David Hubert,
Gestionnaire Import-Export

Interview réalisée en février 2019

Quelles sont les activités de votre employeur ? 

« Cargo Airlines » (CAL) est une compagnie aérienne spécialisée dans le transport de marchandises à destination des aéroports de New York (JFK), Atlanta et Tel-Aviv. Elle possède quatre avions et est l’actionnaire principale de « Liège Cargo handling Services » (LACHS) qui s’occupe de l’ensemble des opérations de manutention du fret dans les camions.  

En quoi consiste votre activité professionnelle ?

Ma mission principale consiste à dispatcher les marchandises reçues des aéroports JFK, Atlanta  et Tel-Aviv vers nos principaux aéroports en Europe. 99% du fret reçu à Liège est expédié vers d’autres aéroports européens : Francfort, Londres, Luxembourg, Bruxelles, Paris-Charles de Gaulle.

Nous importons toutes sortes de marchandises : des produits périssables (des fleurs, des fruits/légumes, etc.), des produits dangereux, des voitures, des produits pharmaceutiques, mais aussi des produits dont les dimensions/poids sont hors gabarit comme des trains d’atterrissage, des moteurs de voiture ou encore d’avion.

Chaque jour, en fonction des avions qui atterrissent à Liège, très tard le soir ou très tôt le matin, je planifie des camions pour charger et livrer les marchandises le plus rapidement possible, soit moins de 24 heures après l’atterrissage de l’avion. 

Pouvez-vous donner un exemple concret de votre travail au quotidien ? 

Lorsque nous devons importer des véhicules de luxe en provenance des Etats-Unis, il nous faut obtenir diverses informations : le vol sur lequel la voiture sera chargée, sur quel support elle se trouve (palette, caisse en bois, etc.), les requêtes spéciales du client (la date de livraison, par exemple). Il est indispensable d’obtenir toutes ces informations pour assurer le bon déroulement du transport ! L’information la plus importante est le support afin de connaître la place que prendra la palette dans le camion et si elle pourra être manutentionnée avec des engins. En fonction des informations récoltées, on pourra commander le type de camion adéquat et organiser le transport de manière efficace pour que la voiture soit livrée dans les temps sans risque de dommages.  

Quelles connaissances indispensables faut-il avoir pour exercer une fonction telle que la vôtre ?

Posséder un bachelier en Management de la logistique ou en Commerce extérieur s’avère indispensable et avoir une expérience préalable dans le domaine aérien, logistique ou transport est un atout indéniable. Les langues (anglais principalement, néerlandais et allemand) sont extrêmement importantes pour travailler dans le secteur aérien. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ? 

Le métier est enrichissant sur divers points. On ne s’en ennuie jamais. Le monde du transport aérien évolue très vite et il y a toujours des challenges à relever. Travailler dans ce secteur permet d’acquérir des connaissances dans divers domaines qui sont liés les uns aux autres (douanes, transports, types de marchandises, matières dangereuses, etc.).

En outre, on a des contacts réguliers avec d’autres départements, les commerciaux, les compagnies de transport. 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre métier ?

Le milieu aérien est très concurrentiel, il faut se donner à 100% pour fournir un service d’excellence au client sous peine de le voir partir chez un concurrent. Des grèves, comme celles qui ont eu lieu récemment chez les contrôleurs aériens, nous montrent qu’il faut être très flexible et qu’il faut pouvoir s’adapter rapidement aux changements. Lorsque les avions arrivent en retard ou sont postposés, cela à des répercussions sur l’ensemble de notre travail (le planning doit être retravaillé entièrement dans certains cas). Cela peut engendrer des retards dans les livraisons et nous devons toujours chercher la meilleure solution.

Si vous deviez citer les qualités essentielles à ce métier ?

Pouvoir résister au stress et au rythme du travail, avoir l’esprit d’équipe (pour communiquer avec ses collègues et les autres départements, transmettre les informations pour solutionner le problème rapidement), avoir le sens de l’organisation, être proactif et aimer apprendre !

Si vous deviez citer un côté du métier auquel on ne penserait pas, quel serait-il ?

Le volet support administratif est assez lourd pour assurer tous ces flux. Vu le nombre d’acteurs impliqués, les mails et les coups de téléphone ne se comptent pas. Lorsqu’un problème survient, il faut prendre contact avec un département. Il faut téléphoner et envoyer un mail pour recevoir une confirmation (obtenir un retour de mail est essentiel et permet de se protéger, montrer qu’une solution a été cherchée). Dans certains cas de figure, les acteurs sont nombreux, l’ensemble des départements et le client peuvent être impliqués. Ce côté administratif est assez lourd mais primordial car il faut apporter une traçabilité dans les mouvements et les solutions prises.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.