Géraldine Focant, Chef de choeur

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Interview réalisée en juillet 2011  —  Interview 937

Géraldine Focant est chef de choeur et directrice musicale du Choeur d'enfants du Hainaut.

 

Présentez-nous le Choeur d'enfants du Hainaut. Quelles sont ses activités?

Il s’agit d’une école de chant où les choristes sont répartis en deux groupes : une chorale d’enfants et une chorale d’adolescents. Leur objectif est de venir apprendre à chanter. On monte ensuite des spectacles qu’on présente au public. Le public peut être composé de parents ou de personnes tout à fait inconnues. La vie du groupe est importante : on organise des camps musicaux en Belgique, des tournées à l’étranger…

 

En quoi consiste votre fonction de chef de choeur?

J’assure la formation des enfants : je leur apprends à chanter, à respirer, à interpréter et à ressentir la musique, à se tenir et à se placer sur scène. Je choisis généralement les partitions en fonction de mes propres goûts car je ne pourrais pas transmettre convenablement quelque chose que je n’aime pas, mais aussi en fonction des affinités du groupe. J’essaie de m’adapter aux enfants que j’ai devant moi. Même si j’ai longtemps choisi de la musique classique, avec mon groupe d’adolescents, je me suis plutôt orientée vers les musiques de films. Cela permet notamment de leur proposer plus de mise en scène. Je fais beaucoup de recherches en bibliothèque musicale, sur Internet… J’organise aussi toute la vie de la chorale : les concerts, les camps et les tournées. Par contre, j’ai une équipe de parents qui organisent les activités (souper, marché de Noël…).

 

Quelle est la différence entre le métier de directeur musical et celui de chef de choeur?

Pour moi, il n'y a pas de différence entre les fonctions de directrice musicale et chef de chœur.

On peut être directeur musical ou chef de chœur :

- dans un cadre professionnel, par exemple un opéra : le chef est professionnel et les choristes aussi ;

- dans un cadre privé: le chef est professionnel mais les choristes sont amateurs. 

En Belgique, les chorales professionnelles sont très peu nombreuses. Dans celles-ci, on fait parfois la différence entre le chef de chœur qui forme les choristes et le directeur musical (ou artistique) qui sélectionne le répertoire et conclut les contrats de prestations. Ces professions sont reconnues et rémunérées. 

Mais comme il y a très peu de chorales professionnelles, les gens qui ont ma formation se tournent  vers l'enseignement (en académie ou en privé) ou les chœurs amateurs.

Au niveau amateur, que ce soient des choristes adultes ou enfants, le chef de chœur et le directeur musical ne sont qu'une même et seule personne.

Ce travail est souvent non rémunéré ou très peu rémunéré, c'est le gros problème en Belgique par rapport aux autres pays car c'est difficile d'en vivre. La seule solution est d'être artiste ou indépendant, mais c'est toujours un statut non reconnu.

Quel est votre parcours?

J’ai fait des humanités générales, tout en suivant des cours de musique à l’académie. J’ai fait du solfège, du piano, de l’orgue, de la flute traversière. J’ai touché un peu à tout. Je n’étais pas vraiment une musicienne motivée dans un seul instrument. J’ai ensuite fait un régendat en pédagogie musicale à l’IMEP à Namur, déjà dans le but de diriger des chœurs d’enfants. J’y ai également suivi un an en lauréat-chant. Outre la direction de chorale, j’ai aussi enseigné la musique dans l’enseignement spécial pendant 10 ans et en académie pendant 4 ans. 

Quelles sont les qualités à posséder pour exercer votre métier?

Il faut de la passion. On ne compte pas ses heures, surtout en tournées ou lors des camps. Il faut des compétences musicales, de la patience, de la diplomatie avec les enfants, les ados et les parents. Il faut pouvoir négocier, s’adapter aux différents répertoires et aux différents groupes. La formation continue est importante. Je continue à suivre diverses formations sur la voix, la mise en scène… pour pouvoir m’adapter aux styles qui évoluent sans cesse. 

Qu'est-ce que vous appréciez le plus dans votre travail? Le moins?

J’apprécie le contact avec les enfants, la satisfaction pendant et après un concert. J’aime le principe d’arriver à faire quelque chose de cohérent et de beau avec des enfants venus de tous horizons et avec des bagages différents. J’aime moins l’aspect pratique des choses comme le secrétariat, la comptabilité… Ce n’est pas évident non plus de déléguer car je connais bien les enfants et je sais généralement ce qui leur convient.

En tant que musicienne, vous n'avez jamais songé à vous lancer dans une carrière en solo?

Non car je savais dès le départ que je n’étais pas faite pour cela ! Je pense que je n’étais pas assez bonne instrumentiste que pour me lancer dans une carrière solo. Par contre, je rêvais d’enseigner car la pédagogie et le travail des voix d’enfants me passionnaient ! Dans une carrière solo, on est aussi très seul, et moi j’aime trop la vie en groupe.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui voudrait se lancer? 

Je lui dirais de contacter du monde et d’aller voir ce qui se fait un peu partout au niveau des chorales, surtout dans d’autres pays. Demander à plusieurs chefs de pouvoir les suivre, de voir comment ils travaillent. Il n’y a que comme ça que l’on sait si on aime ou non.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.