Elisio de Oliveira,
Technicien-opérateur de production en industrie chimique

Interview réalisée en juin 2009

Où exercez-vous votre métier ?

Je travaille pour une entreprise active dans le domaine de la parachimie qui s’est spécialisée dans les savons et les détergents ainsi que les huiles.

Comment pourrait-on décrire votre profession ?

On fabrique le produit. On a un ordre de fabrication à respecter, qu’il s’agisse de liquide vaisselle, de savon ou de détergent. Pour chaque produit, il y a ainsi une quantité définie de liquide ou de produit à ajouter et une formule à suivre très précisément. Certains produits sont mis dans des cuves automatiquement, dès que cela dépasse le tonnage, mais cela peut aussi se faire manuellement. La fabrication d’un produit dure en moyenne 1h30 avant que celui-ci soit vérifié en labo. Suite aux conseils du laborantin, on apporte les éventuelles corrections.

Quelles sont les particularités de cette profession ?

La profession d’opérateur de production implique de nombreuses manipulations de produits dangereux. Il faut être attentif, ne pas mélanger certains produits et être bien équipé. Parmi ces équipements de protection, on retrouve les gants, le casque, le tablier, les bottes ou chaussures de sécurité, le pantalon anti-acide et un masque selon les produits manipulés. Par contre, il n’est pas prévu de protection auditive pour la fonction que j’exerce car l’environnement de travail n’est pas vraiment bruyant. Tout cela est nécessaire car si le laborantin a le produit fini en mains, c’est nous qui prenons les risques lors de la fabrication !

Quelles sont vos tâches principales ?

Il faut assurer le suivi du planning, donner les instructions aux assistants afin qu’il n’y ait pas de temps d’arrêt sur les lignes de production. On suit également de manière précise les ordres de fabrication pour éviter d’avoir des réactions chimiques. En fait, en fabrication, notre rôle est central, tout démarre d’ici. S’il y a un problème chez nous, cela se répercute sur les lignes de production puis sur les commandes.

Quelles qualités doit réunir l’opérateur de production ?

Tout d’abord, il est indispensable d’aimer le secteur de la chimie, aimer manipuler des produits et ne pas avoir peur de la dangerosité de certains d’entre eux. Ensuite, il faut connaître chaque produit ainsi que les normes de sécurité inhérentes à l’exercice de cette profession. L’outil informatique ne sert que pour imprimer les formules, les ordres de fabrication. Pour la réception des marchandises, la connaissance du néerlandais est un avantage même si avec certains chauffeurs routiers polonais ou allemands, on se débrouille comme on peut !

Quels avantages et inconvénients présente cette profession ?

On n’effectue jamais deux fois la même tâche, c’est assez varié. Il y a aussi une certaine fierté à découvrir dans les grands magasins des produits qu’on a personnellement fabriqués et se dire que ceux-ci vont être utilisés couramment par le grand public. Le seul inconvénient est lié à la manipulation de produits dangereux. Cela nécessite d’être en permanence vigilant et de porter l’équipement de protection nécessaire. Quant aux difficultés, elles sont liées aux pannes qui peuvent survenir lors du transfert dans les cuves ou aux erreurs effectuées par les automates et qu’il faut tenter de rattraper.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune intéressé par ce métier ?

C’est un beau métier. Il faut se sentir à l’aise, ne pas avoir peur de manipuler des produits dangereux. De toute façon, quand on aime la chimie, on apprécie le fait d’utiliser des produits variés. De plus, l’opérateur de production peut ensuite évoluer vers une fonction de laborantin.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.