Geert Heylen,
Directeur général de Febelgra

Interview réalisée en juin 2013

Qu’est-ce que Febelgra ? 

Febelgra est la fédération professionnelle représentative de l’industrie graphique belge. Elle représente toutes les entreprises indépendantes des secteurs de l’imprimerie, du prépresse et de la finition. Febelgra compte plus de 700 entreprises affiliées qui, ensemble, totalisent 62 % de la main-d’œuvre du secteur.

Quels sont vos métiers ?

Ils se répartissent principalement en 3 activités, souvent représentées au sein d’une même entreprise. 
Le prépresse, qui regroupe les métiers de la conception graphique : l’infographie, l’imagerie virtuelle auxquelles nous pourrions ajouter le webdesign.
L’imprimerie, où nous retrouvons différents types fabrication : l’offset à feuille, la rotative en continu, l’héliogravure, le digital grand ou petit format.
La finition, qui consiste en l’ennoblissement de l’imprimé : rognage (coupe), cousage (reliure), vernissage, pelliculage (placement d’un film plastique), dorure et argent, ainsi que les activités de manutention.

Comment se répartit l’activité au sein de votre groupement ? 

La branche industrielle exige beaucoup de main d'œuvre et de capitaux. Elle rassemble 1.137 employeurs et occupe 13.258 personnes. En Belgique, notre secteur compte en outre 4.463 indépendants (2.799 en tant qu'activité principale, 1.256 en occupation secondaire, 408 actifs après pension). Le secteur graphique est un secteur résolument PME : 74,2% des entreprises emploient moins de 10 travailleurs et 95% moins de 50. En 2011, ce chiffre d’affaires était de 2,86 milliards d'euros (sans les imprimeries de journaux) et de 3,09 milliards d'euros (avec ces imprimeries), 44% de ce chiffre d’affaires étaient dus aux exportations. Quant aux investissements annuels, ils s’élevaient à 155,2 millions d’euros (hors imprimeries de journaux). 

Concrètement, quel rôle jouez-vous auprès de vos membres ? 

Febelgra représente les intérêts et est le porte-parole des entreprises du secteur, quelle que soit leur taille. La fédération intervient comme porte-parole officiel du secteur auprès des autorités régionales, fédérales, européennes et internationales, de l’administration, des syndicats, des médias, du monde académique et des organisations non gouvernementales. Ses actions concernent toutes les matières importantes pour l’industrie graphique. Elles sont surtout centrées sur les réglementations économiques, sociales, fédérales, régionales et internationales, les questions fiscales, juridiques et environnementales et les activités de promotion. En tant que Fédération, Febelgra est responsable des contacts directs et de la prestation de services aux entreprises affiliées.

Comment l’emploi a-t-il évolué dans le secteur, au cours de ces dernières années ?

Malgré une diminution des effectifs ces dernières années, notre secteur a, comme caractéristique, une pyramide des âges inversée en ce qui concerne les travailleurs. La moyenne d’âge est en effet de 45 ans. De ce fait, et par les départs naturels en pension ou prépension, il sera indispensable de remplacer, dans les prochaines années, une part importante des effectifs. Malgré une crise conjoncturelle et structurelle que notre secteur subit de plein fouet depuis 2008, crise partagée par la plupart des secteurs industriels, et qui a réduit les effectifs de note secteur à plus ou moins 12.000 salariés, nous croyons en l’avenir : en effet, la communication, et par delà même les imprimés, occupe toujours une place importante dans l’économie.

Et quelles sont les perspectives ?

L’émergence de nouvelles technologies, par exemple le digital grand format, offre des perspectives nouvelles en termes de débouchés et de niches : les bâches, l’affiche, l’habillage de véhicule, l’impression sur des supports de plus en plus variés (aluminium, plexiglas, vinyle…).
C’est pourquoi via les Fonds sectoriels de formation nous menons une politique active de soutien des écoles graphiques et des organismes publics de formation professionnels (Forem, Actiris, VDAB) en leur permettant de rester à la pointe des technologies telles qu’utilisées dans nos entreprises.
Rappelons, par exemple, que le taux d’insertion du Cepegra Gosselies (Centre de Compétence en Région Wallonne pour l’industrie graphique) est de 70 % pour la section imprimerie.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.