Etienne Dubuisson,
Professeur d'éducation physique

Interview réalisée en décembre 2008

Etienne Dubuisson possède un triple mandat d’enseignant : dans une Haute Ecole, dans une université et dans un Lycée français. Trois façons différentes d’approcher son métier !

Dans quels établissements enseignez-vous ?

J’enseigne à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) au sein de l'Institut des Sciences de la motricité en kinésithérapie : l'athlétisme et la mise en condition physique en première année, la mise en condition physique et la musculation en 2e année, la didactique en 3e. A la Haute Ecole Libre de Bruxelles (HELB) Ilya Prigogine, je donne des cours de natation et d'éducation physique mais aussi des cours théoriques de biométrie et neurophysiologie dans les sections kinésithérapie et ergothérapie. Enfin, j'enseigne l'éducation physique dans une école secondaire, le Lycée français Jean Monnet à Bruxelles.

Comment se matérialise votre semaine ?

J'ai un mandat de 120h par an à l’ULB, un temps plein à la HELB (18h) et 13h au Lycée français. La journée débute à 8h et se termine le plus souvent à 17h.

Abordez-vous votre métier de professeur d’éducation physique différemment selon que vous enseignez dans le secondaire ou dans le supérieur ?

Oui, tout à fait. Les cours dans le secondaire suivent davantage une formation polyvalente en éducation physique et sportive et préparent au « Bac Education Physique et Sportive (E.P.S.) » français. A la Haute Ecole, l’orientation est davantage « kiné-ergo », c’est-à- dire axée par exemple sur les aspects protecteurs, sur ce qui préserve la santé de tout ce qui pourrait lui être nuisible, mais aussi sur les relations santé-activité physique. A l’ULB, les cours dispensés sont très spécifiques et en relation directe avec mes spécialités (athlétisme, préparation physique, pédagogie des métiers de la forme). Pour les trois établissements, je prépare continuellement mes cours car chaque classe, chaque groupe d’élèves est différent.

Quel a été votre parcours scolaire ?

Après des humanités, je me suis lancé dans des études de droit à l’ULB. Une fois cette licence en poche, j’ai repris des études en éducation physique à l’ULB. Aujourd’hui, cette licence correspond à un master universitaire en Sciences de la motricité orientation « Education physique » à finalité didactique puisque j’ai effectué mon agrégation dans le but d’enseigner.

Qu’est-ce qui vous plait dans l’enseignement ?

La transmission de savoirs et, particulièrement en éducation physique, de savoirs faire.

Suivez-vous un programme précis dans chacun des établissements ?

Le programme est strictement défini au Lycée : on suit les instructions officielles de l’Inspection Nationale française. Le programme dans le supérieur est davantage concerté. Il s’agit d’une pédagogie propre à l’établissement et aux exigences professionnelles auxquelles le diplôme prépare.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’exercice de votre profession ?

La précarité statutaire et financière de la profession ainsi que les difficiles compatibilités d’horaires.

Quelles sont les qualités d’un bon enseignant en éducation physique ?

L’enthousiasme, la patience et, cela va de soi, une bonne condition physique.

Avez-vous suivi d’autres formations sportives ?

J’ai travaillé comme moniteur ADEPS jusqu’il y a 4 ou 5 ans, à l’occasion de stages durant les congés scolaires. Je possède le brevet supérieur de sauvetage aquatique (B.S.S.A.), l’athlétisme (niveau 3), le karaté (niveau 3) et enfin le brevet d’animateur en lutte. Actuellement je reste actif au niveau ADEPS comme formateur des cadres en karaté. J’exerce cette activité essentiellement les week-ends.

Le contact avec les jeunes s’est-il modifié au cours des ans ?

Oui beaucoup. Le rapport maître-élève n’est plus une évidence mais il s’agit de construire une relation de confiance et de respect mutuel, ce qui, quand j’étais élève, me semblait moins flagrant.

Conseilleriez-vous à un jeune diplômé en éducation physique de continuer à se former, par exemple dans une discipline sportive particulière ou dans un domaine particulier ?

Certainement et continuellement, de préférence dans des domaines pour lesquels il est motivé (pour ne pas dire passionné) au départ. Le secteur de l’éducation est constamment en évolution : des nouveaux sports apparaissent, l’éducation à la santé devient de plus en plus populaire. Il y a aussi plein de choses à apprendre sur la physiologie à l’effort ou dans le domaine de l’anatomie. Rester sur ses acquis serait pour moi une erreur.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.