Frédéric Blondeau,
Responsable du service Culture de l'UCL

Interview réalisée en avril 2013

Quelles sont les différentes missions du service culture ?

Nous travaillons selon trois grands axes.

Nous essayons d’offrir des activités culturelles (expositions, concerts, spectacles…) les plus riches et les plus diversifiées possibles à la communauté universitaire (étudiants et personnel). Nous fonctionnons selon une saison culturelle, lors de laquelle nous développons une thématique proposée par un artiste résident. Nous soutenons (logistiquement et financièrement) également les acteurs culturels du milieu étudiant, comme les kots à projets (orchestre symphonique, chorale universitaire, troupes de théâtre…), par exemple. Nous avons également mis en place un Fonds de développement culturel qui permet de financer une initiative culturelle via deux appels à projets annuels. Ce Fonds remporte un grand succès puisque nous recevons environ une trentaine de dossiers pour chaque appel à projets. Nous nouons également des partenariats avec les acteurs culturels locaux (centre culturel, salle de concerts, théâtre, musée, etc.).

Le rôle de notre service est également d’essayer d’inscrire la culture dans la formation des étudiants, de façon à ce que cela ne soit pas uniquement un loisir, un passe-temps. L’UCL propose notamment une mineure[1]en Culture et Création, ouverte à tous les étudiants, toutes sections confondues. On y aborde l’histoire de culture mais aussi la musicologie, le théâtre, la danse, le cinéma… Nous proposons également des rencontres avec des artistes et un séminaire animé par un artiste en résidence, qui est différent chaque année. Ce séminaire touche à toutes les disciplines : théâtre (Pietro Pizzuti), musique (Bernard Foccroulle), cinéma (les frères Dardenne), littérature (François Bon) et cette année, la danse, avec Michèle Anne De Mey. Elle travaille avec les étudiants sur une chorégraphie qui sera présentée publiquement en fin de séminaire. Il s’agit donc d’une véritable initiation à une pratique artistique, sans pré-requis nécessaires.

Enfin, le troisième axe concerne la démocratisation de la culture. Nous essayons vraiment que toutes nos activités soient accessibles, voire gratuites. Les étudiants ont la possibilité d’acheter une carte culture qui leur permet de bénéficier de réductions chez une centaine d’opérateurs culturels en Wallonie et à Bruxelles. Nous comptons environ 5.000 adhérents. 

Comment  faites-vous la promotion de toutes vos activités ?

Nous utilisons différents canaux : newsletter culture, site internet, réseaux sociaux mais aussi des mails directs. Si l’informatique prend de plus en plus d’importance, l’affichage continue à bien fonctionner, surtout pour les expos. Nous envoyons également des invitations aux vernissages d’expos.

Quelles sont les qualités à posséder pour exercer ce métier?

Dans notre service, nous ne sommes que deux. Il faut dès lors être polyvalent, pouvoir faire un peu de tout, de la rédaction de contrats au plantage d’un clou pour une expo ! Une fois que l’artiste choisit sa thématique, il faut la développer, trouver des activités, visionner des spectacles. Il s’agit donc d’une fonction complète, diversifiée, pour laquelle il faut pouvoir anticiper, faire preuve de créativité et surtout, être très organisé. Nous passons par une remise en question constante de nos activités afin de proposer de nouvelles choses à chaque fois. 

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre métier ?

Il y a toujours le défi d’attirer, de toucher le public. Nous prenons un risque à chaque projet proposé car nous ne savons pas comment ce public va réagir, surtout un public étudiant ! Parfois, nous devons faire face à la concurrence entre toutes les activités proposées par l’université ou les cercles étudiants et donc, cela nécessite un gros travail de communication. Nous comptons beaucoup sur les étudiants pour servir de relais. Il y a donc toujours une part d’imprévu qui n’est pas facile à gérer.

Enfin, même si nous sommes soutenus par les autorités de l’université, il faut toujours prouver que ce que nous faisons est utile. La culture n’est en effet pas toujours considérée comme étant une priorité. 

Quel est votre parcours personnel ?

J'ai obtenu un diplôme en communications sociales à l'IHECS avant de travailler comme journaliste en radio (RFM et RTBF) pendant cinq ans. Ensuite, j’ai travaillé pendant 12 ans pour l’évêché de Tournai où j’ai mis en place un service de communication. Ensuite, j’ai été engagé à l’UCL, dans le service communication et recrutement des étudiants pour commencer. J’ai toujours eu un intérêt marqué pour le domaine culturel. J’ai lancé des expositions d’art contemporain, des spectacles…Je suis également un peu musicien et peintre à mes heures perdues.  

Quant à ma collègue, elle a fait les romanes et a toujours souhaité travailler dans le domaine culturel. Elle avait d’ailleurs participé au séminaire d’artiste en résidence consacré au théâtre lorsqu’elle était étudiante. 



[1]Une mineure est une option complémentaire de 30 crédits que l’étudiant peut choisir, en fonction de son programme, dès sa deuxième année d’études, parmi les mineures offertes par sa faculté ou par d’autres facultés. Elle peut être répartie sur les deuxième et troisième années du programme de bachelier. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.