François Colin, Pilote de ligne

Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de devenir pilote ?   

A 10 ans j'ai eu l'occasion d'accompagner un équipage SABENA lors d'un vol sur le Portugal. C'est à la suite de ce vol que j'ai su que je voulais vivre dans ce genre d’environnement et maîtriser ces impressionnantes machines.

Quels types de vols effectuez-vous ? 

Toutes les destinations disponibles depuis Madrid. Il s'agit principalement de vols courts et moyens courriers vers l'Europe et le Maghreb.  

Quelle formation avez-vous suivie? 

Il y a deux filières possibles pour arriver à obtenir les licences nécessaires : la formule modulaire ou intégrée. Certaines écoles sont spécialisées dans l'une ou l'autre et d'autres offrent le choix. Personnellement j'ai opté pour la modulaire. Elle m'a permis d'avancer étapes par étapes. La formation totale m'a prise quatre ans, de 2007 à 2011. 
  

Cette formation vous a-t-elle coûté cher ? 

La formation totale m'a coûtée plus ou moins 65.000 euros. Les prix varient beaucoup, en fonction que l'on opte pour une formule ou pour une autre. Les écoles disposent de renseignements précis à ce sujet. Il faut donc bien se renseigner. 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après l'obtention de ma licence, j'ai postulé pendant deux mois et j'ai décroché une interview chez Ryanair. Elle fut la bonne ! J'ai également effectué quelques travaux aériens (photo aériennes, surveillance aérienne, etc.). En effet, il y a pas mal de petits boulots à effectuer dans l'aviation, autres que le fait de piloter un avion de ligne, mais les places sont rares.

Qu'est-ce qui vous plaît dans ce métier ? Est-il conforme à ce que vous espériez ? 

Ce job est extrêmement prenant et le plaisir qu'il procure est à la hauteur de la tâche. Chaque vol est un énorme sac de variables à analyser, à interpréter et les décisions qui en découlent ont des répercussions directes sur le bon déroulement d'un voyage. Sentir que l'on contrôle la machine est très agréable. Il y a très peu de marge d'erreur et un travail de qualité est demandé à tout instant.
Au cours de la formation, on imagine ce que le métier sera ou pourrait être mais ce n'est qu'une fois que l'on commence à travailler que l'on se rend compte de l'ampleur de la tâche. 

Quels sont les côtés négatifs ? 

La solitude due à l'éloignement. Se retrouver seul à l'étranger après une longue journée de travail est parfois plus difficile qu'on ne se l'imagine. En outre, le métier est physiquement et mentalement éprouvant. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par votre métier ? 

De bien réfléchir et d'être conscient de tout ce que ce choix implique. Suivre la formation de pilote n'est pas aussi simple que de s'inscrire à l'université ou en haute école. Il serait dommage, un an après, de se rendre finalement compte que cela ne convient pas. Surtout que la formation demande énormément d'investissement financier mais encore plus personnel. Si je peux parler de ma propre expérience, je dois bien avouer que je ne m'étais pas posé beaucoup de questions avant de commencer les cours. Je partais du principe que lorsque l'on est passionné et que l'on visualise son objectif, peu importe les embûches rencontrées sur le chemin, on  passe toujours bien au-dessus. Avec toutefois la crainte de déchanter, j'ai continué à foncer. Ce n'est que tout récemment, lorsque j'ai été engagé par Ryanair, que j'ai su que j'avais eu raison de suivre mon instinct ! L'aviation m'a donné et continue à me donner mes plus grandes joies. C'est un métier réellement hors du commun.
Finalement, le meilleur conseil que je puisse donner à une personne voulant se renseigner est de se rendre auprès des personnes engagées dans ce genre de formation. Il ne faut jamais avoir peur de pousser les portes des écoles ou des aéro-clubs et d'entrer dans ce monde. Il y aura toujours un aviateur prêt à vous renseigner ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.