François-Xavier Boutry, Laborantin CQ

Interview réalisée en juin 2009

La société Floridienne Chimie, fondée en 1898, tient son nom de sa vocation première : l’exploitation de gisements de phosphate dans la région de Liège et en… Floride ! Située à Ath, elle s’est forgée une réputation internationale dans la production de sels de métaux non ferreux et de stabilisants pour le PVC. Au cœur du labo contrôle qualité, François-Xavier Boutry, 27 ans.

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

J’ai achevé en 2004 un graduat en biochimie orientation environnement à la Haute Ecole Provinciale du Hainaut Occidental (HEPHO) à Ath. J’ai enseigné les sciences pendant six mois avant d’être engagé par Floridienne Chimie où j’ai débuté comme intérimaire.

Comment pourrait-on décrire votre profession ?

Le laborantin contrôle qualité a pour mission de contrôler tous les produits qui entrent ou sortent de l’usine. Le chef de section apporte un produit, on lui fournit sa concentration exacte, on détermine ses qualités, on précise s’il est conforme ou non et on l’achemine dans les différents départements de l’usine. Cette fonction a toute son importance car les sociétés sont de plus en plus exigeantes au sujet des produits qui leur sont vendus. 

Quelles qualités faut-il réunir pour exercer cette profession ?

Il faut être méticuleux et bien organisé. On travaille en équipe donc il faut faire preuve de sociabilité et savoir faire des compromis.
Des connaissances techniques en chimie sont bien évidemment indispensables mais aussi des connaissances informatiques (Outlook, Excel) et en anglais afin de pouvoir comprendre les étiquettes des produits. En interne, on est aussi formés à la manipulation et à l’entretien de certaines machines. Cela permet notamment d’approfondir la formation scolaire.

Quels sont ses avantages et inconvénients ? Cette profession comporte-t-elle des risques ?

Vu qu’on ne travaille pas en production, on peut répartir sa charge de travail sur sa journée. Chez Floridienne Chimie, les laborantins travaillent de 7h30 à 16h30 mais, dans d’autres usines, ils peuvent parfois travailler en pauses ainsi que les week-ends. Un aspect sur lequel on n’insiste pas lors des études.
Des inconvénients, je n’en vois pas. Par contre, il y a des risques réels pour la santé. Dans cette entreprise, les laborantins CQ sont en contact avec des sels de plomb, des sels de cadmium. Cela nécessite le port d’équipements de protection individuelle (EPI) : masque, lunettes, tabliers et bottines. La sécurité est devenue une notion essentielle dans les usines chimiques. On travaille avec des produits corrosifs donc il faut être conscient de ce que l’on fait. Notre bagage scolaire nous y aide.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

J’apprécie le fait de travailler dans un laboratoire de contrôle. J’ai toujours aimé les sciences et la recherche. On ne se rend pas assez compte que la chimie est à la base de la pharmacie, de la construction… bref de tous les produits que nous utilisons. C’est une transformation chimique qui permet à la pierre de devenir du ciment. Ici, on part d’un lingot de plomb qu’on oxyde pour obtenir de l’oxyde de plomb. Ensuite, on l’utilise dans différents mélanges comme stabilisant pour le PVC, qui servira ensuite pour la construction. A l’origine de tout cela, il y a la chimie !

Cette profession a-t-elle évolué ces dernières années ? De quelle manière ?

Oui, On a informatisé les résultats, ce qui offre la possibilité de faire des graphiques et d’avoir une vue globale de notre travail. Le matériel est de plus en plus perfectionné. Ainsi, les dilutions s’effectuent à présent automatiquement ou encore on utilise un aéromètre électronique. Le labo qualité a un grand rôle dans l’usine. Il permet de contrôler les produits livrés aux clients, des clients de plus en plus exigeants.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par ce métier ?

Il faut faire des stages en entreprise. Pour l’instant, nous avons des étudiants en rhéto qui viennent faire deux semaines de stage d’observation, ce qui est une bonne chose. Les débouchés sont forts variés. Par exemple, lors de mes études, j’ai pu apprendre le fonctionnement des stations d’épuration. Les études en chimie ouvrent en fait de nombreuses portes, d’où la nécessité de bien s’informer.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.