Dincq Michel et Doumont Jean,
Techniciens radio à l'aéroport de Gosselies

Michel DINCQ et Jean-DOUMONT sont techniciens radio à l'aéroport de Gosselies-Charleroi.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste vos tâches ?

Nous sommes chargés de l'installation, de la maintenance et du dépannage au sol de toutes les installations d'aide à la navigation, c'est-à-dire les émetteurs, les récepteurs, la centrale radio, les enregistreurs, l'I.L.S. (système d'atterrissage sans visibilité), les radios, la station « gougo » (système qui sert à relever la position des avions par rapport au nord magnétique).

Toutes les installations sont doublées : en cas de panne d'émetteur, par exemple, l'émetteur de réserve prend automatiquement le relais. Il n'existe donc guère de risques de se retrouver sans appareils de contrôle, sauf pour le radar où les deux émetteurs doivent fonctionner simultanément. Nous nous occupons donc de l'aéroport de Gosselies ainsi que de celui de Saint-Hubert.

Quelles études avez-vous faites ?

Pour entrer comme technicien radio à la RVA (Régie des Voies aériennes devenue par la suite Belgocontrol), on demandait un diplôme A2 électronique, il faut donc avoir terminé ses humanités techniques. On peut, évidemment, poursuivre ses études pour devenir ingénieur. Ici, sur les aérodromes de province (Liège, Charleroi, Anvers, Ostende, Spa et Saint-Hubert), il n'y a pas d'ingénieur. Nous dépendons d'une direction de Bruxelles où deux ingénieurs chapeautent nos activités.

Lors de vos études, saviez-vous que vous seriez amené à travailler dans l'aéronautique ?

Non, nous n'avons reçu aucune formation en aéronautique. Il n'existait, à ce moment, en Belgique, aucune école qui dispensait ce genre de formation. Par contre, en France, l'ENAC (Ecole Nationale d'Aviation Civile) existait déjà.

L'examen de recrutement à la RVA que nous avons passé portait sur l'électronique en général. Nous avons donc appris notre métier sur le terrain.

En sortant de l'école, je voulais m'orienter vers une carrière à l'Etat. J'ai donc passé des examens aux Chemins de fer, à la RTT et à la RVA, et c'est dans cette dernière que j'ai pu entrer.

Michel, lui, était déjà passionné par l'aviation et il a eu la chance d'être engagé à la RVA.

Avez-vous des horaires de travail réguliers ?

Ici, en province, oui, nous avons des horaires tout à fait réguliers. On peut, cependant, nous appeler à tout moment en cas de problème, sans pourtant que nous soyons obligés d'être disponibles. Les techniciens qui travaillent à Bruxelles ont des horaires différents puisqu'ils effectuent une tournante afin d'assurer la maintenance des appareils 24 heures sur 24.

Le salaire d'un technicien est-il intéressant ?

Au départ, non, le salaire n'est pas très alléchant. Cependant, on a la chance de passer des examens et de grimper dans la hiérarchie, ce qui fait qu'après quelques années de carrière, on peut gagner relativement bien sa vie.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut avoir une bonne santé et ne pas être sujet aux vertiges. En province, il faut posséder, en plus, de grandes facultés d'initiative puisque les ingénieurs n'étant pas sur place, on n'est aidé par personne et il faut pouvoir faire face rapidement aux problèmes qui se posent.

Quels sont les avantages de votre métier ?

La diversité des tâches. Il s'agit toujours d'électronique bien sûr, mais les systèmes sont fort diversifiés. C'est aussi l'avantage de travailler sur les aérodromes de province. A Zaventem, un technicien fait un travail beaucoup plus spécialisé. Ici, on fait de tout. Et on travaille souvent à l'extérieur.

Et quels sont les inconvénients ?

Nous ne voyons pas beaucoup d'inconvénients, à part le salaire qui pourrait être bien plus élevé en fonction de ce qu'on nous demande.

Mettez-vous vos connaissances à jour régulièrement ?

L'électronique évolue beaucoup. Chaque fois qu'une nouvelle machine doit être utilisée, nous recevons une formation pour bien connaître son fonctionnement.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.