Dominique Pilloy,
Gestionnaire infrastructures sportives

Interview réalisée en décembre 2008

Dominique Pilloy est chargé de la gestion de trois établissements sportifs à Charleroi. Il s’occupe principalement de la gestion des bâtiments, du personnel et de la comptabilité de ces infrastructures.

Quels complexes sportifs gérez-vous et quelles disciplines y retrouve-t-on ?

Depuis 2002, je suis responsable de la gestion du complexe sportif de Mont-sur-Marchienne, de celui de Marchienne-au-Pont ainsi que du Centre Aéré de Bomerée. A Mont-sur-Marchienne, on retrouve des clubs de badminton, karaté, savate, volley-ball et aéro-modélisme. A Marchienne, on peut pratiquer la gymnastique, le basket, le karaté, le volley-ball, le judo et le yoga sans oublier la natation puisque l’infrastructure abrite une piscine. Enfin, deux clubs utilisent les installations du Centre Aéré de Bomerée : un de tennis de table et un autre de judo.

Comment êtes-vous devenu gestionnaire de ces infrastructures sportives ?

J’ai toujours été intéressé par le sport. J’ai d’ailleurs suivi la filière « sport-études » dans le secondaire. J’ai ensuite voulu me lancer dans des études d’éducation physique mais cela ne me convenait pas. Un peu par hasard, j’ai appris qu’il existait à l’IFAPME une formation de « gestionnaire d’infrastructures sportives ». Une fois terminée, cette formation m’a permis de travailler comme adjoint du gestionnaire du complexe Fourcault de Dampremy après un passage au sein de l’éphémère académie de tennis Nick Bollettieri qui avait ouvert ses portes à Charleroi, sur le site actuel du Spiroudôme. Le diplôme plus l’expérience que j’ai accumulée lors de ces premiers emplois m’ont ensuite permis d’être choisi par la Ville pour diriger les trois infrastructures sportives évoquées. 

Pouvez-vous nous parler de cette formation à l’IFAPME ?

Auparavant organisée à Charleroi, on peut maintenant la suivre à Gembloux. Pour y accéder, il faut avoir son CESS (certificat d’enseignement secondaire supérieur). En 1ère année, on apprend à gérer un centre sportif : la gestion du personnel, la sécurité, les assurances, les premiers soins, les aspects administratifs financiers et commerciaux notamment. On étudie aussi l’état du sport en Communauté française. En 2e année, on apprend surtout à coordonner et animer un centre sportif ou une piscine. Ces deux années comprennent des visites de terrain et des études de cas ainsi que des cours de gestion.

Quel est votre employeur ? En d’autres mots, qui vous paye ?

Je suis considéré comme un agent de Charleroi et de ce fait je suis payé par la Ville.

Pouvez-vous nous décrire vos tâches ?

Elles sont principalement de trois sortes. Tout d’abord, la gestion des bâtiments : j’essaie de répondre aux problèmes que l’on peut rencontrer au sein des complexes sportifs dont j’ai la charge. Ainsi, lorsqu’il y a des travaux à effectuer dans l’un d’entre eux ou des réparations, j’avertis le département des travaux de la Ville. Par exemple, j’ai été récemment averti de quelques petits problèmes dans l’un ou l’autre bâtiment tels que le mauvais fonctionnement des douches, le non-fonctionnement d’un extracteur d’air, de l’appareil de chauffage ou encore une densité de chlore trop importante dans la piscine. Je ne fais que constater le problème et je répercute l’information au service compétent. Il y a aussi dans cette tâche l’achat éventuel de matériel et donc l’établissement de prébons de commandes qui doivent toujours être validés par la Ville de Charleroi. La deuxième tâche concerne la gestion du personnel. En plus d’un concierge, on retrouve à Marchienne sept maîtres-nageurs, sept personnes préposées aux vestiaires, quatre caissières et trois gardiens. A Mont-sur-Marchienne, il y a un employé administratif et deux gardiens. Mon job consiste à concevoir les horaires de chacun et de pallier leur absence lorsque cela est nécessaire. Enfin, je m’occupe aussi de toute la gestion comptable, que ce soit les recettes de caisses, les entrées ou encore l’établissement ou la reconduction des contrats.

Quels types de contrats existe-t-il ?

Les contrats annuels et occasionnels. Les annuels sont renouvelables chaque année sauf si une convention de plus longue durée a été signée. Je pratique de la sorte : en mars, j’envoie un courrier au responsable de chaque club afin de connaître son souhait d’occupation de la salle en vue de la saison sportive suivante. Ensuite, on établit le contrat et on le lui soumet pour signature. Les contrats occasionnels sont prévus pour des clubs qui veulent occuper temporairement une salle afin d’y organiser une manifestation. 

Pouvez-vous refuser à un club l’accès à un de vos complexes ?

Oui, en fonction de différents critères. Les cas les plus fréquents de refus résultent du fait que tous les créneaux horaires sont déjà occupés ou que la salle n’est pas homologuée pour le sport pratiqué par le club demandeur. Récemment, je n’ai pas accepté qu’un club de boxe vienne dans le complexe de Marchienne parce qu’il voulait y installer un ring permanent.

Quels sont les différents types de salle qu’un gestionnaire peut diriger ?

Il y a quatre classes, de A à D : A correspondant aux plus grandes salles et D aux plus petites.

Est-ce vous qui fixez le prix de location ?

Non. Le gestionnaire se plie aux injonctions du collège communal. Par exemple, l’heure hebdomadaire par année à Marchienne coûte 276 euros mais ce prix varie forcément d’une salle à l’autre. En plus de cela, les clubs doivent souscrire à une assurance que nous leur proposons en plus de la leur.

Quels points négatifs pouvez-vous relever de votre fonction ?

En tant que gestionnaire, on est toujours en première ligne lorsqu’il s’agit de recevoir des plaintes de gens mécontents, qu’elles émanent des responsables ou membres d’un club ou de toute autre personne qui fréquente le complexe sportif. On peut aussi être appelé à tout moment en cas de problème au sein d’une salle. Il m’est fréquemment arrivé d’être appelé le week-end ou en soirée. Il y a également un gros volet administratif. Cela peut rebuter certaines personnes. Enfin, je citerais le fait que l’on n’est pas toujours en mesure d’apporter une solution immédiate à un problème technique. On est dépendant de la vitesse ou la lenteur d’exécution du service du département que l’on a sollicité.

Et quels points positifs ?

C’est un job très varié qui vous amène à côtoyer un grand nombre de gens, que ce soit le personnel des salles mais aussi les responsables des clubs ou encore les fournisseurs.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.