Etienne Gravy, Domoticien

Interview réalisée en mai 2009

Etienne Gravy, directeur de la catégorie technique de l’Institut Supérieur des Aumôniers du Travail de Charleroi, est à la base de la création, en l’an 2000, du bachelier en domotique.

Comment définiriez-vous la domotique ?

La gestion technique du bâtiment et la domotique regroupent l’ensemble des techniques et des études tendant à intégrer aux immeubles (bâtiments individuels, industriels, administratifs, commerciaux) tous les automatismes en matière de :
- systèmes domotiques (infrarouge, radiofréquence, BUS, courant porteur, vocal...)
- gestion d’accès et d’alarmes
- gestion de l’énergie et des énergies renouvelables
- gestion de l’environnement (portes, volets, alarmes, éclairage, chauffage...)
- la communication (Internet, GSM…)
- la climatisation, du chauffage électrique, fuel et gaz.

Ces techniques doivent répondre aux besoins de sécurité, confort d’ambiance, confort d’activités et économie d’énergie. Elles unifient des systèmes qui sont couramment indépendants comme :
- la maintenance technique des bâtiments
- la maîtrise du confort thermique, acoustique et visuel
- la gestion économique des énergies et du bâtiment
- l’assistance aux personnes âgées, handicapées
- la communication interne et externe au bâtiment
- la sécurité des biens et des personnes.

En les intégrant dans une unité centrale, elles permettent des synergies entre ces différents systèmes. Le fait de posséder une unité centrale, autorise une multitude de possibilités dont le contrôle et la gestion à distance des bâtiments.

Bref, la domotique permet un nouveau type d’habitat : les immeubles intelligents.

Quel est le rôle du domoticien ?

Il a pour mission de mettre à disposition des usagers de l’habitat, des locaux commerciaux, administratifs ou   industriels, des équipements et des services associés capables d’assurer les fonctions de maintenance technique des bâtiments, de gestion économique des énergies du bâtiment, de sécurité et protection-maîtrise du confort thermique, acoustique et visuel et enfin de gérer les informations et les communications.

Le domoticien doit être capable de conseiller l’utilisateur, coordonner et organiser l’étude et la réalisation technique de bâtiments, automatiser et gérer la maintenance des différents services techniques et identifier et quantifier les besoins exprimés dans le domaine de l’aménagement technique du cadre de vie.

Votre Haute Ecole est la seule à proposer un bachelier en domotique. Quels sont les axes de formation ?

La création de ce bachelier en gestion technique des bâtiments correspond à une
volonté de mettre sur le marché des spécialistes polyvalents. La formation s’organise autour de cinq axes dans le domaine du bâtiment :
- la gestion énergétique (économie d’énergie, chauffage, climatisation…)
- la gestion électrique (installations électriques, câblages…)
- la sécurité (gestion d’accès, systèmes d’alarme…)
- l’automatisation de l’environnement (réseaux, automates, microprocesseurs…)
- la domotique (systèmes BUS, Internet, gestion d’éclairage…)
Le programme associe étroitement la théorie et la pratique (laboratoires, projets, stages).

Des connaissances en informatique sont-elles nécessaires ?

Non pas du tout ! D’ailleurs, cela me gêne un peu que nous soyons répertoriés comme "bachelier en Informatique et système". En effet, il n’y a aucun cours de langage de programmation. On fait plutôt de la paramétrisation de systèmes domotiques. De même, il ne faut pas être un génie des maths pour réussir ces études. Il y en a d’ailleurs très peu dans la formation.

Combien d’étudiants sont inscrits dans ce bachelier ?

Une trentaine dont une seule fille. Pourtant la profession ne fait aucune distinction entre les sexes.

Quelles pourraient être les évolutions futures du métier ?

La domotique est encore relativement récente et tant à se propager de plus en plus au sein même des autres secteurs professionnels, comme l’architecture par exemple. Elle va se décliner sous différentes formes. Je ne suis pas devin mais on peut penser que de plus en plus de robots vont entrer dans la vie quotidienne des gens. Si on laisse notre esprit s’envoler, on peut rêver de machines intelligentes (aspirateurs, tondeuses à gazon…), du développement des commandes vocales (cela existe déjà mais le système n’est pas encore très performant), etc.
Actuellement,  la  domotique  progresse  beaucoup  dans  le  confort  des  personnes âgées et/ou handicapées. D’ailleurs, le bachelier comporte un cours d’ergothérapie afin justement de pouvoir envisager des systèmes permettant de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite.

Pourriez-vous nous citer une facette moins connue du métier ?

Le domoticien est un spécialiste de l’énergie solaire photovoltaïque.

Que diriez-vous à un jeune pour le convaincre de se lancer dans la profession ? 

S’il recherche une profession dynamique et diversifiée, la domotique correspondra à ses attentes. Le métier demande une extrême polyvalence. Un jour on peut être amené à travailler dans le chauffage et le lendemain sur un système d’alarme. S’il aime concevoir des systèmes et les installer, cette profession est faite pour lui. Par ailleurs, les entreprises sont demandeuses de gens avec ce type de profil.

Et quel conseil donneriez-vous à un jeune diplômé ?

Se former continuellement, le secteur étant en perpétuelle évolution. D’ailleurs, parmi les Centres de Technologies Avancées (CTA) présents dans les écoles secondaires bruxelloises et wallonnes, un concernera plus spécialement la domotique : il sera installé dans le Collège d’enseignement technique des Aumôniers du Travail de Charleroi.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.