Docteur P., Pneumologue

Interview réalisée en décembre 2014

Comment avez-vous fait le choix du domaine médical?

J’ai été influencé par ma mère qui était infirmière hospitalière. J’ai très vite compris que les soins de santé était un travail très intéressant. Ma réflexion a donc commencé comme ça et en humanités, je me suis décidé pour la médecine en imaginant devenir médecin généraliste.

Quel a été votre parcours scolaire ?

En secondaire, j’ai suivi l’option Latin/Math et ensuite, j’ai commencé mes études de médecine à Namur (FUNDP), de là, j’ai poursuivi mon cursus à l’ULB.  J’ai eu l’occasion de faire rapidement un stage en pneumologie. Ce choix de stage était le fruit du hasard mais c’est celui qui m’a le plus impressionné même si, après, j’ai effectué d’autres stages en chirurgie, en gynécologie, en pédiatrie. C’est donc comme cela que j’ai décidé de me spécialiser en pneumologie plutôt que d’être médecin généraliste.

Qu'est-ce qui vous a plu dans votre stage en pneumologie et qui vous plaît encore dans votre spécialité ?

C'est un choix très personnel. En pneumologie, vous vous adressez à des patients adolescents et adultes, il y a une part d’anamnèse, d’interrogatoire et d’écoute du patient. C’est aussi un suivi au long court. Souvent, le patient présente une pathologie chronique comme l’asthme ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

En consultation, je peux recevoir un jeune asthmatique, que je continuerai à suivre en suite. Ce qui m’intéresse le plus dans ma pratique, c’est le suivi du malade, l’évolution de sa maladie et la possibilité d’être à jour avec les nouveaux traitements pour aider ce patient.

Continuez-vous à vous former en permanence ?

Évidemment ! C’est primordial et obligatoire ! Les études de médecine sont longues et difficiles mais une fois que l’on est médecin, c’est loin d’être fini !
La formation continue est reconnue par l’INAMI, nous permet de nous tenir informé et d’obtenir des points d’accréditation.  Cela prouve qu’on se tient au courant et qu’on suit bien ces formations.  Par ailleurs, en tant que spécialiste dans un hôpital, il faut s’adapter aux nouvelles techniques (scanner, pet scan, l'évolution informatique,...).

En dehors de votre travail à l’hôpital, avez-vous développé d’autres activités ?

Oui, je suis également expert orateur. J’assure des formations en soirée, destinées aux médecins généralistes pour les informer des nouveautés en pneumologie.
J’accorde une énorme importance à ce partage des connaissances, à l’enseignement, la transmission et la simplification des découvertes en matière de traitements mais aussi à l’interactivité de ces échanges. Cela permet une mise en pratique clinique immédiate de ces nouveaux messages. Par exemple, si une nouvelle classe de médicaments fait son apparition, c’est important de la faire connaître et de positionner cette nouvelle classe thérapeutique parmi les autres molécules.

Quels sont les actes techniques que vous pratiquez lors de vos consultations?

A l’hôpital, je réalise très souvent des spirométries (épreuves fonctionnelles respiratoires).
D’autres pneumologues développent soit le laboratoire du sommeil ou la bronchoscopie lourde (on place des stents dans les bronches), la pleuroscopie, la revalidation pulmonaire ou l’immuno-allergologie. Il est donc possible pour les pneumologues de se spécialiser davantage en posant des actes plus techniques.
Pour ma part, j’ai trouvé les actes techniques intéressants en début de carrière car c’est très dynamique. Mais au fur et à mesure de l’expérience, j’ai préféré être dans la réflexion, l’enseignement et le partage de connaissances.

Y a-t-il un risque de pénurie dans votre profession ?

Pour ma part, je ne rencontre pas de pénurie dans ma profession.  Les assistants qui finissent leur formation ont une place au sein d’un hôpital ou en pratique privée. 

Quelles sont les aspects positifs de votre métier ?

Le contact avec les patients car c’est un métier où l’aspect social est très développé.
Pouvoir apporter des solutions à un patient qui vient avec un problème.
Ce métier m’apporte unegrande satisfaction. C’est très valorisant d’aider, d’améliorer le quotidien des malades, parfois de les guérir. C’est un métier très gratifiant !

Et les aspects négatifs ?

La difficulté d’apprentissage, les études longues, les réunions de formation le soir en plus de sa journée, la disponibilité (parfois au détriment de sa famille) dont il faut faire preuve, les week-ends, les gardes de nuit, le manque d’horaires réguliers. Être capable d’être « up to date » et de se remettre constamment en question. Mais c’est aussi un avantage de participer à cette évolution !

Quels sont les spécialistes qui travaillent avec vous ?

Les cardiologues, les gastro-entérologues et les oncologues et réanimateurs. C’est donc multidisciplinaire et nous avons des réunions communes régulièrement. Plus toutes les réunions de type « commission »qui garantissent la qualité des soins et la déontologie de ceux-ci. Elles sont organisées souvent sur le temps de midi, parfois tôt le matin ou en fin de journée. Les journées sont donc parfois longues mais passionnantes.

Quelles sont les qualités requises pour exercer la profession de pneumologue ?

L’empathie et l’écoute.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune souhaitant exercer votre métier ?

Y croire, ne pas se laisser impressionner par la longueur des études !
La médecine, c’est un voyage dans le temps…

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.