Frédéric Goffin,
Electromécanicien, chef de maintenance

Interview réalisée en septembre 2006

Frédéric Goffin a 28 ans. Il est électromécanicien de maintenance depuis octobre 2000 dans le département entretien et maintenance de Decto. Située à Fleurus, cette société comporte un centre d'usinage qui réalise principalement des grosses pièces pour des bras d'excavatrices.

Quelle est votre formation ?

En commençant l'enseignement secondaire, j'ai pu notamment découvrir l'électricité, la mécanique et l'équipement du bâtiment. Ensuite, j'ai fait mes techniques de qualification en électromécanique. Enfin, en 5ème et 6ème années, je me suis orienté dans une section électronique industrielle basse et haute puissance.

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai terminé mes études en 1998. En septembre 1999, j'ai commencé à travailler pour une société frigorifique qui commercialisait des légumes surgelés. De mars à juillet 2000, j'ai été conducteur de train à la SNCB. Finalement, en octobre 2000, j'ai été engagé comme technicien de maintenance chez Decto.

Quelles sont les qualités requises dans votre travail ?

Au départ, il est nécessaire d'être un bon bricoleur mais il faut aller au-delà de ses connaissances scolaires car de nouvelles machines apparaissent tous les jours. Il faut se familiariser avec elles, savoir étudier et se former afin d'en connaître le fonctionnement. Il faut aussi être doué en informatique.

Quelles sont les contraintes du métier ?

Logiquement, c'est un métier à pauses. Au début, je les faisais dans la société frigorifique pour laquelle j'ai travaillé. On sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça finit. Il y a aussi les services de garde. Il peut arriver que l'on m'appelle à 3h du matin pour une machine qui est en panne. C'est un métier lourd et fatiguant. Les risques d'avoir un accident de travail sont élevés quand on est électromécanicien : un coup de tournevis qui dévie de sa trajectoire, une pièce qui vous tombe sur la main, tomber de l'échelle... Tout dépend en fait du milieu de travail.
Dans la sidérurgie, le risque concerne les poumons. En peinture, les solvants peuvent être dangereux. Enfin, des problèmes de dos peuvent survenir au fil du temps car on est rarement dans une position confortable.

Le métier a-t-il évolué ?

Le métier et la technique évoluent constamment et il faut évoluer avec elle.

D'où l'importance de la formation continuée ?

Ce que l'on voit à l'école constitue la base minimum de ce qui va servir quand on va travailler. En fait, c'est un apprentissage de tous les jours. On reste un perpétuel étudiant.

Est-ce un métier d'avenir ?

On aura toujours besoin d'électromécaniciens de maintenance, c'est-à-dire de personnes qui entretiennent les machines. C'est très vaste comme métier et les débouchés sont nombreux.

Qu'auriez-vous envie de dire au jeune qui souhaite devenir électromécanicien de maintenance ?

Il y a du travail pour lui ! On ne trouve plus beaucoup de personnes qui veulent exercer ce métier. Généralement, les candidats préfèrent un horaire 9h-17h.

Beaucoup de jeunes s'en vont après deux ou trois journées de travail. Au contact de la graisse ou de l'huile, ils jugent que c'est trop sale. Ils trouvent aussi que c'est trop fatiguant. C'est une profession recherchée mais il faut en vouloir !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.