Gaëtan Gompel, Coloriste textile

Interview réalisée en octobre 2014

Comment définiriez-vous le métier de coloriste textile?

Difficile, car il faut beaucoup de temps pour apprendre le métier. Mais c’est aussi un métier passionnant.

Pourrait-on décrire une journée-type ?

Prenons par exemple une personne qui travaille de 5h à 13h.

Tout d’abord, elle prend contact avec le nuanceur qui a fait la nuit. Celui-ci l’informe des problèmes qu’il y a eus, des teintures et des problèmes en cours. Il y a toujours des problèmes avec les teintures !

Après, en fonction du programme établi pour la teinture, il y a des coloris à mettre au point. Il faut décharger les machines qui sont bonnes et les recharger pour effectuer une autre teinture. En fait, il n’y a pas vraiment d’arrêt. Il y a très peu de temps de pause car il y a une personne pour sept machines.

La durée de la teinture est très variable. Si on parvient à faire directement le coloris avec la recette de base, c’est l’Amérique ! Mais ce n’est pas souvent le cas… Il y a des différences de fils, etc. C’est très complexe.

Ensuite, il faut parvenir à faire la correction. On a un modèle-type. Avec l’expérience, on parvient à déterminer s’il manque du jaune, du bleu, etc. On utilise le triangle des couleurs : le contraire d’une couleur de base est la somme des deux autres. Si c’est trop rouge, on met du jaune et du bleu. Si c’est trop jaune, on met du rouge et du bleu.

Une journée-type comprend donc la mise au point des coloris, charger et décharger les machines, détorsionner le tissu c’est-à-dire l’ouvrir car il sort en boyau.

Pourriez-vous citer quelques avantages et inconvénients du métier ?

C’est difficile quand on refuse un coloris.

On fait notre teinture. On estime que le produit est bon. Ensuite, le tissu suit tout son cycle : séchage, enduction éventuelle, visite. A la visite, une personne contrôle le coloris. Elle vérifie s’il correspond vraiment au master que l’on a. Quand le coloris est refusé, c’est frustrant. Pour un coloriste, il est stressant de penser qu’un coloris pourrait être refusé. Mais avec l’habitude, on s’y fait.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre métier ?

J’aime tout ! A peu près tout. On a la chance d’avoir un métier. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.