Grégory Bedeur,
Conseiller info-énergie

Interview réalisée en janvier 2008

M. Gregory BEDEUR est conseiller info-énergie - Union Wallonne des Entreprises

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je m’occupe principalement de toutes les missions en termes d’énergie. Concrètement, j’aide les entreprises wallonnes à réduire leurs factures énergétiques et donc, à réduire leur consommation. Je conseille sur les technologies actuelles, je fais des visites et je me déplace dans les entreprises. J’informe également sur les subsides et les aides en matière énergétique sur les modes de réduction de consommation et sur les personnes et organismes ressources. Mon travail comporte aussi toute une partie administrative : rapports, états des lieux de la consommation, tables de calculs, calculs via des logiciels... Beaucoup de missions différentes, mais toujours dans un même objectif : générerune démarche de réflexion énergétique au sein de l’entreprise.

Quelles sont, à votre avis, les qualités personnelles attendues dans ce domaine professionnel ?

Il y en a plusieurs… Une qualité importante est de posséder un background scientifique et technologique assez important parce c’est un domaine dans lequel la technologie avance très vite et il faut pouvoir faire des calculs de dimensionnement assez techniques. Il faut également être capable de communiquer, d’expliquer ce que l’entreprise fait de bien et ce qu’elle devrait améliorer et ce, dans un langage accessible à tout le monde. Un bon sens du contact est donc nécessaire. On appelle cela de la vulgarisation scientifique. Il faut pouvoir être à même de se former soi-même et de se mettre à jour car les technologies évoluent vite. Et puis, on apprend aussi sur le tas et avec l’expérience. Il est important d’aimer travailler en équipe, en collaboration avecd’autres personnes.

Quels sont, à votre avis, les avantages et inconvénients de ce type d’activité ?

J’évolue dans un secteur phare assez innovant, en pleine expansion, assorti d’une demande très variée de compétences. Par contre, je ne vois pas vraimentde gros inconvénients…

Quel est l’horaire de travail ?

J’ai un horaire qui est entièrement flexible. Je travaille par convention avec la Région wallonne. J’ai des objectifs annuels à atteindre, il faut que je remplisse mes objectifs sur l’année. Je gère mon temps comme je l’entends. Mais, il est certain que les objectifs sont mis en place afin d’avoir du travail toute l’année. Mes journées de travail ? En général, je commence vers 9h et je termine vers 18h. Il est clair que beaucoup de réunions, colloques, séminaires et conférences s’organisent en soirée. Il faut y participer pour à la fois se tenir informé, mais également pour établir un réseau de contacts.

Comment décririez-vous le milieu de travail ?

Je fais partie de la cellule environnement dans laquelle il existe plusieurs autres cellules. Je travaille au sein de la cellule énergie où je suis tout seul. J’ai beaucoup de contacts avec mes collègues de la cellule gestion des déchets et avec ceux qui travaillent sur le développement durable dans les zones d’activitéséconomiques. Concrètement, on est une dizaine.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur civil en mécanique avec une orientation spécifique vers tout ce qui est thermodynamique et énergétique. La formation universitaire est intéressante et poussée au niveau théorique, mais le travail sur le terrain s’apprend sur le tas. J’ai également suivi une formation de responsable énergie donnée par l’ICEDD. Il existe toujours des formations intéressantes à gauche et à droite mais il n’existe pas encore de formation générale deconseiller en énergie.

Quelles sont les différentes carrières auxquelles les porteurs de votre diplôme peuvent accéder ?

Dans le domaine des énergies renouvelables, un ingénieur civil pourra travailler dans un bureau d’études spécialisé dans les énergies renouvelables, comme responsable énergie dans une entreprise, réaliser une carrière politique (dans uncabinet ministériel), travailler dans l’administration wallonne…

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Il existe pas mal de possibilités d’emploi dans le domaine des énergies renouvelables car c’est un domaine qui a déjà beaucoup évolué ces dernières annéeset qui continuera à se développer, notamment grâce aux subsides. 

Si c’était à refaire, choisiriez-vous la même profession ? Pourquoi ?

Oui, je referais exactement le même parcours car il correspond à ce que je recherchais. L’URE, pour moi, c’est la première étape par laquelle il faut passer avant de faire appel aux énergies renouvelables. En effet, il vaut mieux d’abord s’occuper de réduire sa consommation d’énergie avant d’essayer de produire du renouvelable. Sinon, c’est comme pédaler à vélo tout en freinant,il vaut mieux d’abord lâcher les freins avant de pédaler plus fort.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

S’il n’a pas encore commencé ses études, je lui conseillerais de se lancer dans une formation très technique comme ingénieur civil ou ingénieur industriel. S’il a déjà fini ses études, il pourrait s’orienter vers des bureaux de consultance car c’est une bonne première étape pour entrer dans le domaine des énergiesrenouvelables.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.