Giuseppe,
Professeur de langue étrangère dans le secondaire

Giuseppe, 28 ans, enseigne l'anglais dans une école libre du secondaire.

Dans quelles années enseignez-vous ?

Cette année j'ai la chance d'avoir un horaire complet. J'enseigne l'anglais dans les trois premières années du général ainsi qu'en 4e technique de qualification et en 3e, 4e, 5e et 6e professionnelle. Je suis temporaire.

Quel a été votre parcours scolaire ?

J'ai choisi mes six années du secondaire général puis, comme j'adorais la pratique des langues, je me suis orienté vers la traduction. Je me suis inscrit dans une Haute Ecole dans laquelle j'ai appris l'anglais et l'espagnol. Mon but était de devenir traducteur mais une chose m'a rebuté : devenir indépendant. Beaucoup de traducteurs travaillent comme indépendants et cela, je n'y tenais pas.
J'ai travaillé durant cinq mois dans les assurances mais je n'aimais pas du tout. Je n'utilisais pas suffisamment les langues à mon goût. Et je passais mon temps au téléphone à demander aux clients de payer ce qu'ils devaient à la société ! Ce n'était vraiment pas dans mon tempérament. J'ai voulu trouver un métier plus riche en contacts humains. Alors je me suis dit : pourquoi pas me tourner vers l'enseignement ? J'ai donc fait durant deux ans en cours du soir mon Certificat d'Aptitude Pédagogique (CAP).
Un mois après mon inscription, j'ai été appelé pour remplacer à mi-temps un professeur malade dans une école secondaire. J'y suis toujours actuellement mais maintenant pour un horaire complet. Mes stages, obligatoires dans le CAP, je les ai donc faits dans mon école.

Enseigner n'était donc pas au départ une vocation ?

C'est une vocation tardive. Je n'y pensais pas au départ mais plus les mois passent plus je découvre que je suis vraiment fait pour ce métier. En classe, je ne vois pas le temps passer.

Quelles sont les avantages de votre métier ?

Assurément le contact avec les élèves. Quand on prend du temps pour préparer une leçon et qu'on voit qu'elle fonctionne en classe, que les élèves sont intéressés par la matière que vous donnez, c'est particulièrement gratifiant. Certains sont très attirés par l'anglais et demandent toujours pour en savoir plus.
J'apprécie aussi beaucoup le fait de pouvoir passer du temps à domicile pour préparer mes leçons. Je lis des manuels pour enrichir mon cours, je fais des recherches sur internet, je vais dans des bibliothèques, ...

Et les inconvénients ?

Tous les enseignants débutants vous le diront : l'incertitude liée à notre avenir. Je suis temporaire, ce qui fait qu'à tout moment un enseignant nommé ou le professeur malade que je remplace peut (ré)intégrer l'école. Par exemple, je ne suis pas du tout certain de terminer l'année ! Cela augmente le stress. On se demande parfois si ça vaut la peine de préparer des cours car peut-être que la semaine suivante on n'est plus dans l'établissement.
Comme autre inconvénient, je citerais la fatigue morale. Quand on revient d'une journée durant laquelle on a donné 6 ou 7 heures de cours, je peux vous assurer qu'on est épuisé.
Je ne suis heureusement pas confronté à l'indiscipline mais il est vrai que certains élèves sont plus difficiles, ou tout du moins plus bruyants que d'autres. A la fin de la journée, j'ai les oreilles qui sifflent ! Je suis un professeur plutôt « cool » mais j'essaie d'imposer des limites aux élèves. S'ils les dépassent, je sévis.

La manière d'enseigner est-elle différente du général au professionnel ?

J'essaie de donner un aspect plus ludique à mon cours quand je donne cours à des étudiants du professionnel. J'utilise des cas concrets liés à la réalité.

Comment prépare-t-on son cours ?

Pour ma part, je consulte les socles de compétences, qui sont en quelque sorte les « Dix commandements » de l'enseignement. Y sont repris non pas un programme complet mais des indications sur ce que l'élève doit être capable de faire au terme de chaque année. A partir de là, je conçois mon cours en utilisant beaucoup de manuels.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.