Eric Chauveheid,
Responsable d'un laboratoire de Qualité de l'eau

Interview réalisée en mai 2010

Eric Chauveheid, responsable du laboratoire Qualité de l’eau chez Vivaqua depuis 12 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Mon activité consiste à gérer aussi bien les ressources humaines que les ressources matérielles dans le but de réaliser l’analyse de l’eau et de confirmer sa qualité. En pratique, j’ai une formation scientifique. Je me charge des aspects techniques. Je dois me maintenir au courant des évolutions dans le domaine, des nouveaux appareils d’analyse et de traitement d’eau. J’organise le travail d’une équipe de 40 personnes. Toute l’équipe est orientée vers un seul thème : récupérer des échantillons, les analyser et confirmer la potabilité de l’eau. Cela demande une chaîne de moyens humains et techniques assez larges. Je garantis le fonctionnement optimal de cette chaîne en réduisant les coûts en permanence. Je veille aussi à ce que les connaissances de mes collaborateurs soient à jour. Je supervise le travail du laboratoire, je conseille chacun dans son travail. Je décide des futurs investissements et je détermine leurs coûts. Je cherche des solutions à chaque problème.
Je passe environ  deux jours par semaine hors du laboratoire. En tant que technicien, je suis aussi expert dans mon domaine et je suis donc sollicité pour participer à des séminaires, des groupes de travail et des réunions en interne. J’effectue une dizaine de déplacements en Europe chaque année. Parfois, je rentre à Bruxelles le soir même, mais il m’arrive aussi de passer plusieurs jours à l’étranger. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il ne faut pas être un spécialiste dans un domaine mais avoir des connaissances techniques assez variées en chimie, en microbiologie, en technique analytique, en traitement de l’eau, en législation...

L’expérience est très importante. Tout cela ne s’apprend pas à l’école. Il faut être un généraliste, un touche-à-tout. Bien que ce poste ait aussi une dimension de gestion, il est indispensable d’avoir fait des études scientifiques.

Etre organisé et savoir organiser les choses pour que le laboratoire tourne même en votre absence sont aussi des qualités non négligeables. Je pense qu’il faut être capable de réagir et de prendre des décisions rapidement parce que les problèmes s’accumulent à une vitesse incroyable. 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Le domaine de l’eau est un domaine très proche des gens. Nous avons beaucoup de retour des abonnés, ce qui est intéressant. Je ne fais jamais la même chose. Quand on aime la variété, c’est un point positif. L’inconvénient, c’est qu’en traitant beaucoup de sujets variés, je n’ai pas le temps de me consacrer pleinement à des questions plus compliquées. Je dois toujours me dépêcher et j’ai parfois l’impression qu’avec un peu plus de temps, j’aurais pu trouver une solution encore plus adaptée. Changer de sujet et de réunion sans arrêt, passer du coq à l’âne, c’est fatigant et ça peut être stressant !

Quel est l’horaire de travail ?

Notre horaire est défini dans le règlement de travail. Nous avons des plages horaires fixes et variables. Nous devons arriver entre 7h30 et 10h, prendre 30 minutes de pause entre 12h et 14h et travailler de 14h à 16h en hiver. En été, cette plage de travail n’est pas obligatoire.

Le site est ouvert de 7h30 à 18h. Nous devons travailler 7h18 par jour. Les heures supplémentaires sont comptabilisées et récupérées. Je travaille parfois le soir ou le week-end, mais ce n’est pas obligatoire.  

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

Je suis docteur en sciences chimiques.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai travaillé dans l’industrie chimique, dans le centre de recherche et développement de Solvay.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

C’est un concours de circonstances plus qu’un choix. Les perspectives chez Solvay n’étaient pas très positives. Je ne risquais pas de perdre mon emploi, mais le budget de la recherche se réduisait et il devenait difficile de faire quelque chose de bien. Je ne connaissais pas le domaine de l’eau. J’ai lu l’annonce d’un examen d’entrée et j’ai décidé d’y participer. Je me suis dit que j’allais découvrir ce secteur. J’ai été engagé. Le travail m’a plu. Je suis toujours là.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je conseille ce travail à des personnes sensibles aux thématiques de l’environnement et de la santé humaine. Ces sujets sont très compliqués parce qu’ils mêlent beaucoup de connaissances et de compétences. Ce secteur permet aussi d’être proche des gens, proche de la réalité de terrain. Chaque décision peut avoir à court terme des répercussions sur le système, contrairement à d’autres domaines où les impacts concrets de votre action ne sont pas si visibles au jour le jour. On voit ce qu’on apporte, c’est intéressant. Par contre, pour quelqu’un qui est intéressé par la recherche et le développement, ce n’est pas la voie à conseiller en Belgique.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Nous avons des contacts avec les abonnés. Nous répondons à leurs questions sur la qualité de l’eau. Certaines de leurs interrogations sont, quelques fois, assez marrantes. Un jour, un utilisateur nous a demandé pourquoi, après avoir changé l’eau de son bocal, son poisson rouge ne tournait plus dans le même sens qu’avant !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.