Erwin Gysens,
Gestionnaire de parc de véhicules

Interview réalisée en février 2019

Pouvez-vous décrire votre formation et votre parcours professionnel ?

Mes parents étaient propriétaires de camions car on vendait des fruits et légumes à des grossistes. J’ai donc appris à rouler en camion et j’ai découvert que le monde automobile m’intéressait. J’ai obtenu un diplôme de technicien, puis un diplôme pédagogique, ce qui m’a permis de donner cours aux inspecteurs travaillant au GOCA[1]. En 2005, j’ai été engagé par le Fonds Social Transport et Logistique (FSTL) pour le poste de gestionnaire du parc de véhicules que j’occupe actuellement. 

Mon diplôme technique ainsi que mes connaissances sur les formations de chauffeur poids lourds étaient des atouts pour exercer cette fonction. 

De combien de véhicules se compose votre flotte et à qui s’adresse-t-elle ? 

Notre flotte comprend 250 véhicules dont 140 véhicules moteurs (camions, tracteurs) et 115 remorques, semi-remorques ou remorques semi-portées. Ce parc est mis à disposition pour l’apprentissage du métier de chauffeur poids lourds à destination des organismes de formation (Forem, Bruxelles Formation et VDAB) ou de l’enseignement secondaire (5e et 6professionnelle). On dispose de 23 centres de formation d’Ostende à Arlon : six écoles flamandes, quatre écoles francophones, cinq centres Forem, sept centres VDAB et un centre Bruxelles Formation.

En quoi consiste exactement votre métier ?

Je gère l’entièreté du parc de véhicules. Un des plus gros aspects du travail consiste en la

préparation des dossiers pour les nouveaux achats. Les véhicules moteurs sont utilisés pendant huit ans et, après ce délai, ils sont remplacés par des nouveaux. Je revends les anciens et m’occupe de trouver les nouveaux ! Tout cela se fait via une procédure spécifique d’appels d’offres. 

Dans mon travail, il faut pouvoir assurer : facturation, comptabilité, contrats d’entretien, contrats d’assurance, gestion, aspects techniques, etc. Je passe certaines journées constamment au téléphone à répondre à des questions, trouver des solutions aux problèmes techniques urgents, par exemple. Il y a aussi des bons de commande et des constats à l’amiable à traiter et des factures à vérifier. Dans chacun des centres, il y a des instructeurs et des professeurs de conduite chargés de me contacter en cas de problème. De plus, on travaille avec 89 garages. C’est une logistique énorme, qui demande beaucoup d’organisation ainsi qu’un bon programme informatique pour gérer toute la flotte.

Quelles sont les qualités indispensables à l’exercice du métier ?

Il est important d’être très ordonné mais aussi d’être communicatif car on est en relation avec de nombreuses personnes : stagiaires, instructeurs, garagistes, constructeurs, etc. Il faut aussi être autonome : un gestionnaire de flotte travaille souvent seul. Parmi les autres qualités, je citerais la flexibilité, le sens des responsabilités, la capacité d’anticipation, un bon esprit d’analyse et de synthèse, le sens de la négociation, la capacité à gérer plusieurs tâches en même temps, la prévoyance et le respect des objectifs fixés. 

Et au niveau des compétences ? 

Avoir des connaissances techniques au niveau des camions est important : le moteur, la carrosserie, la superstructure, les éléments électroniques, les pneus, etc. Il s’agit d’éléments essentiels pour la réalisation des cahiers des charges. De plus, il faut avoir une vue d’ensemble du secteur et de la législation dont la facturation. Il faut régulièrement réactualiser ses connaissances. J’ajouterais la maîtrise de l’outil informatique et du néerlandais… Il faut tout du moins pouvoir se débrouiller… 

Quels avantages et inconvénients comporte votre profession ?

L’avantage, c’est de pouvoir organiser mon travail comme je l’entends. Par contre, l’inconvénient, c’est qu’il faut être disponible sur une plage horaire assez variable pour veiller à ce que tout se déroule normalement sur le terrain. 

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

On doit souvent recontacter les personnes pour faire avancer les dossiers et veiller à ce que tout soit en ordre. Si une procédure n’est pas suivie correctement, cela peut engendrer des problèmes, par exemple, avec des sociétés qui nous envoient une facture alors qu’il n’y a pas eu de bon de commande préalable. Autre difficulté : parfois, on ne reçoit pas les infos qui ont été demandées ou alors elles sont incorrectes ou incomplètes.

Qu’est-ce qui fait l’attrait de cette profession ?

Essentiellement, la diversité des tâches. Au cours de la journée, on a des contacts à différents niveaux, des tâches fort variées à accomplir et on rencontre de nombreuses personnes. Et, comme je l’ai déjà indiqué, on a la possibilité d’organiser son travail de la manière souhaitée.

Comment cette profession a-t-elle évolué ces dernières années ?

Il y a eu beaucoup de changements, par exemple, avec de nouvelles normes écologiques (réduction des polluants des gaz d’échappement) qui ont demandé de nombreux changements techniques. Il faut évidemment se tenir informé des différentes évolutions ! De même, l’informatique a pris de l’ampleur. Là aussi il faut être à jour !


[1] Groupement des Entreprises agréées de Contrôle Automobile et du Permis de Conduire.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.