selon vous, quelles sont les qualités à posséder pour exercer le métier d'animateur du patrimoine?

Il faut avoir le gout du patrimoine et le gout de la rencontre. Il ne faut pas avoir peur de s’exprimer oralement. Il faut pouvoir aussi jongler avec les connaissances historiques, archéologiques… et être à l’aise avec le contenu.

Quel est votre parcours?

Je suis archéologue, historienne de l’art. J’ai travaillé en tant que guide-animatrice dans divers musées. Je suis entrée dans le monde de l’archéologie à l‘occasion des fouilles archéologiques menées à Namur, il y a quelques années. Une équipe a alors été mise en place pour présenter les recherches archéologiques au public et les mettre en valeur. En 2008, la Maison du patrimoine médiéval mosan a ouvert ses portes, et j’ai fait partie de l’équipe qui a effectué le travail préliminaire à la naissance de cet espace.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de choisir ce domaine?

C’est une question de sensibilité, de centre d’intérêt. Je pense qu’on ne se rend pas toujours compte des richesses qui nous entourent. Cela m’a toujours plu de raconter des histoires aux autres, de les amener à faire des découvertes.

Qu'est-ce que vous aimez le plus dans ce métier? Le moins? 

Ce que j’aime le plus, c’est le rapport avec le public même si, de par ma fonction, le côté administratif est prioritaire. Par contre, je prends beaucoup moins de plaisir à me lancer dans la recherche de financements ! Cependant, cela permet aussi de faire des rencontres intéressantes et de faire valoir le travail de l’équipe.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui veut se lancer?

Qu’il soit d’abord passionné par ses choix et qu’il n’ait pas peur d’aller jusqu’au bout de ses objectifs.

 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.