Elizabeth Loos,
Chargée de communication

Interview réalisée en janvier 2005

En évoquant Greenpeace (www.greenpeace.be), groupe de pression international indépendant qui oeuvre pour la protection de l'Eco-système terre, on pense immédiatement aux zodiacs vrombissants ou aux activistes enchaînés aux grilles d'usines polluantes.

Mais, avant cette mobilisation spectaculaire des "combattants de l'arc en ciel", partie immergée de l'iceberg, une succession de phases souterraines s'est déroulée, de l'étude des dossiers à l'enquête sur le terrain, en passant par l'élaboration de propositions et la mise sous pression des décideurs. Elizabeth Loos, chargée de communication à Greenpeace-Belgique, en témoigne.

Par les temps qui courent, les Organisations Non Gouvernementales ont le vent en poupe auprès des jeunes. Greenpeace en fait partie et nombre d'entr'eux aimeraient y travailler. Vous sentez-vous privilégiée d'avoir été recrutée par l'antenne belge pour participer à sa communication, point-clé de son activité s'il en est ?

C'est vrai que beaucoup de jeunes se sentent appelés mais qu'il y a peu d'élus ! Il ne suffit pas d'avoir des convictions environnementales chevillées au corps pour intégrer GreenPeace. Les compétences requises sont pointues, les horaires lourds et les salaires ne sont pas spécialement attractifs !

Qu'est-ce qui vous motive donc ?

Certes, j'ai le bonheur de travailler dans un secteur qui correspond à mon éthique. J'ai le sentiment d'oeuvrer pour la planète terre, mais il ne faut pas se voiler la face : au-delà des campagnes fortement médiatisées et des actions de confrontation, c'est un travail de longue haleine que nous menons main dans la main avec les chargés de mission et les responsables de la communication. Un travail d'équipe d'ailleurs très stimulant qui consiste à conjuguer une information juste et une expression juste sur de multiples dossiers.

Sur quels dossiers travaillez-vous plus particulièrement et comment les traitez-vous ?

Je peux énumérer quelques dossiers qui nous occupent depuis un certain nombre d'années : les substances toxiques qui contaminent l'environnement, nos organismes, nos intérieurs ; les changements climatiques ; la problématique des forêts ; les OGM ; et des dossiers liés à l'actualité et au calendrier politique : le projet de réglementation chimique REACH ou nos participations aux grandes réunions internationales. Pour ces différents dossiers, nous travaillons d'une façon coordonnée au niveau mondial. Les responsables de communication se réunissent régulièrement et définissent une politique annuelle. Celle-ci est ensuite déclinée par chaque pays dans des campagnes nationales et par des supports d'information spécifiques.

C'est là que vous intervenez ?

Exactement, je travaille avec les chargés de mission pour construire les campagnes et les exprimer. Ce qui veut dire que je dois bien comprendre les enjeux techniques et politiques et ensuite les présenter au public de la façon la plus synthétique, claire et digeste possible. C'est tout le défi de la vulgarisation ! D'où la nécessité de travailler en équipe avec les "experts" pour garantir la fiabilité des informations.

Peut-on dire qu'il y a une méthode de communication Greenpeace ?

Oui. Si nous voulons obtenir des avancées significatives dans le domaine de l'environnement auprès des pouvoirs publics et de l'opinion publique, nous devons faire un travail intense de lobbying. Celui-ci ne peut être efficace que si nous nous appuyons sur des enquêtes et des travaux scientifiques approfondis. C'est donc la première étape. Ensuite, nous proposons des solutions aux problèmes repérés et nous en informons nos publics. Car il ne suffit pas de dénoncer, encore faut-il nourrir le débat, voire la confrontation, par des pistes d'alternatives innovantes. Nous menons à tout moment des actions de communication pour mobiliser les citoyens et faire pression sur les décideurs. Sur la scène internationale, Greenpeace participe activement aux négociations des accords internationaux, notamment pendant les phases préparatoires. Dernière étape, quand la concertation n'a pas fonctionné : la confrontation judiciaire ou sur le terrain.

Quels sont vos publics et quels sont vos supports ?

Par le biais de communiqués de presse, nous informons les "vieux médias" (presse écrite, radio-tv) de nos prises de position. Une relation de confiance s'est établie avec les journalistes qui accordent d'emblée du crédit à nos propos. Nous communiquons également avec nos sympathisants et, d'une manière plus générale, avec le grand public, à travers notre site Internet et nos deux magazines.

Quelle formation est-elle conseillée pour exercer votre fonction ?

Il faut d'abord avoir une formation universitaire solide, être capable d'assimiler, de synthétiser l'information facilement et de s'adapter à tous les domaines, y compris dans leurs aspects techniques. Autre aptitude : savoir travailler en équipe. Je parle trois langues couramment (français, néerlandais, anglais). J'ai d'abord été journaliste dans la presse écrite pendant huit ans avant d'intégrer le service de communication de Greenpeace.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.