Daniel Folini, Product Manager

« Organisation et précision » : Daniel Folini, Product Manager chez Généraltour (Tour opérateur) parle des autocaristes.

Pouvez-vous nous décrire votre profession ?

Je suis Product Manager chez Généraltour, un Tour Opérateur qui était, initialement, un autocariste et dont la maison mère se situe à Arlon.

Depuis la reprise de la société l'Universelle, le champ de nos activités s'est élargi considérablement.  Nous proposons à notre clientèle aussi bien des voyages en train, qu'en avion, des croisières, des formules en leisure ou encore en business.  Bref, une panoplie complète.

Quelle est votre fonction ?

La fonction de Product Manager consiste à concevoir des voyages sur base d'une étude de marché.  Une fois qu'ils sont conçus, il faut prospecter, c'est-à-dire se rendre sur place, visiter les hôtels, vérifier les infrastructures, organiser les différents services, rencontrer les prestataires, etc.  Ensuite, il y a l'aspect financier : on budgétise le produit.

Après, et c'est là que la fonction de product manager déborde un peu sur les autres fonctions du tour operator, on doit mettre ça "en musique", faire en sorte que le produit soit repris dans une brochure (rédactionnel, choix des photos ...).

Quelle formation faut-il suivre pour devenir autocariste ?

Il n'y a pas, à ma connaissance, de formation particulière.  Au niveau technique, il semble évident de posséder, au minimum, le permis poids lourds spécifique aux autocars et de respecter les règles d'accès à la profession.

Quelle formation faut-il suivre pour devenir product manager ?

Là non plus, il n'y a pas de formation précise.  Il existe, aujourd'hui, des écoles de tourisme (graduat, université) ou les Classes Moyennes (formation d'agents de comptoir) mais il n'y a pas, à proprement parler, de formation spécifique à cette fonction.

Pour devenir product manager, il faut acquérir une solide expérience dans une société de production.  En ce qui me concerne, j'ai d'abord travaillé dix ans en tant que guide, puis pendant dix ans à la production.  J'ai acquis, au fil du temps, d'autres compétences qui m'ont permis d'occuper ce poste, aujourd'hui.

Pourriez-vous nous expliquer les différents types de transports proposés en général dans les agences de voyages ?

Le type de transport qui domine pour le moment, c'est l'avion et plus particulièrement, la formule charter.  Il s'agit, de loin, du type de transport numéro un depuis les années 70-80.

En seconde position, il y a l'autocar qui, historiquement, est le premier vecteur du tourisme.  D'autre part, bon nombre de vacanciers utilisent leurs voitures personnelles pour se déplacer. 

Une minorité de la population part en croisière et, enfin, les autres utilisent le train.

Et en ce qui concerne les différents voyages en autocar ?

Il existe deux grands types de voyages en autocar.  Tout d'abord, la formule navette qui est un aller-retour de nuit, souvent, vers les plages d'Espagne ou d'Italie.  Cette formule ne nécessite pas d'accompagnement particulier, deux ou trois chauffeurs se relaient et, parfois, une hôtesse ou un steward les accompagne.

La deuxième formule concerne le voyage culturel (en séjour ou en circuit) accompagné d'un guide.  Ici, en plus du chauffeur, le guide doit informer de façon utile afin que le client profite de son voyage.

Il y a aussi le transport "sec", c'est-à-dire que l'on peut louer un autocar uniquement pour le transport, le chauffeur vous amène à l'endroit désiré.

Comment s'effectue le transport, quel est le planning de l'autocariste ?

Le chauffeur, dans toute société de transport qui se respecte, est un professionnel.  Il a, au minimum, la veille de son départ un ordre de marche, une feuille de route où tous les renseignements qui lui sont nécessaires sont repris, que ce soit pour aller chercher le client, l'amener quelque part ou le ramener, et un timing à respecter.  C'est, en fait, toujours le même processus.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la profession d'autocariste ?

Pour être autocariste, il faut aimer la route, voyager ...

C'est un métier assez contraignant au niveau familial.  L'autocariste part lorsque les autres s'amusent.  Par contre, il voit du pays, rencontre beaucoup de gens, c'est intéressant au niveau culturel.

Puis, l'autocariste vit dans des hôtels pas trop mal et peut goûter aux différentes cuisines étrangères.

Internet a-t-il entraîné des modifications dans votre travail ?

Internet s'applique au tourisme en général, il est en train de modifier pas mal de données.  Il est primordial de l'utiliser le plus vite possible dans les meilleures conditions possibles.  Cette société a son propre site, elle doit l'habiller.  On travaille beaucoup par E-mail et il est clair que la vente sur Internet va constituer un atout dans les années à venir.

Pourriez-vous nous dire la part que prend d'ores et déjà Internet ?

On ne peut pas la chiffrer car son utilisation est récente.  Nous utilisons Internet depuis deux ans pour collecter les informations, préparer des prospections, entrer en contact avec des prestataires et pour la vente, mais la structure commerciale n'est pas encore en place.

Quelles recommandations donneriez-vous aux étudiants qui se destinent à ce secteur ?

Premièrement, pour moi qui suis professeur à la fois dans un graduat à l'école des Rivageois à Liège et aux Classes Moyennes, il ne faut pas confondre les métiers du tourisme et les vacances.  Travailler dans le tourisme, c'est tout sauf ça.  Deuxièmement, il faut avant tout être organisé et précis, avoir toute son attention sur le produit qui est, dans ce cas, "l'homme en vacances".

Quel est l'avenir de l'autocariste, a-t-il encore sa place ?

Sûrement, je crois que l'autocar a encore de beaux jours devant lui malgré la régression depuis 25 ans.

Mais pour cela, il faut qu'il se focalise sur une aire géographique qui va de « près de chez nous » à 1.000 kilomètres.  A plus de 1.000 kilomètres, il est clair que l'avion devient plus qu'un concurrent.

Il faut aussi que l'autocar apporte un service, c'est-à-dire, un accompagnement, ou du guidage, bref, qu'il amène une plus-value par rapport au train ou à l'avion.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.