Frédéric Broothaers,
Développeur flash

Interview réalisée en juillet 2009

Quelle(s) formation(s) avez-vous suivie(s) ?

J’ai suivi une formation en illustration à Saint Luc, à Tournai. J’y ai appris les techniques traditionnelles sur papier car à l’époque nous n’avions pas du tout abordé le côté informatique, qui n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui. L’école manquant sans doute aussi de moyens financiers pour investir dans le matériel requis, et n’ayant sans doute pas vu venir le succès de ce nouvel outil.
Par la suite, après avoir décroché un job de webdesigner, j’ai pu suivre, via mon employeur, diverses formations complémentaires : Flash, illustrator, photoshop, programmation Java, javascript, php, etc.

Quel est, en quelques mots, votre parcours professionnel ?

A la fin de mes études, j’ai fait des petits boulots en illustration pour des commerçants locaux (affiches, tarifs, décoration de vitrines de noël, panneaux publicitaires, etc.). Le tout, peint à la main.
Voyant que cela ne me permettrait pas d’en vivre, j’ai investi le peu d’argent que je gagnais dans un PC et me suis arrangé pour obtenir des copies de logiciels afin d’apprendre à utiliser les plus courants du marché. C’est l’époque (fin 1995) où Internet a commencé à être connu du public. J’ai créé mon premier site internet afin d’y présenter mon travail. J’ai également créé un site internet consacré au film de Tim Burton, l’étrange Noël de Mr Jack (www.etrange-noel.net). Ce site m’a permis de rencontrer les auteurs de la version française, qui m’ont donné les autorisations exclusives d’utiliser les images et les chansons. C’est devenu le site « autorisé » de la version française…

C’est donc en tant qu’autodidacte que je me suis mis à l’informatique. C’est là que j’ai appris le html et le javascript dans un premier temps, et que j’ai touché pour la première fois à Flash, dans sa version 2, afin d’animer mon site. Cet apprentissage a rapidement porté ses fruits puisqu’il m’a permis de décrocher mon premier job en tant que webdesigner, dans une petite start-up bruxelloise (Oxygenweb). Etant donné que nous n’étions que 3, j’ai du apprendre à programmer, gérer un serveur, bref, j’ai étendu mes connaissances « sur le tas ». C’était une expérience très enrichissante.

Au bout d’un an dans la start-up, j’ai répondu à une annonce du Forem qui recherchait un webmaster pour créer son nouveau site, hotjob.be. Après une série de tests, j’ai décroché cet emploi qui m’a permis de découvrir le travail au sein d’une grosse structure, où chacun a une tâche bien déterminée, contrairement à ce que j’avais connu dans la start-up de mes débuts.
Ce poste m’a permis de suivre un grand nombre de formations de pointe, dans les meilleurs centres agréés Macromedia et Adobe de Paris, ce qui m’a permis d’encore développer mes connaissances en Flash.

J’ai occupé ce poste pendant 9 ans, après quoi j’ai eu envie de relever de nouveaux défis. J’ai donc pris une pause carrière de 6 mois pour intégrer le pôle « Recherche et développements » de La Redoute, en tant que développeur multimédia. Nous avions comme mission de migrer le site vers une version « 2.0 ».

Au terme de cette mission, j’ai réintégré pour un an mon poste de webmaster au Forem, avant de postuler en interne pour un job de webdesigner au sein du département Communication & Marketing, car je souhaitais revenir au design, développement d’interfaces et retravailler sur l’ergonomie du site. De plus cela me permet, via les campagnes de communication et le bannering, de développer à nouveau en Flash. J’occupe ce poste depuis 18 mois.

Parallèlement à cela, j’ai créé, fin 2001, un studio de création multimédia en tant qu’indépendant complémentaire (www.piwisgraphics.be) et, en collaboration avec des rédacteurs, designers, et programmeurs freelance, je crée des sites internet pour d’autres sociétés.

Quelle définition donneriez-vous à votre métier ? 

Un métier passionnant qui est un subtil mélange de graphisme, de technologie, et demande à la fois de la rigueur et de la créativité…

Qu’est-ce qui est essentiel à vos yeux lorsque vous démarrez un nouveau projet ?

De bien savoir ce qu’on veut obtenir comme résultat au final. Ensuite, mon boulot, c’est d’y arriver, peut importe comment. Mais il me faut une commande très précise.

Racontez nous votre quotidien, une journée type…

ça commence souvent par une réunion afin de déterminer ce qu’on fait aujourd’hui, de répartir les tâches. Ensuite, je passe la plupart de mon temps devant l’écran, soit à créer des graphismes dans photoshop ou illustrator et ensuite les importer dans Flash, soit à programmer

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier et quels sont les points négatifs ?

Ce qui me plait le plus ce sont les défis toujours plus difficiles à relever, des animations de plus en plus complexes à créer, en tenant compte de plus en plus de paramètres (ergonomie, accessibilité, compatibilité entre systèmes, etc.). Comme je suis illustrateur, j’adore aussi le fait de pouvoir donner vie aux personnages que je crée.
Ce que j’aime moins, c’est que parfois le client ne nous laisse pas suffisamment de liberté ou de créativité, mais heureusement,  ce n’est pas le cas pour moi.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer votre profession ?

Avoir de la créativité, de la réactivité, savoir sans cesse se tenir à jour de l’évolution des techniques, être curieux, astucieux aussi pour trouver comment contourner certains problèmes.

Quelles sont les différents « produits « que vous pouvez réaliser ?

Des bannières publicitaires, animées ou non, des dessins animés en 2D, des menus dynamiques, des jeux, des interfaces utilisateurs originales et ergonomiques.

Est-ce un travail d’équipe ? Si oui, quelles sont les autres professions qui interviennent ?

Tout dépend de la structure dans laquelle vous travaillez. Si vous travaillez dans une toute petite structure et que vous êtes polyvalent, on vous demandera à la fois de réaliser la partie graphique de l’animation Flash et sa programmation. Dans une plus grande structure, un webdesigner s’occupera probablement de créer les éléments graphiques et un programmeur Actionscript viendra leur donner vie en les animant.

Vous exercez ce métier depuis plus de 10 ans, quelles sont les évolutions que vous avez pu remarquer ?

Au début, Flash n’était qu’un logiciel d’animation simpliste basé uniquement sur le graphisme. Macromedia a ensuite fait évoluer le programme en lui ajoutant un langage de programmation de plus en plus avancé (aujourd’hui orienté objet), ce qui a eu comme conséquence de complexifier le logiciel et de faire « fuir » beaucoup de graphistes. Lorsque Adobe a racheté le programme, ils en sont revenus à un meilleur équilibre et ont offert la possibilité à chacun de l’utiliser selon ses besoins : les graphistes purs peuvent faire des animations de base sans s’encombrer d’apprendre un langage devenu trop complexe, tandis que les programmeurs peuvent aller très loin dans l’interactivité.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes attirés par la profession ?

De se lancer dans des projets personnels fous pour repousser leurs limites et chercher à résoudre des problèmes plus complexes, de ne pas se cantonner à ce qu’ils savent faire, quitte à poser des questions dans les forums et d’échanger des astuces avec d’autres développeurs.

De se maintenir à jour au niveau des connaissances, de faire beaucoup de veille, car c’est un métier où tout évolue très vite…

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.